Pôle - Education, formation, socialisation

Ce pôle a pour objectif l’analyse des processus de socialisation, d'éducation, de formation, des plus formels aux plus informels. Les membres du pôle s'intéressent tout autant aux normes scolaires qu'aux normes extrascolaires (normes parentales et familiales, expertise pédagogique ou psychologique, normes professionnelles), en étudiant aussi bien les prescripteurs de ces normes (politiques éducatives, enseignants, formateurs) que les manières dont les acteurs sociaux se les approprient (phénomènes de résistance, transformation, incorporation). Les membres du pôle proposent en outre d'explorer l'articulation entre ces différents modèles normatifs relatifs à l'éducation, à la formation et à la socialisation.

 

Normes scolaires et extrascolaires : il s’agit ici de ne pas réduire l’analyse de l’action pédagogique (conçue comme un moyen méthodique, caractérisé par la répétition, la continuité et la durée, d’inculcation de manières de penser et d’agir) à la seule pédagogie scolaire, même si elle en constitue la forme la plus institutionnalisée, mais d’élargir la focale à l’action didactique à laquelle se livrent des organisations (entreprises, groupes professionnels, médias, églises, associations, partis, syndicats…) entendant — parmi d’autres objectifs — transmettre aux individus certaines manières de penser et d’agir. L’idée, ici défendue, est que le pouvoir pédagogique (celui de conduire les individus à agir de telle ou telle façon) constitue, dans les sociétés démocratiques, un enjeu disputé entre des forces en concurrence, et que l’analyse des stratégies (plus ou moins élaborées, plus ou moins conscientes) auxquelles se livrent ces différentes « forces » pour se l’approprier est l’une des meilleures voies pour explorer les formes du contrôle social dans nos sociétés.

 

Prescripteurs de ces normes : il s’agit ici d’analyser plus particulièrement l’ensemble des individus et des groupes (contestataires, réformateurs, innovateurs) qui entendent remettre en question les prescripteurs de normes dominants, soit à l’intérieur des appareils éducatifs considérés (et notamment du système scolaire), soit à ses marges, soit à l’extérieur même de ces « appareils », en prêtant notamment à la manière dont ils contribuent à légitimer leur action, mobilisent des ressources et s’appuient notamment sur des  « passeurs », « traducteurs » ou intermédiaires capables d’importer de nouvelles manières de transmettre et d’apprendre.

 

Conditions d’appropriation / réception : il s’agit ici de montrer que le travail pédagogique —celui des « outsiders » ou des « établis » — ne saurait exercer tels quels les effets voulus par ses concepteurs-promoteurs sans rencontrer des résistances ou sans passer par des « filtres » conduisant à le retraduire dans des catégories faisant sens pour les groupes intermédiaires chargés d’en diffuser les recommandations ou pour les acteurs de terrain censés les mettre en œuvre. L’enjeu ici est de montrer que l’analyse de ce travail pédagogique ne peut être dissociée de l’analyse de ses conditions de réception, et que les acteurs de terrain sont, même dans le cadre de relations dissymétriques, co-constructeurs de la définition et de l’usage de ces normes.