Contre le racisme et pour une prise en compte de la question raciale à l’Université

15 juillet 20

Juillet 2020

 

La période que nous traversons est marquée par d’importants mouvements sociaux contre le racisme et contre les violences policières. Dans la continuité du mouvement Black Lives Matter et suite au meurtre de George Floyd le 25 mai 2020 à Minneapolis, des manifestations ont eu lieu dans le monde entier. Plus spécifiquement en France, de nombreux collectifs réclament depuis longtemps vérité et justice pour les victimes de violences policières ; ce combat, emblématiquement porté, entre autres collectifs, par le comité « La vérité pour Adama », a connu un important soutien populaire lors des dernières semaines. Au-delà des violences policières, ces mouvements remettent en cause le racisme structurel, central dans nos sociétés et quotidien pour les personnes qui en sont victimes.

Dans ce contexte et en tant que laboratoire de sciences sociales, l’IRISSO affirme sa solidarité avec les victimes de racisme et tou·tes celles et ceux qui luttent contre le racisme, sous toutes ses formes. L’université, en tant que lieu de formation aux savoirs critiques, a un rôle à jouer dans ce combat. Le monde universitaire doit poursuivre l’analyse des dynamiques racistes à l’œuvre dans la société, mais également s’interroger sur la façon dont celles-ci sont reproduites au sein de ses propres structures et à travers ses propres pratiques.

En tant qu’universitaires, nous reconnaissons qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et que nous avons la responsabilité d’agir dès aujourd’hui. Au moment où le Conseil d’État vient de valider l’augmentation massive des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es extra-européen·nes1, il faut bien sûr continuer de combattre les effets discriminatoires de la bien mal nommée stratégie « Bienvenue en France ». Mais il faut aussi reconnaître plus largement les dommages que le racisme continue à causer dans le monde de l’enseignement supérieur. Il est de notre devoir de défendre toutes les personnes qui, souvent dans des conditions précaires, font vivre l’université. Nous affirmons notre soutien à l’ensemble du personnel administratif, de ménage, de restauration, de sécurité et aux étudiant·es, enseignant·es et/ou chercheur·euses, quelles que soient leurs origines, religions ou nationalités. Dans cette optique, nous encourageons celles et ceux qui se sentent capables de le faire à se manifester. Ces voix doivent être entendues et reconnues dans nos propres murs, et l’université doit en tenir compte dans ses actions.

Nous reconnaissons la nécessité d’assurer une représentation plus juste des étudiant·es et personnels racisé·es au sein de Dauphine ; d’engager une réflexion en profondeur sur les axes de recherche et les programmes d’études de notre université dans un objectif de décolonisation des savoirs ; de mettre en place une formation complémentaire et des ressources d’apprentissage antiracistes pour l’ensemble du personnel et des étudiant·es ; de soutenir les collectifs et actions œuvrant contre les discriminations à l’université.

Parce qu’il est de notre devoir de contribuer à des sociétés plus justes et plus équitables, nous sommes et restons uni·es contre toute forme de racisme et de discrimination.

1 www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/01/universites-le-conseil-d-etat-valide-des-frais-d-inscription-plus-eleves-pour-les-etudiants-etrangers_6044872_3224.html