Curriculum vitae

Kirat Thierry

Directeur de recherche CNRS
IRISSO

Thierry.KIRATping@dauphinepong.fr

Publications

Articles

Kirat T., Harnay S. (2015), Law and Economics in 20th-century Europe: History and Methodology. Introduction, History of Economic Ideas, 23, 3, p. 11-18

Kirat T., Harnay S. (2015), Economics and Law in Europe in the XXth Century. History and Methodology. Introduction, History of Economic Ideas, XXIII, 3

Kirat T., Erhel C. (2015), Les institutions du travail : quelles réévaluations ?, Travail et emploi, 142, p. 5-8

Évoquer les institutions du travail conduit à envisager un ensemble large de règles, d'acteurs et de politiques : outre les règles du droit du travail, encadrant les licenciements ou posant les bases du droit syndical et de la négociation collective, ce champ inclut également les politiques de l'emploi (indemnisation du chômage, formation, emplois aidés, aide à la recherche d'emploi des chômeurs, etc.).

Kirat T. (2015), François Gény and Edouard Lambert: Two Legal Scholars on the Path of the Relationships Between Economics and the Law, History of Economic Ideas, XXIII, 3

The paper explores the early 20th century conceptions of the relationships of economics and the law of two prominent French legal scholars: François Gény and Edouard Lambert. They have been innovating in legal science and were arguing that law should work closely with the social sciences, including sociology and economics. Gény and Lambert deconstructed the idea of an autonomous science of law. Their insights into law, society and the economy are quite similar to the key issues raised within the modern Institutional Law and Economics paradigm.

Kirat T. (2015), Concept économique et concepts juridiques de droits de propriété. Observations comparatives et transdisciplinaires en amont de l'analyse des droits fonciers, Options Méditerranéennes - Série B (Etudes et Recherches), 72, p. 19-28

L'article démontre que le concept économique de droit de propriété n'est pas une catégorie opératoire d'analyse des régimes juridiques fonciers réels. Le droit comparé fait apparaître deux doctrines de la propriété, in rem et en termes de « faisceau de droits », qui posent le problème de la nature individuelle ou sociale de la propriété. La théorie économique des droits de propriété n'est pas ajustée à la complexité des droits fonciers. Par contre, son concept de droit de propriété est un opérateur normatif de la réforme des régimes fonciers, porté par les institutions multilatérales, opérateur qui sous couvert d'une pseudo évidence empirique, promeut un modèle de privatisation comme condition de l'efficacité dans l'allocation et la gestion des ressources foncières et la sécurité des droits fonciers

The article argues that the economic concept of property right cannot provide an operative category of analysis of real-world land rights regimes. Comparative law and legal history converge in distinguishing two doctrines of property: in rem and the bundle of rights approach. The latter and the former raise the issue of the individual and absolute nature of property versus its social, relational and obligational nature. The economic theory does not match the real-world complexity. However, the property rights economic approach operates like a powerful normative framework in favor of individualization-thought registration of land rights

Kirat T., Marty F. (2015), The regulatory practice of the French financial regulator, 2006-2011. From substantive to procedural financial regulation?, Journal of Governance and Regulation, 2015, 4, p. 441-450

Fraud and misconduct in financial markets have recently become a key regulatory issue against the backdrop of the financial crisis. This paper investigates the sanctions policy and practices of the French financial regulator, Autorité des Marchés Financiers (AMF). It argues that, over time, the AMF has shifted from substantive to procedural regulation of finance. This shift consists in departing from sanctions based on observed outcomes in the market and, instead, assessing how the internal organizational schemes of financial firms actually perform. The AMF's new policy and practice involves a process of legalization of organizations; it also evidences a tendency to delegate regulation to financial firms themselves.

Bossuet L., Cadoret A., Caron A., Darly S., Jeanneaux P., Kirat T., Melot R., Pham H., Torre A. (2015), Méthodologie d'évaluation et d'analyse des conflits dans les espaces ruraux et périurbains, Courrier de l'environnement de l'INRA, 65, p. 37-47

Les données permettant d'analyser la conflictualité sont peu nombreuses, et souvent lacunaires, pour deux raisons principales : le faible intérêt marqué pour ce domaine jusqu'aux années 2000 et la forme complexe prise par les conflits (tribunaux, médiatisation, violence...), ce qui interdit l'usage d'une seule variable représentative. Le chercheur doit donc construire ses propres données. Notre programme d'étude sur les conflits des espaces naturels, ruraux et périurbains sur le territoire français associe plusieurs équipes françaises de l'INRA, de l'Irstea, du CIRAD, de différentes universités et écoles d'agronomie, et a abordé différentes problématiques liées à la conflictualité des espaces naturels, ruraux et périurbains sur le territoire français. La singularité de cette approche réside dans une méthode de repérage des conflits complexe et composite, alliant différentes sources et une méthodologie spécifique pour obtenir l'image la plus fidèle possible de la conflictualité au sein d'une zone ou d'une espace donnés. Pour repérer les conflits d'usage de l'espace, nous en avons donné une définition opérationnelle, dans le but de reconnaître et réunir les éléments et évènements conflictuels, les classer et tracer les profils conflictuels d'une zone donnée. Nos recherches sont menées dans les territoires ruraux et périurbains. Elles concernent les conflits et tensions autour des biens publics de consommation (l'air, les aménités du paysage et les fonctions de la nature), des ressources (l'eau ou l'énergie), des déchets et des pollutions, ainsi que de l'espace de localisation et de voisinage entre individus ou activités.Français

Bossuet L., Cadoret A., Caron A., Darly S., Jeanneaux P., Kirat T., Kolokouris O., Magsi H., Melot R., Pham H., Torre A. (2014), Identifying and measuring land-use and proximity conflicts: methods and identification, SpringerPlus, 2014, 3, p. 85

This text aims to present the methodology of study of land-use conflicts performed in recent years by a multidisciplinary team, and to reveal the methods of survey and data collection, as well as the structure of the resulting database. We first define the scope of our study by providing a definition of these conflicts, of their characteristics and motives, of the ways they manifest themselves and of the actors involved (I). We then present the methodology we have used to identify conflicts; it is based on a spatial analysis and the combined use of different data collection methods including surveys conducted by experts, analyses of the regional daily press and of data from the administrative litigation courts (II). Finally we present the resulting Conflicts © data base, with its tables and nomenclatures, in which the data collected in different fields are reconciled and analyzed (III), before providing a few examples of how this method can be used to analyze case studies in developed and developing countries (IV)

Kirat T., Pham H., Torre A. (2013), Les conflits d'infrastructures en Ile de France. Des révélateurs des imperfections de la décision publique dans les espaces ruraux et périurbains, Revue d'économie régionale et urbaine, 1, p. 203-229

La région Ile-de-France connaît une pression foncière importante due aux besoins d'espaces urbanisables et à la nécessité d'infrastructures à destination de la métropole parisienne. Or, les marges de manoeuvre pour la poursuite de l'artificialisation des sols et à la création d'aménagements urbains tendent à se réduire. L'article analyse les conflits d'infrastructures qui traversent la région et éclairer leur lien au processus de décision publique. L'étude empirique menée sur le contentieux montre que les conflits d'infrastructures sont essentiellement localisés dans les espaces périurbains, dans des communes dont la population est relativement aisée. Ils sont l'expression d'une prise de parole de groupes de riverains désireux de faire entendre leur opposition à des projets qui ne leur paraissent pas acceptables en l'état, mais également de la lutte entre intérêts liés à l'urbanisation et volonté de préservation de l'espace. Ces conflits mettent en évidence la complexité et les ambiguïtés du processus de décision publique.

The article offers an empirically-based analysis of conflicts over public utility infrastructures in the Paris region. It sheds some light on public decision-making process and on the role conflicts play in the process of land availability. Area tends to be lessened due to economic development and urban sprawling. The need of space for urbanization is undeniable, but the margin for operations is reducing because of growing scarcity of available land. Empirical evidence based on courts records show that conflicts on infrastructures occur mainly in peri-urban spaces, in relatively small and wealthy towns. Being proof of the local inhabitant's non satisfaction, the conflicts could be seen as an echo of the struggle between needs of urbanization and land preservation. The article also spots on the complexity and the ambiguity of the public decision-making process, by offering a critical lecture of its principles and its application in terms of infrastructure project.

Kirat T. (2013), The role of time and risk preferences in smoking inequalities: A population-based study, Criterio Libre, 11, 18, p. 25-54

La littérature récente soutient que les traditions juridiques des nations, telles que leur appartenance au monde du droit civil ou de common law, ne sont pas neutres en termes de performances économiques ou institutionnelles, en particulier en ce qui concerne les principales opportunités dans les pays en développement à sortir de la pauvreté. Nous présentons les résultats d'une exploitation exploratoire de la «base de données des profils institutionnels» fourni par la DGTPE (Ministère français de l'Economie et des Finances) et l'Agence française de développement (enquête 2009) et des données sur l'origine légale et d'autres variables de La Porta et al. Nous mettons en évidence les spécificités des pays en développement ayant hérité de la loi française (par rapport à celles du droit anglais). Une réflexion sur le pouvoir politique et l'Etat trouve un fort contraste entre le modèle idéal-typique de la loi française et les résultats empiriques. Ce contraste est conforme à l'état réel de la notion plutôt que dans les anciennes colonies françaises.

Recent literature argues that legal traditions of nations, i.e. their belonging to the world of common law or civil law, are not neutral in terms of economic or institutional performance, especially with regard to key opportunities in developing countries out of poverty. We present the results of an exploratory exploitation of the "institutional profiles database" provided by DGTPE (French Ministry of Economy and Finance) and French Development Agency (survey 2009) supplemented by data on legal origin and other variables from La Porta et al. We highlight specificities of developing countries having inherited the French law (relative to those of English law). A reflection on political power and the state finds a strong contrast between the ideal-typical model of French law and the empirical findings. This contrast is consistent with the notion rather than real state in the former French colonies.

Kirat T. (2013), Florence Jany-Catrice, "La performance totale : nouvel esprit du capitalisme ?", Travail et emploi, 3, 135, p. 81-82

Coutu M., Kirat T. (2012), John R. Commons, Max Weber et les ordres juridiques de l'économie : les prémisses d'une sociologie économique du droit, Revue française de socio-économie, 9, p. 209-225

L'article examine les contributions de John R. Commons et Max Weber et les rapproche de l'analyse des ordres juridiques de l'économie. Il soutient que la théorisation du droit chez les deux auteurs pose les fondations d'une sociologie économique du droit.

The article focuses on the contributions of John R. Commons and Max Weber to the understanding of legal foundations of the economy. We argue that Weber and Commons theorization of law provides a fruitful starting point for an economic sociology of law.

Lavaud-Letilleul V., Darly S., Cadoret A., Kirat T. (2012), Land use conflicts in coastal zone and further inland : appeal litigation geography in the French department of Hérault, Norois, 225, p. 11-28

Les littoraux sont des espaces fortement anthropisés, en mutation rapide, soumis à de nombreux enjeux et intérêts. Encadrés par une réglementation spécifique, ils sont un terrain propice à l'émergence d'une diversité de conflits qui se révèlent au total plus nombreux que dans l'arrière-pays. Certains d'entre eux sont portés par les acteurs devant les tribunaux. En s'appuyant sur l'étude de l'activité contentieuse de deuxième degré dans le département de l'Hérault, l'article propose de donner un éclairage sur la spécificité des conflits d'usage littoraux par rapport aux conflits qui se déroulent à l'intérieur des terres en tenant compte des dynamiques socio-économiques de ces espaces.

Coastal zones undergo rapid changes due to great human pressure. Ruled by specific land use regulations, they are the scene of a variety of conflicts which tend to be more numerous than those located in the further inland. Some of them are brought to court by actors. Among the literature dedicated to opposition process, little has been written on the interactions between the socioeconomic dynamics of further inlands and coastal zones. This study demonstrate the specificity of littoral conflicts compared to further inland conflicts, capitalizing the study of administrative and civil courts activity in the French administrative department of Hérault.

Kirat T., Pham H., Torre A. (2012), Les conflits d'usage dans les espaces ruraux et périurbains. Le cas des infrastructures franciliennes, Économie rurale, 332, p. 9-30

L'article analyse la décision publique et les conflits d'infrastructures en-Île-de France. L'étude du contentieux administratif montre que les conflits d'infrastructures sont avant tout localisés dans le périurbain aisé, qu'ils expriment une prise de parole de riverains organisés face à des projets qui ne leur paraissent pas acceptables en l'état et révèlent une tension entre urbanisation et préservation de l'espace. Ces conflits montrent la complexité et les ambiguïtés de la décision publique. L'article propose une lecture critique du processus décisionnel en amont de projets. Il se centre sur les imperfections dans la prise de décision publique, qui expliquent la survenance et la persistance de conflits.

The article offers an empirically-founded analysis of conflicts on public utility infrastructures in the region surrounding Paris It sheds some light on public decision-making process and on the role conflicts play in the process of land availability in the Paris region. Empirical evidence based on courts records show that conflicts on infrastructures occur mainly in peri-urban spaces, in relatively small wealthy towns. Being proof of the local inhabitant's non satisfaction, the conflicts could be seen as an echo of the struggle between need of urbanization and need of land preservation. The article also spots on the complexity and the ambiguity of the public decision-making process in France. It highlights the imperfections of the decision mechanism, which explain the presence of conflicts.

Coutu M., Kirat T. (2011), John R. Commons and Max Weber : The Foundations of an Economic Sociology of Law, Journal of Law & Society, 38, 4, p. 469-495

Kirat T. (2010), Performance-Based Budgeting and Management of Judicial Courts in France: an Assessment, International Journal for Court Administration, 2, 2, p. 12-20

The article is divided as follows: Section 1 is devoted to the budgetary aspects and performance indicators established for judicial justice within the LOLF framework. Section 2 discusses the conditions of the court management from the perspective of the appeal courts and first instance court levels. It will focus on the managerial responsibilities of chiefs of courts.

Torre A., Melot R., Bossuet L., Cadoret A., Caron A., Darly S., Jeanneaux P., Kirat T., Pham H. (2010), Comment évaluer et mesurer la conflictualité liée aux usages de l'espace ? Eléments de méthode et de repérage, VertigO, 10, 1

Cet article a pour objet de présenter le travail réalisé depuis quelques années par une équipe pluridisciplinaire sur la question des conflits d'usage de l'espace et de révéler la méthodologie d'enquête et de collecte de données, ainsi que la structure de la base de données qui en est issue. Dans un premier temps nous procédons à une définition du champ des investigations, en donnant une définition de ces conflits, de leurs caractéristiques, des mobiles et des manifestations de la conflictualité, ainsi que des acteurs impliqués. Nous exposons ensuite notre méthode de repérage des conflits, fondée sur un diagnostic de zone et la mise en commun de différentes méthodes de recueil de données dont les entretiens à dire d'experts, l'analyse de la Presse Quotidienne Régionale et le traitement des sources du contentieux juridique. Nous présentons enfin la base de données Conflits©, avec ses tables et nomenclatures, qui réconcilie et raisonne les données recueillies sur différents terrains, avant de fournir quelques exemples de l'utilisation de notre méthode sur le cas de la Région Ile de France.

This article aims to present the research conducted in recent years by a multidisciplinary team on the questions of land-use conflict, and to reveal the methodology of survey and data collection, as well as the structure of the resulting database. We first define the scope of our study by providing a definition of these conflicts, of their characteristics and motives, of the ways they manifest themselves and of the actors involved. We then present the methodology we have used to identify conflicts ; a methodology based on a spatial analysis and the combined use of different data collection methods including surveys conducted by experts, analyses of the regional daily press and of data from the administrative litigation courts. Finally we present the Conflicts data base©, with its tables and nomenclatures, in which the data collected in different fields is reconciled and analysed (III), before providing a few examples of how this method can be used to analyse the case of the Greater Paris Region.

Pham H., Kirat T. (2010), Conflicts in suburban land use and administrative litigation. The case of the Île-de-France region, Réflexions immobilières, 54, p. 7-12

En confrontant la localisation des conflits et leur origine sociale, l'analyse du contentieux administratif né de l'urbanisation des sols dans la région capitale permet d'en déterminer les causes majeures

The changes in the territorial geography of conflicts in the Île-de-France region over twenty-five years evidence an increase in administrative litigation in the outer Paris suburbs, particularly in the mid-1990s. The emergence of conflicts involving industrial, extractive and storage installations and transportation infrastructures in the outer Paris suburbs is a sign of the rapid development of residential use of peri-urban space formerly reserved for agricultural use. The urban planning conflicts in this same peri-urban area reveal tensions around the issues of residential incursions into space with a high percentage offorests and agricultural land.

Dalmasso R., Kirat T. (2009), Comparing, measuring, ranking: the perilous art of leximetrics applied to dismissal procedures, Travail et emploi, 4, 120, p. 33-46

L'article discute des indicateurs de protection de l'emploi, sous un angle assez peu présent dans les travaux existants : en recourant à la méthode des équivalents fonctionnels en droit comparé, l'analyse du droit du licenciement dans différents pays est menée en partant des situations et des procédures plutôt que des règles visant directement les conditions de la rupture du contrat de travail. La méthode permet de saisir certaines règles procédurales qui ne sont pas, dans les pays de Common law, imposées directement par une réglementation expresse. Nous soutiendrons que des mesures de la réglementation sous la forme d'indicateurs ne sont pas des outils de comparaison, mais de classement : l'ordinal et comparatif forment deux perspectives très différentes et irréductibles.

The article offers a discussion of employment protection indicators, based of an original framework scarcely used in the current literature: starting from the notion of functional equivalent provided by comparative lawyers, we analyze dismissal law in several countries through the lens of concrete situations and procedures rather than from those of legal formal provisions. The functional method allows to include in the empirical-legal analysis hugely important procedural schemes that characterize Common law in a distinctive manner as compared to civil law countries. We argue that leximetrics based on numerical index are certainly useful ranking devices; however they provide poor support to international comparisons.

Jeammaud A., Kirat T. (2009), Se garder de l'illusion nominaliste, rubrique "controverse" : Evaluer le Code du travail? Evaluer le droit du travail?, Revue de droit du travail, 7-8, p. 424-425

Kirat T., Serverin E., Valentin J., Sauze D., Dalmasso R. (2008), Évaluer le droit du licenciement. Comparaison des droits et des procédures, mesure des actions, Revue de l'OFCE, 107, p. 29-64

Le but de cet article est d'apporter une contribution originale à l'évaluation du droit du travail. Il repose sur un cadre théorique commun à des juristes et des économistes qui permet d'évaluer le droit du travail de manière dynamique, du point de vue de son application. Il considère le contentieux comme un instrument d'évaluation du droit, ce qui permet de réexaminer les procédures et les motifs de licenciement. La perspective contentieuse est un outil de la critique des indicateurs de protection de l'emploi qui ne capturent pas les effets de mise en oeuvre des droits ; la comparaison internationale des schémas procéduraux de licenciement est un autre aspect sur lequel les indicateurs n'offrent qu'une vue partielle. Enfin, une analyse empirique cherche à expliquer les causes de la baisse régulière du contentieux prud'homal en France. La dynamique de l'emploi dans les établissements de petite taille et la baisse de l'ancienneté des licenciés sont mises en évidence empiriquement. La thèse selon laquelle la rigueur des procédures de licenciement économique serait détournée par un recours plus fréquent à des licenciements pour motifs personnels n'est pas confirmée empiriquement.

The article aims at providing an original contribution to the economic assessment of labour law issue. It is based on a theoretical framework shared by economists and jurists which unable an assessment of employment protection legislation in a dynamic perspective focusing on implementation of law and enforcement issues. The article focuses on activation and use of legal rights instead on their sole nominal content. It considers litigation as a relevant basis for assessment of law which permits a reconsideration of both procedures and motives of individual and collective layoffs. The litigation viewpoint is also the basis of a critical assessment of employment protection indicators owing to the fact that they do not capture nor judicial enforcement of labour law nor courts rulings in dismissal cases. An empirical quantitative analysis is then conducted in order to try to explain why labour contract litigation in France decreases sharply since several years. The reasons can be found in two factors : first, a huge trend of job creation in small firms ; second, a decrease of the average length of service of fired workers. Finally, the report scrutinizes the argument that a strict regulation of dismissals for economic motives leads the employers to strategically use individual dismissal procedures. The "substitution effect" does not seem to be supported by empirical evidence in the French case.

Vidal L., Kirat T. (2008), Litigation on Public Contract Performance. A Comparative Study of the Treatment of Additional Costs and Contract Equilibrium by Administrative Judge in the United States and France, Public Contract Law Journal, 38, 1, p. 153-185

Comparative law applied to public contracts usually concentrates more on the tendering process than on performance issues. This Article focuses on the latter : it deals with cases in which performance of public contracts in the United States and France leads to litigation. The Article's objectives are threefold : first, to synthesize the findings of an empirical analysis of the sources and nature of performance issues that lead to litigation before administrative courts (namely, the General Services Board of Contract Appeals and the Cours administratives d'Appel and the Conseil d'État); second, to provide an analysis of the way in which American and French administrative judges tackle and decide contract cases ; and third, to broaden the perspective in order to provide a more comprehensive comparative analysis of the legal context in which regulation, case law, and the styles of administrative judges' reasoning affect the treatment of additional costs and contract equilibrium issues in both countries.

Pham H., Kirat T. (2008), Land-Use Conflicts and Administrative Law Litigation. The case of the Ile-de-France area, Revue d'économie régionale et urbaine, 5, p. 671-700

L'article porte sur une analyse des conflits d'usages d'espace, traduits par les requêtes devant la justice administrative française de 1981 à 2005. Le terrain d'étude est le périurbain francilien, territoire qui connaît une forte urbanisation et où la diversité des modes d'occupation du sol nécessite une meilleure compréhension de la dynamique spatiale et temporelle de la conflictualité. L'étude empirique montre une corrélation entre l'augmentation des conflits d'usage en Île-de-France et la dynamique de périurbanisation. Elle met en évidence un couplage entre certains types de conflits et certaines caractéristiques du territoire : les problèmes d'urbanisme font souvent l'objet conflictuel dominant dans les communes plutôt aisées, tandis que l'opposition aux infrastructures publiques se situe fréquemment dans les communes à forte urbanisation. Les nuisances des installations classées sont souvent localisées dans des communes plutôt peu aisées.

The article provides an analysis of land-use conflicts extract from the rulings of French Administrative Courts from 1981 to 2005. It focuses on Paris's suburb, where the urbanisation process and the diversity of land-use require a deeper comprehension of the problem. Our results show that the land-use conflict's evolution is correlated with the urbanisation process. They also detect a coupling phenomenon between conflict's type and territory's parameters : urbanism disputes often arise in wealthy municipalities, whereas oppositions to public infrastructure have particularly risen in strongly urbanising towns. Classified industrial facility's nuisances have been found in unfortunate municipalities.

Oudot J-M., Kirat T. (2008), Performance des marchés de Défense : le rôle combiné des institutions et des choix contractuels, Economie et institutions, 12-13, p. 93-111

The article offers an illustration of the respective role of institutions and contracts and their interactions in the coordination process of contracting parties, drawing upon an empirical analysis of defense procurement contracts in France. The articles seeks to provide an explanation of the performance of contracts and their efficiency through a careful study of the joint effects of institutions (defined as the set of multilateral, formal, and informal rules that mandatorily apply to the contracting parties) and contractual choices (defined as the bilateral choices that the parties agree upon in the contractual process).

Levratto N., Kirat T. (2008), Transportation systems damages, economic rationality and social justice. Are all the economics agents equal ?, Géographie, Economie, Société, 10, 3, p. 350-364

Les conflits nés de la création ou de l'extension d'infrastructures de transport soulèvent la question de l'égalité des citoyens face à ces ouvrages d'utilité publique. Ce texte pose la question des possibilités de prise en compte de l'équité par les deux grands volets de la décision publique, à savoir le calcul économique qui détermine l'opportunité et la forme de l'infrastructure et les procédures administratives françaises qui encadrent la conception et la réalisation des voies de communication. La première partie du texte met en évidence l'échec du calcul économique à intégrer des considérations d'équité tandis que la seconde montre que les dispositifs de droit administratif organisent des procédures qui ne sont pas de nature à corriger les limites de l'approche économique.

The land use conflicts occasioned by the creation or the extension of public transport networks or structures raise the question of the equality of the citizens vis-à-vis these works of public interest. In this paper, we try to understand if and how the two main fields of the public decision, namely economic calculation and administrative procedures, are able to take into account social justice to determine the opportunity, the appropriateness, the design, and the realisation of transportation systems. The text is organised in two parts. The first one highlights the failure of the costs-benefits approach to integrate any consideration of equity while the second shows that the French administrative law organizes the procedures in a way which is not likely to correct the limits of the economic approach.

Kirat T. (2007), Les indicateurs de protection de l'emploi : la mesure du droit du travail en question ?, Economie et institutions, 9, p. 84-127

L'évaluation des conséquences du droit du travail en général, de la protection de l'emploi en particulier, sur les performances du marché du travail repose souvent sur des indicateurs de protection de l'emploi, notamment celui de l'OCDE. L'article s'attache à l'étude de trois indicateurs : celui de Botero et al., celui de la Banque mondiale (programme Doing Business) et celui de l'OCDE. Il s'intéresse à ce que les indicateurs mesurent et, corrélativement, ce qu'ils ne mesurent pas. Le problème de la capture des conditions de la mise en oeuvre du droit de l'emploi est central.

The assessment of the impact of labour law in general, of employment law in particular, on the labour market performance is very frequently grounded on employment protection indicators. The most used is the OECD "employment protection legislation" synthetic index. The article focuses of three indicators, namely those set-up by some scholars (Botero and al.) and multilateral institutions (Doing Business Project of the World Bank and OECD). The articles scrutinize the issues of what indicators measure and, conversely, what they do not measure. The enforcement of employment law appears as a key issue.

Torre A., Kirat T. (2007), Some Landmarks to Assess the Analysis of Conflicts within Economic Theory, with a Particular Emphasis on the Spatial Issue, Géographie, Economie, Société, 9, 2, p. 215-240

A quelques exceptions près, la théorie économique ne s'est pas emparée de la question de la conflictualité. Une hypothèse peut être formulée quant aux motifs de cette omission qui caractérise structurellement l'analyse économique : à la différence d'autres concepts centraux comme la concurrence, l'allocation des ressources, l'équilibre, la rationalité, ou l'utilité, le contenu de la notion de conflit est a priori difficile à cerner et à problématiser, notamment au regard de notions voisines comme la dissension ou les divergences d'intérêts. Mais, surtout, l'idée de conflit a, du moins a priori, une connotation sociale : le conflit est un phénomène dont la prise en compte suppose un point de vue sociologique. L'article étudie dans un premier temps les raisons d'un dialogue manqué entre l'économie et la question des conflits. Dans un deuxième temps, l'analyse porte sur les conflits au sein des théories économiques de l'espace, qui ont abordé cette question avec prudence. La conclusion propose des perspectives de recherche.

Except a few exceptions, the economic theory did not seize the question of the conflictness. An hypothesis can be formulated as for the motives for this omission which characterizes structurally the economic analysis: unlike other central concepts as competition, resources allocation, equilibrium, rationality, or utility, the content of the notion of conflict is a priori difficult to encircle and to problematize, notably towards nearby notions as the dissension or the differences of interests. But, especially, the idea of conflict has, at least a priori, a social connotation: the conflict is a social phenomenon the consideration of which supposes a sociological point of view. The article studies at first the reasons of a missing dialogue between economic theory and the question of the conflicts. In the second part of the paper, we investigate the analysis of conflict behaviours within spatial economic theories. The conclusion puts in light some research perspectives.

Torre A., Kirat T. (2007), Editorial : Conflits d'usages et dynamiques spatiales. Les antagonismes dans l'occupation des espaces périurbains et ruraux (II), Géographie, Economie, Société, 9, 2, p. 119-120

Ce numéro de Géographie Economie et Société poursuit le dossier consacré à la question des conflits d'usage dans les espaces ruraux et périurbains, dont la livraison avait été entamée avec la sortie du numéro 3 (juillet-septembre 2006). Egalement consacré à la présentation de différents travaux portant sur les relations conflictuelles et leurs modalités d'expression, avec un regard particulier sur la dimension spatiale, il comprend cinq articles, qui présentent des facettes convergentes des analyses francophones contemporaines de la conflictualité et insistent sur les dimensions pluridisciplinaires de l'étude des conflits. L'article de Lucie Dupré met l'accent sur la nature anthropologique des conflits d'environnement, étudiée sous l'angle de deux formes de politiques d'environnement : d'une part, un dispositif « sanctuariste » de protection d'une réserve biologique végétale et, d'autre part, un dispositif de concertation dans la mise en oeuvre d'un site Natura 2000. La démarche ethnographique de Lucie Dupré lui permet de soutenir que les conflits d'environnement amènent les collectifs à se redéployer, avec des différences, dans les espaces ruraux, tout en y assurant leur pérénité dans l'espace et dans le temps. L'article de Luc Bossuet repose sur une étude sociologique de cinq communes rurales où se déroulent des conflits d'usage et de voisinage. Il soutient que les situations conflictuelles observées en milieu rural sont certes révélatrices de l'antagonisme des intérêts des groupes sociaux en présence, mais qu'elles témoignent dans le même temps d'une recherche de nouveaux équilibres sociaux, économiques et politiques. Une démarche assez proche est suivie par Eleni-Christina Sotiropoulou, dans son étude des conflits d'appropriation des espaces villageois en Grèce, qui mettent en scène deux groupes sociaux d'importance : les villageois et les « originaires », essentiellement citadins, qui gardent un lien fort avec les communautés villageoises d'origine. Elle révèle que les espaces villageois deviennent un objet d'appropriation, un enjeu social, qui se définit à travers les rapports qu'entretiennent différents groupes sociaux et interviennent, ce faisant, dans la construction de l'espace rural. L'article de Myriam Simard est, lui aussi, consacré à la recomposition sociodémographique des espaces ruraux dans le cas d'une région du Québec, mis en regard croisé avec la France et le Royaume-Uni. L'implantation de nouvelles populations rurales est un phénomène plus récent qu'en Europe, marqué par la simultanéité de conflits, de tensions et d'alliances et de solidarités qui font germer de nouveaux espaces communs. Enfin, l'article de Thierry Kirat et André Torre se déplace sur un autre territoire : celui du statut des conflits dans la théorie économique. L'économie et les conflits est, dans l'ensemble, l'histoire d'un dialogue manqué. Les auteurs explorent plus précisément l'analyse des conflits au sein des théories économiques de l'espace, des théories dont l'intérêt marqué pour cette question résulte de la conjonction des préoccupations en matière de politiques publiques locales et d'environnement. Ils concluent en argumentant en faveur de perspectives pluridisciplinaires sur les conflits d'usage et de voisinage.

Melot R., Kirat T. (2006), Du réalisme dans l'analyse économique des conflits d'usage : les enseignements de l'étude du contentieux dans trois départements français (Isère, Loire-Atlantique, Seine-Maritime), Développement durable et territoires

Les conflits d'usage renvoient à la confrontation de préférences, individuelles ou collectives, sur l'allocation des espaces et des actifs naturels localisés, non mobiles, à des usages alternatifs voire à des non usages. Ils révèlent des externalités négatives induites par les changements dans l'allocation des espaces à différentes fonctions (agricole, industrielle, de transport, résidentielle, récréative, etc.) ; leur proximité géographique ou symbolique au sein d'un territoire renforce la montée des antagonismes. Les cas des conflits d'environnement, qui marquent l'entrée en scène des associations de protection de l'environnement dans la gestion des usages des territoires, et des conflits entre agriculteurs et « néo-ruraux » dans le cadre de l'extension des localisations résidentielles périurbaines, sont deux exemples significatifs de l'essor d'externalités négatives liées à la proximité. L'article s'intéresse à ce que la théorie économique laisse dans un « angle mort » : la dimension juridique des conflits d'usage. Il analyse les conflits d'usage exprimés dans le langage du droit devant les tribunaux judiciaires et, surtout, administratifs, dans trois départements français : l'Isère, la Loire-Atlantique et la Seine-Maritime. La démarche suivie vise au réalisme dans la compréhension des conflits d'usage tels qu'ils sont exprimés et tranchés dans la pratique juridictionnelle et privilégie, à ce titre, une approche empirique, inductive et institutionnelle. L'ambition de l'article est de caractériser la conflictualité dans ces trois départements et à en dégager des enseignements en termes de gestion juridictionnelle des conflits en cherchant à déterminer si les conflits liés à la proximité font l'objet d'une approche "territorialisée" par les tribunaux.

On Realism in the Land-Use and Environmental Conflicts: Lessons from an Analysis of Courts Rulings in Three French Territories (Isère, Loire Atlantique, Seine Maritime). Land-use and environmental conflicts reveal the existence of antagonism between individual or collective preferences on space and natural resources allocation to alternative uses. Such conflicts are grounded on various negative external effects which are provoked by the combination of different uses (agricultural, industrial, residential, touristic, etc.) in a proximity pattern. Environmental conflicts in particular are a significant example of the growing conflictuality between ecologist associations, farmers, and neo-rural people in periurban settings. The article focuses on an issue to which economic theory tends to pay little attention, namely the legal dimension of land-use and environmental conflicts. The paper scrutinizes the conflicts which are translated into the legal language before civil and administrative courts. The empirical analysis centres on three French departments. The empirical, inductive, and institutional methodology followed aims at a realistic understanding of conflicts such as the courts resolve them. The article ambition is to provide a characterization of the nature of conflictuality within the three territories investigated. It also aimed at determining if the proximity linked conflicts are decided by courts in a territorialized perspective.

Torre A., Kirat T. (2006), Éditorial. Conflits d'usages et dynamiques spatiales : les antagonismes dans l'occupation des espaces périurbains et ruraux, Géographie, Economie, Société, 8, 3, p. 293-298

Marty F., Kirat T. (2006), La mise en oeuvre de la réglementation : une lecture économico-juridique du secteur électrique et des marchés publics, Economie et Prévision, 175-176, p. 101-116

Nous nous proposons d'appliquer une grille de lecture institutionnelle, sensible aux dimensions économiques du droit, aux dispositifs juridiques relatifs au secteur électrique et aux marchés publics, en particulier de la défense. Ces domaines ont en commun d'être fortement réglementés, de mettre en jeu la présence de l'Etat dans l'activité économique et, à ce titre, d'être liés à la conduite de l'action publique. Deux dimensions seront privilégiées : d'une part, celle de l'architecture institutionnelle des systèmes de réglementation et des conditions dans lesquelles ils opèrent ; d'autre part, celle de la mise en oeuvre des règles, dont nous verrons qu'elle constitue un processus plus complexe qu'une simple application de règles prescrivant des comportements. Une première section sera consacrée aux logiques d'action des institutions de réglementation. La seconde abordera la question de la mise en oeuvre des règles, et insistera sur l'importance des recours aux tribunaux et des interdépendances entre règles. La conclusion reviendra sur les questions méthodologiques que l'utilisation de matériaux juridiques en économie permet de poser.

Kirat T. (2005), Proximité et institutions : nouveaux éclairages, Economie et institutions, 6-7, p. 9-15

Kirat T., Marty F., Vidal L. (2005), The risk in French government contract regulation: the necessity to acknowledge the economic dimension of the contract, Revue internationale de droit économique, XIX, 3, p. 291-318

La question de la répartition des risques liés à l'exécution du contrat administratif milite dans le sens du décloisonnement entre le droit et l'économie. Pour cela, il faut que soit surmonté l'obstacle de la difficile communication entre la théorie économique du risque et la sphère juridique; cette dernière relève d'approches normatives ainsi que de pratiques administratives et jurisprudentielles indépendantes de l'analyse économique. Il est donc vain de penser que les règles juridiques incorporent une théorie économique de l'allocation des risques. Cela n'empêche pas le droit positif du contrat administratif d'avoir mis en place une grille de répartition des risques. Nous étudions cette grille en mettant en relation des éléments tirés des cahiers des clauses administratives, de la jurisprudence administrative portant sur le contentieux du contrat (imprévision et sujétions imprévues) et des avis des commissions spécialisées des marchés. Nous considérons que, à la différence de ce que prédit le discours économique pur, il n'y a pas de solutions optimales à la répartition des risques d'exécution. Nous suggérons des pistes de réflexion sur la manière dont le contrat administratif pourrait, au travers des normes et des pratiques administratives et jurisprudentielles qui le gouvernent, assurer une allocation aussi peu imparfaite que possible des risques d'exécution.

Risks allocation in Government contract performance is a key issue for both economic analysis and legal doctrine. However one factor which restrains the dialogue between law and economics (in France at least) is that, while economics develops normative and pure theories of optimal risk allocation patterns, legal scholars focus on pure doctrinal analysis of administrative courts rulings. The paper tries to tackle that issue through an empirical analysis of French administrative contract law. It starts with the idea that it would be an error to consider that legal rules incorporate an economic theory of risk allocation. However that does not prevent positive contract administrative law to frame a pattern of risk allocation in the course on contract performance. To discover how this framework operates, one must take into account the diversity of rules, legal provisions and case-law rulings that apply to such contracts. The article therefore focuses on the following issues : standard contractual conditions (« cahiers des clauses administratives »), administrative courts rulings in contract litigation (« imprévision » and « sujétions imprévues »), and opinions of the « commissions spécialisées des marchés ». We argue that, contrary to the economic analysis view, that no single optimal pattern of risk allocation can in practice be set up. What the public authorities and administrative courts have to manage is to frame a pattern of risk allocation the less imperfect as possible, owing to the necessity to design some kind of compromise between several constraints : the firms should not have incentives to practice exaggerate risk premiums in setting the price ; the accounting officer should not allow cost overruns to be systematically allowed; the government should not compromise the delivery of work by the contractor; the funding of contracts by the Sate should be certain, and so on. However, the highest administrative courts (Cours administratives d'appel and Conseil d'État) rulings do not provide clear and explicit pattern of risk allocation: the decisions are taken on a case by case basis. An empirical analysis shows the absence of correlation between the facts that provoke contract litigation and the rulings of the administrative courts. It also reveals that the standard of « bouleversement de l'économie du contrat» is applied to the litigious contracts without considering the characteristics of the firms (size, financial capacity, etc.). We argue that improvements in the way public authorities deal with the risks issue are possible. The government should use contracts with incentive provisions and results commitments by the contractor ; it also should reform the regulation of price adaptation to the economic conditions changes in using output indexes rather than input indexes.

Jeanneaux P., Kirat T. (2005), Proximité, droit et conflits d'usage. Que nous apprend le contentieux judiciaire et administratif sur les dynamiques territoriales ?, Economie et institutions, 6-7, p. 221-247

Territorial development can be considered as a multidimensional process in which individual and collective preferences for land-use and allocation of local resources are confronting. The paper scrutinizes what can be learned from litigation before civil and administrative courts in the field of development related land-use conflicts. Section 1 provides a theoretical framework appropriate to the study of interrelationships between law, land-use conflicts, and economic development. Section 2 argues that the study of litigation before courts provides useful insights into the nature of land-use conflicts in several French administrative territories. Section 3 draws some theoretical conclusions from empirical evidence.

Bazzoli L., Kirat T. (2003), A propos du réalisme en économie des institutions et ses implications sur l'analyse des fondements juridiques des transactions économiques : Commons versus Williamson, Economie appliquée, 56, 3, p. 171-209

Ce papier oppose deux types d'économie des institutions : l'économie des coûts de transaction d'O.E. Williamson, que nous considérons représentative d'une approche formelle, et ce que nous appellons l'institutionnalisme réaliste, que nous associons à l'économie institutionnelle de J.R. Commons. La première partie du papier fonde cette distinction en examinant la question de la méthode à la lumière du débat sur le réalisme en économie. Nous montrons que le programme de recherche de ces auteurs repose sur deux modes profondément opposés de production de connaissance à propos des phénomènes institutionnels - le déductivisme et le pragmatisme -, et nous soulignons les limites inhérentes du premier. Sur cette base, la seconde partie du papier se centre sur une conséquence particulière de cette discussion épistémologique : le statut du droit dans l'étude institutionnelle des transactions économiques. Nous montrons que la TCE conduit à exclure a priori les dispositifs juridiques et les supports du droit des contrats dans son analyse de la régulation privée des structures de gouvernance, tandis que l'IR implique une intégration systématique du rôle du droit positif dans le processus économico-juridique de transaction. Ces deux types d'analyse s'opposent quant à la notion même de contrat et à la considération de ses fondements juridiques. Cette différence a des implications importantes sur la méthodologie et les résultats empiriques qui peuvent résulter de ces deux sortes d'économie des institutions.

This paper opposes two kind of institutional analysis : the Transaction Cost Economics (TCE) of O.E. Williamson, which we consider representative of a formalist approach, and what we call here "Institutional Realism" (IR) that we associate with J.R. Commons' Institutional Economics. The first part of the paper grounds this distinction by examining the issue of method in the light of the debate about realism in economics. We show that the research program of these authors refers to two basically opposite modes of knowledge production about institutional phenomena: deductivism and pragmatism, and we stress the inherent limits of the former. Then, in a second part, the paper focuses on a specific consequence of this epistemological discussion: the status of law in an institutional inquiry into the economic transactions. We argue that TCE leads to excluding a priori legal materials and provisions of contract law in its analysis of private ordering issues, while IR leads to a systematic integration of the role of law in the legal-economic process of transacting. These two kind of analysis differ on their conception of contracts and on their consideration of the legal foundations of contracts. This has important implications for the empirical methodology and outcomes of the two kind of institutional analysis.

Kirat T. (2003), L'allocation des risques dans les contrats : de l'économie des contrats « incomplets » à la pratique des contrats administratifs, Revue internationale de droit économique, 27, 1, p. 11-46

L'allocation des risques inhérents à l'exécution d'obligations dans des accords dont la temporalité est longue est une question importante, notamment pour l'économie. Or, à cet égard, il est significatif de constater que les entrées consacrées au droit administratif dans l'Encyclopedia of Law and Economics ne font pas mention des contrats administratifs, et que les entrées relatives au droit des contrats ne renvoient jamais au droit administratif. On ne peut que signaler, à ce propos, l'originalité de l'ouvrage de microéconomie des marchés publics et de la réglementation de J.-J Laffont et J. Tirole (1993). Quelles conclusions tirer de ce constat ? De notre point de vue, deux hypothèses peuvent être avancées : soit les économistes se désintéressent des contrats administratifs, soit ils les intègrent implicitement dans le même moule que les contrats de droit privé. Nous estimons que la deuxième hypothèse est la plus plausible, et nous souhaitons l'explorer ici en réfléchissant sur le fait de savoir si le droit positif des contrats privés et administratifs rend possible l'application de mêmes catégories d'analyse en matière d'allocation des risques. Cette question appellera naturellement une réflexion sur la signification et la portée empirique de la notion économique d'incomplétude des contrats.

Risk allocation in contracts : from the economics of incomplete contracts to the effective practices in administrative contracts Risk allocation in contracts is an important issue for both economics and law. It questions the theoretical, methodological, and empirical foundations of economic and legal analysis. It also offers a valuable ground for comparative legal-economic inquiry. The article aims at providing some insights into that general approach, and proceeds with an articulation of theoretical and empirical analysis. The paper first offers a critical analysis of some key economics based hypothesis on law, contract law and legal institutions, notably the courts. It concentrates on various components of the New Institutional Economics stream that have something to do with the notion of contractual incompleteness. The emphasis is put on two central issues : the contract~institutions relationship, and the scope of incompleteness as a guide for empirical research into the economic dimensions of contract law. The second part of the article compares and evaluates the significance of the economic concept of incompleteness and the French legal notion of imprévision, which relates to a notion that the administrative courts have set up to decide cases in which the occurrence of unforeseen events affects the contractual equilibria as set up ex ante. The analysis then moves toward the research of a legal and empirical translation of uncertainty of the future. The article argues that positive legal provisions in contract law enable co-contractors to set up a framework in which the consequences of unforeseen events can be addressed. Legal provisions such as those which relate to conditional duties, aleatory contracts, force majeure, fortuitous events, price revision, hardship, are examples of tools that allow a significant amount of previsibility in contractual relations, particularilly longterm contracts. We then offer an empirical analysis of a specific legal notion : imprévision. The analysis is based on legal data, namely the French Conseil d'État decisions that deal with a request for compensation by the State of the economic consequences of the occurrence of unforeseen events for the suppliers. A descriptive statistical analysis is associated to a study of the legal instructions given by the State to its contracting officers ; a comparison of price determination provisions under American procurement and French law of marchés publics is then made.

Kirat T. (1998), Economie et droit. De l'analyse économique du droit à de nouvelles alliances ?, Revue Economique, 49, 4, p. 1057-1087

Les relations entre l'économie et le droit peuvent être analysées sur plusieurs registres, que l'article situe à trois niveaux. Le premier est celui qui est privilégié par le courant de l'analyse économique du droit développé par l'école de Chicago, qui étudie les règles juridiques sous l'angle de certains critères d'efficience. Le deuxième niveau est investi par le droit économique entendu au sens large, et permet de poser en termes synthétiques les interactions entre les normativités juridiques et économiques. Ces interactions sont manifestes dans le domaine du droit de la concurrence. Enfin, le troisième niveau est celui de la place des règles juridiques dans l'économie des organisations, dont l'auteur tente de montrer qu'il est riche en perspectives pour les relations entre l'économie et le droit.

In the article, relationships between Law and Economics are classified into three categories. The first is the Economics Approach to Law stream which is particularly implemented by the Chicago School. The legal rules are considered as a object for microeconomic analysis which emphazises their efficiency properties. The second category includes analysis showing various interactions between legal and economic normativies. notably in the field of antitrust policies. The last category is the most recent and original among the three. It relates to the integration of legal rules into the field of organizational analysis. The author intends to show that the shift of the level of analysis of the legal rules, from the market place to the internal organization, opens new perspectives for the dialogue between Law and Economics.

Ouvrages

Kirat T. (2012), Économie du droit, Paris, La Découverte, 125 p.

L'économie du droit permet d'éclairer la logique de la règle (le droit) par la logique du calcul (l'économie). L'économie du droit - développée sous l'appellation Law and Economics par les Anglo-Saxons - applique les méthodes et les cadres conceptuels de la science économique à l'étude du droit et des effets des règles juridiques. Elle s'intéresse, par exemple, à des domaines tels que la responsabilité civile, les contrats, les décisions judiciaires, les modes de règlement des différends. Approche originale de la régulation juridique, elle s'interroge sur l'efficience économique du droit. Il ne s'agit pas seulement de problèmes théoriques puisque sont en cause des questions pratiques aux enjeux considérables : la responsabilité civile et délictuelle, pour faute ou sans faute, l'articulation du droit de la responsabilité et des mécanismes assurantiels, l'indemnisation des victimes de dommages, mais aussi la capacité du droit à soutenir la croissance.

Kirat T. (2012), Économie du droit, Paris, la Découverte, 125 p.

L'économie du droit permet d'éclairer la logique de la règle (le droit) par la logique du calcul (l'économie). L'économie du droit - développée sous l'appellation Law and Economics par les Anglo-Saxons - applique les méthodes et les cadres conceptuels de la science économique à l'étude du droit et des effets des règles juridiques. Elle s'intéresse, par exemple, à des domaines tels que la responsabilité civile, les contrats, les décisions judiciaires, les modes de règlement des différends. Approche originale de la régulation juridique, elle s'interroge sur l'efficience économique du droit. Il ne s'agit pas seulement de problèmes théoriques puisque sont en cause des questions pratiques aux enjeux considérables : la responsabilité civile et délictuelle, pour faute ou sans faute, l'articulation du droit de la responsabilité et des mécanismes assurantiels, l'indemnisation des victimes de dommages, mais aussi la capacité du droit à soutenir la croissance.

Biondi Y., Canziani A., Kirat T. (2007), The firm as an entity? : implications for economics, accounting and the law, Londres, 387 p.

The book enhances current economic understanding of the firm as an institution and an organization, looking beyond the narrow boundaries of neoclassical economics to an interdisciplinary approach based on accounting and law as well as economics itself. It represents the first synthesis of the authors' research work on the subject and provides the groundwork for the development of a comprehensive framework centred on the firm as an entity.The volume starts with a synthesis and a critique of the current state of the different economic theories of the firm and further develops them through new insights and neglected lessons from different traditions of thought.The economic theory and analysis of the firm is given new life here by looking at the firm as a whole: as an institution and an organization, which has special functions and a distinct role in the economy and society.

Marty F., Kirat T. (2007), Économie du droit et de la réglementation, Paris, Gualino, 183 p.

Présentation des principales approches et débats théoriques en économie du droit, le droit des contrats, le droit de la responsabilité civile, la justice et la jurisprudence, le droit et les politiques de la concurrence, l'économie de la régulation, les systèmes juridiques et les performances économiques.

Bayon D., Kirat T. (2006), Les marchés publics de la défense : Droit du contrat public, pratique administrative et enjeux économiques, Bruxelles, Bruylant, 130 p.

Direction d'ouvrages

Morel-Maroger J., Kirat T., Boiteau C. (2015), Droit et crise financière : régulation et règlement des conflits en matière bancaire et financière, Bruxelles, Bruylant

Deffains B., Kirat T. (2001), Law and economics in civil law countries, Amsterdam, JAI, 248 p.

The aim of the book is to highlight the law and economics issues confronting civil law countries. The following questions are addressed in this volume: to what extent have the existing codes in civil law countries been designed to incorporate economic considerations? Can the modifications made to codified rules over time be explained by a will to react to new economic constraints? Which economic problems are at the root of the revision of codes? And, given that the code is not the only source of law in civil law countries, the volume also explores the relationship between law and economics in the context of both the legislature and the courts.

Chapitres d'ouvrage

Kirat T. (2015), La composition administrative devant l'Autorité des marchés financiers : complément ou substitut de la sanction ?, in Juliette Morel-Maroger T. (dir.), Droit et crise financière. Régulation et règlement des conflits en matière bancaire et financière, Bruxelles, Bruylant, p. 159-164

Kirat T., BOUTHINON-DUMAS H., MARTY F. (2015), Crise financière et pratique décisionnelle de la Commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers, in Juliette Morel-Maroger T. (dir.), Droit et crise financière. Régulation et règlement des conflits en matière bancaire et financière, Bruxelles, Bruylant, p. 187-204

Cette étude analyse les relations éventuelles entre la conjoncture économique et financière marquée par la crise et la tendance de la Commission des sanctions de l'AMF à se montrer plutôt sévère ou plutôt clémente.

Kirat T., Pham H., Torre A. (2012), L'intégration de la dimension conflictuelle dans le processus d'aménagement des espaces urbains. Une étude appliquée au cas de l'Ile de France, in Bourdeau-Lepage L. (dir.), Regards sur la Ville, Paris, Economica, p. 221

Le processus de décision publique présente des limites reconnues, qui concernent aussi bien la méthode de calcul économique que la détermination d'une forme d'acceptabilité sociale par les populations locales (Guesnerie, 2006, Walliser, 1990). En particulier, de nombreux travaux d'économie publique ont montré qu'il est impossible de conduire un choix collectif si l'on veut strictement respecter la préférence individuelle et y intégrer des valeurs non marchandes. C'est tout l'objet du théorème d'Arrow et des développements importants qui y ont fait suite (Arrow, 1951; Acemoglu, 2003), jusqu'au théorème d'impossibilité sociale et sa tentative de sauvetage par Sen(2003). Pourtant, face aux nécessités de développement et d'accroissement de bien-être des populations, il est généralement jugé utile de mettre en oeuvre de nouveaux projets d'infrastructures publiques et d'aménagement du territoire.

Kirat T. (2011), L'encadrement juridique de l'économie : l'institutionnalisme réaliste s'est-il dissous dans la sociologie économique ?, in Bessy C., Delpeuch T., Pélisse J. (dir.), Droit et régulations des activités économiques : perspectives sociologiques et institutionnalistes, Paris, LGDJ, p. 53-68

Kirat T. (2010), Au croisement de l'économie de la réglementation et du droit comparé : l'efficacité de la réglementation des marchés publics en France et aux États-Unis, in Noguellou R., Stelkens U. (dir.), Droit comparé des Contrats Publics / Comparative Law on Public Contracts, Bruxelles, Bruylant, p. 231-262

Kirat T. (2009), La décision judiciaire, entre formalisme et pragmatisme. Variations sur le juge et les considérations économiques, in Gomel B., Méda D., Serverin E. (dir.), L'emploi en ruptures, Paris, Dalloz, p. 139-154

Kirat T. (2009), Système judiciaire et sécurité juridique : les paradoxes de la doxa académique et multilatérale, in Serfati C. (dir.), Une économie politique de la sécurité, Paris, Karthala, p. 87-100

Kirat T. (2007), La qualité des décisions de justice au prisme de la science économique, in Mbongo P. (dir.), La qualité des décisions de justice, Strasbourg, Éditions du Conseil de l'Europe, p. 77-88

Uri D., Marty F., Kelesidis D., Delion A., Vidal L., Kirat T. (2007), De l'analyse juridique à l'évaluation économique comparée du droit des contrats publics, in Du Marais B. (dir.), Agences de notation, immobilier et, contrats publics. Contributions sur l'attractivité économique du droit., Paris, La documentation française, p. 165-252

L'article présente les résultats d'une évaluation économique comparée du droit des contrats publics et de l'équilibre financier entre cocontractants . L'étude porte sur cinq pays : quatre pays membres de l'Union européenne (l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni) et les Etats-Unis. A la différence d'autres domaines qui ressortissent de l'activité économique du secteur privé (création d'entreprise, procédures collectives, embauche et licenciement de salariés, exécution des obligations), le droit du contrat public n'a jamais fait l'objet d'études utilisant la méthode des indicateurs. Les comparaisons internationales disponibles dans la littérature académique ou professionnelle sont nombreuses, mais elles sont essentiellement centrées sur l'analyse comparée des procédures de passation des contrats publics, en les étudiant en termes juridiques, alors que la présente étude est centrée, via le problème de l'équilibre financier, sur les règles à la fois de passation et d'exécution du contrat public, et en les étudiant en termes d'efficacité économique. L'équilibre du contrat renvoie essentiellement à la manière dont le texte même du contrat, lors de la passation, traite de ses risques, puis à la façon dont la réglementation, la jurisprudence, et aussi la pratique administrative, traitent des aléas non prévus, qu'ils soient endogènes au contrat ou exogènes, pouvant affecter l'exécution des prestations. L'étude porte plus particulièrement sur les marchés de travaux. La première partie expose différentes possibilités d'évaluation économique appliquées aux contrats publics. Elle met en évidence la pluralité des outils et critères d'évaluation aux niveaux macro puis microéconomiques. Puis elle examine une éventuelle adoption de la méthode des indicateurs dans le domaine de la réglementation des achats publics. Elle se heurte toutefois aux difficultés générales de cette méthode, qui ont été soulignées à propos des rapports « Doing Business » (risques d'arbitraire dans le choix des indicateurs et de subjectivité dans les notations notamment). En outre elle se heurte en l'espèce aux difficultés de mise en équivalence des systèmes réglementaires dans une démarche de classements internationaux, du fait de leur diversité et même de leur hétérogénéité. Une perspective de droit comparé, sensible à la question des équivalents fonctionnels et tenant compte de la réalité des pratiques, s'impose de toute façon comme un préalable à la compréhension et à la comparaison du fonctionnement des dispositifs réglementaires et juridictionnels nationaux. La deuxième partie vise le fonctionnement des dispositifs réglementaires dans la pratique, en partant- de l'idée que c'est moins c'est moins l'énoncé des normes qui importe que leur mise en oeuvre, à la fois par les acteurs du contrat public, par les pouvoirs publics, par les tribunaux, voire par les organisations professionnelles. L'article rend d'abord compte des résultats d'une enquête menée auprès d'experts, avec l'appui précieux des institutions suprêmes de contrôle des pays concernés, sur les performances en pratique des différents aspects de la réglementation des marchés publics. Ensuite est présentée une étude du contentieux comparé du contrat public en France et aux Etats-Unis, ainsi que celle des dispositifs qui, sans forcément en porter le nom ni être expressément destinés à cette fin, concourent en pratique à l'équilibre du contrat.

Kirat T. (2007), Representations of Justice in Economic Comparisons of Legal Systems, in O'Connor K., Masson A. (eds), Representations of justice, New York, P.I.E.-Peter Lang, p. 307-324

Kirat T. (2005), Les conflits liés au voisinage : l'effet des relations juridiques sur la construction institutionnelle de l'espace, in Filippi M., Torre A. (dir.), Proximités et changements socio-économiques dans les mondes ruraux, Paris, Institut national de la recherche agronomique, p. 243-256

Kirat T. (2003), L'ordre concurrentiel au sein de la science juridique : l'analyse économique du droit,, L'ordre concurrentiel. Mélanges en l'honneur d'Antoine Pirovano, Paris, Editions Frison-Roche, p. 339-349

Le concept d'ordre concurrentiel n'est pas présent dans le langage de l'analyse économique du droit (AED). Aussi je ne traiterai pas ici de la régulation du marché et de la concurrence, mais de la concurrence et de l'ordre concurrentiel comme idéologie de l'AED, et comme projet ultime d'action sur le monde par le levier de théories normatives (qui disent ce que le droit devrait être, ou la manière dont les juges devraient raisonner pour rendre une décision). Finalement, la question que je vais tenter de traiter est de savoir si l'AED pousse à l'envahissement de la rationalité juridique (voire sa dénégation) par la rationalité (micro)économique ? Mon point de vue est que ça a été le cas avec l'AED de l'école de Chicago, mais que ce n'était pas le cas avant elle (avec ce qu'on a qualifié de First Law and Economics Movement) et ça peut ne plus être le cas après elle.

Communications

Kirat T., Rezaee A. (2015), Do financial markets react to regulatory sanctions? Evidence from France, SASE 27th Annual Conference : Inequality in the 21st Century, Londres, United Kingdom

The paper offers an empirical analysis of the effects of sanctions decided by the Financial Markets Authority (AMF) on the reputation of firms in France. Using an event study, we intend to show the impact of three events on the stock prices : opening of an investigation by the AMF ; issuance of a monetary sanction ; publication of the information about sanction a newspaper. The reputational impact issue raises the broader issue of understanding of financial regulation enforcement operates in concreto. We find a strong negative impact of the announcement of sanction in press on the firms' stock prices. We observe a reputational loss of the deferred firm following the disclosure of sanction in press. We observe also a weak decrease in stock prices when the firm has been notified of the opening of investigation on its misconducts, however we find no evidence on the impact of announcement of sanction directly to the firm on the stock prices. We carry out an OLS cross-section regression to assess the impact of the amount of sanction on the reputational loss of firm. The amount of monetary sanctions are too low, compared the market size of deferred companies, to influence stock prices and contribute in reputational loss.

Kirat T. (2015), Faut-il enseigner l'économie du droit ? Pourquoi ? Comment ?, 9e Journées scientifiques de l'université de Toulon. Le rôle de la pratique dans l'enseignement du droit, Toulon, France

Marty F., Kirat T. (2015), The regulatory practice of the French financial markets Authority, 2006-2011. From substantive to procedural financial regulation ?, Colloque international Recherche et Régulation, Paris, France

Fraud and misconduct in financial markets have recently become a key regulatory issue against the backdrop of the financial crisis. This paper investigates the sanctions policy and practices of the French financial regulator, Autorité des Marchés Financiers (AMF). It argues that, over time, the AMF has shifted from substantive to procedural regulation of finance. This shift consists in departing from sanctions based on observed outcomes in the market and, instead, assessing how the internal organizational schemes of financial firms actually perform. The AMF's new policy and practice involves a process of legalization of organizations; it also evidences a tendency to delegate regulation to financial firms themselves

Lemoine B., Kirat T. (2014), Le « hors bilan » et les finances publiques en temps de crise. Les partenariats publics-privés et l'expertise comptable et financière, Sixième Congrès triennal de l'ABSP : "Politiques de crise, crises du politique", Liège, Belgique

La communication se propose d'étudier les différentes façons dont l'administration des Finances et les représentants politiques ont recours au hors bilan dans la gestion des finances publiques. La crise financière privée et la crise de la dette souveraine servent de point de départ à un retour rétrospectif sur la montée en puissance progressive de l'usage des partenariats publics-privés (PPP) pour décider de, ordonner, effectuer et compter la dépense publique. La genèse de ce dispositif associant étroitement entreprises privées et administration publique dans la confection et mise en oeuvre des politiques publiques démarre à la fin des années 1990. Il s'agit d'analyser les réformes successives (LOLF de 2001, ordonnance de 2004 relative aux PPP) et la façon dont une politique, tant administrative que politique, d'incitation aux PPP s'est progressivement installée au coeur de l'État. La communication dégage les intérêts et compromis qui se nouent autour de ce dispositif hybride d'action publique. L'enquête porte aussi sur la façon dont s'entremêlent différents instruments, types d'expertise et différentes professions pour faire fonctionner concrètement ces partenariats : techniques juridiques de formalisation des responsabilités, expertise comptable (comptabilité nationale, publique et privée) et inscription dans le « bilan financier » des responsabilités vis-à-vis du risque financier des acteurs publics ou privés et, enfin, instruments de communication et de promotion de ces nouveaux modes d'action publique. La communication montre comment, en temps de crise, le recours aux PPP permet de répondre à des impératifs politiques à court terme des professionnels de la politique : comme, par exemple, la gestion « hors bilan » la dépense publique, en tentant ainsi de contourner les contraintes statistiques contrôlées par les instituts nationaux et européens (INSEE, EUROSTAT). Ces instruments de court terme produisent pour autant des effets sur la longue durée, en engageant les pouvoirs publics dans le portage d'un risque à long terme et en transformant en profondeur et de l'intérieur la nature même de l'action publique.

Kirat T. (2012), En amont de l'impact des systèmes juridiques sur les performances économiques : que mesurent les indicateurs de rigueur de la réglementation ?, La mesure du développement. Comment science et politique se conjuguent ?, Paris, France

Lo Prete M., Kirat T. (2011), Measuring Land-Use Conflicts through the Lens of Courts Activity. Empirical Evidence and Implications for Law and Geography, Law & Society 2011 Annual Meeting, San Francisco, États-Unis

Pham H., Kirat T. (2010), Les conflits d'usage des espaces périurbains et le contentieux administratif. Le cas de la région Ile-de-France., COBRA 2010, Paris, France

L'article porte sur une analyse des conflits d'usages d'espace, traduits par les requêtes devant la justice administrative française de 1981 à 2005. Le terrain d'étude est le périurbain francilien, territoire qui connaît une forte urbanisation et où la diversité des modes d'occupation du sol nécessite une meilleure compréhension de la dynamique spatiale et temporelle de la conflictualité. L'étude empirique montre une corrélation entre l'augmentation des conflits d'usage en Île-de-France et la dynamique de périurbanisation. Elle met en évidence un couplage entre certains types de conflits et certaines caractéristiques du territoire : les problèmes d'urbanisme font souvent l'objet conflictuel dominant dans les communes plutôt aisées, tandis que l'opposition aux infrastructures publiques se situe fréquemment dans les communes à forte urbanisation. Les nuisances des installations classées sont souvent localisées dans des communes plutôt peu aisées.

The article provides an analysis of land-use conflicts extract from the rulings of French Administrative Courts from 1981 to 2005. It focuses on Paris's suburb, where the urbanisation process and the diversity of land-use require a deeper comprehension of the problem. Our results show that the land-use conflict's evolution is correlated with the urbanisation process. They also detect a coupling phenomenon between conflict's type and territory's parameters : urbanism disputes often arise in wealthy municipalities, whereas oppositions to public infrastructure have particularly risen in strongly urbanising towns. Classified industrial facility's nuisances have been found in unfortunate municipalities.

Kirat T. (2009), Effiziente Justiz und Werteproblem im Privatrecht in der EU, L'Union européenne : une communauté de valeurs ?, Vilnius, Lituanie

Bazzoli L., Kirat T. (2008), Le capitalisme raisonnable et la responsabilité de l'emploi : entre responsabilité individuelle et responsabilité sociale de l'entreprise. Quelle actualité de la controverse Commons / Morton ?, Vers un capitalisme raisonnable ? La régulation economique selon J.R. Commons, Québec, Canada

Cette communication retrace le contexte et le contenu du débat sur la responsabilité vis-à-vis de l'emploi qui s'est déroulé aux Etats-Unis dans les années 20-30. En approfondissant les sous-bassements analytiques du raisonnement institutionnaliste porté par Commons autour de la première loi américaine sur l'assurance-chômage, nous en soulignons les enjeux vis-à-vis du débat actuel sur la RSE.

Coutu M., Kirat T. (2008), Droit et économie chez John R. Commons et Max Weber : Quel rapport à l'École Historique?, Vers un capitalisme raisonnable ? La régulation économique selon J.R. Commons, Québec, Canada

Commons ne mentionne pas Weber dans Legal Foundations of Capitalism en 1924. Dans Institutional Economics, il fait référence à Weber essentiellement au regard de la méthode idéal-typique. Cela paraît confirmer ce que Guy Rocher avait présenté dans un article sur "La réception de Max Weber dans la sociologie du droit aux États-Unis": dans les années 1930-1940, c'est exclusivement la théorie des formes de l'autorité, de la domination, de l'éthique protestante qui a été reçue aux États-Unis. La sociologie du droit, les formes de la rationalité juridique et surtout les rapports entre droit et économie chez Weber semblent y avoir été complètement ignorés, sauf par certains juristes critiques (Roscoe Pound dans une certaine mesure, mais surtout Karl Llewellyn). Or, les Réalistes et Commons étaient relativement proches les uns des autres, notamment au regard du pragmatisme. Mais Commons ne semble pas avoir connu la sociologie du droit de Weber, même si son analyse de l'effet indirect mais effectif de la perspective du recours aux tribunaux sur les manières de se comporter des acteurs dans leurs relations contractuelles correspond en gros à l'approche wébérienne. Cela dit, on trouve un point commun tout à fait central chez Commons et Weber, c'est leur rapport à l'École historique allemande, celle de l'économie et, initialement, du droit. Weber avait suivi les cours de Gustav Schmoller à Berlin et a consacré une longue étude critique à la pensée de Roscher, l'un des représentants de la première école historique de l'Économie. Par ailleurs, tout en rejetant la métaphysique du « Volksgeist », il est évident que Weber a été fortement influencé par la problématique de l'École historique du droit, à la fois dans son rameau romaniste et germaniste, ses travaux initiaux ayant porté sur les fondements juridiques de l'économie agraire dans la Rome antique et sur les formes juridiques de l'entreprise commerciale au Moyen-Âge . Commons, pour sa part, a été mis en contact avec l'apport de l'École historique et de Gustav Schmoller en particulier via son professeur Robert T. Ely, lequel avait suivi les cours de Schmoller dans le cadre de sa formation en Allemagne. Alors que Veblen fit une recension critique de Schmoller dans le Quaterly Journal of Economics (1901), Commons livra pour sa part un compte-rendu de l'ouvrage de Sombart sur Der moderne Kapitalismus (1929) dans l'American Economic Review. Commons signale implicitement la parenté de ses propres conceptions avec celles de l'École historique dans Institutional Economics, en soulignant que « the Historical school led to the Ethical and Institutional Schools (Schmoller, Veblen) which emphasized custom, legislation, property rights, justice and injustice, as the important factors in economic science » (p.115). Nous nous proposons de reconstruire les rapports de Commons et Weber à l'École historique allemande, de manière à mettre en lumière la proximité mais aussi les divergences manifestes dans leur conception de la relation entre droit et économie, à laquelle les deux auteurs ont attaché une grande importance. Il s'agit là d'une question toujours d'actualité pour la sociologie du droit et l'économie hétérodoxe contemporaines.

Marty F., Kirat T. (2005), Règles de comptabilité publique, droit des marchés publics et management public : Réflexions sur les dimensions économiques et juridiques du contrôle de la dépense publique, 17ème conférence annuelle de la Society for the Advancement of Socio-Economics, Budapest, Hongrie

Le papier traite des relations entre la comptabilité publique, le droit du contrat public et la gestion publique. Le point de départ en est le constat de la pauvre performance de la comptabilité publique de caisse dans la régulation des surcoûts et des retards dans l'exécution des marchés publics. Cet état de fait peut être expliqué par la nature particulière et la destination de l'information comptable produite par l'appareil public. Elle relève davantage d'une rationalité politique et administrative qu'économique et gestionnaire. Nous soutenons que la mise en oeuvre de nouvelles formes de contrats publics (tels les contrats de partenariat public-privé) à cadre comptable inchangé risque de conduire à une impasse. En effet, les partenariats public-privé sont susceptibles de générer de nouveaux risques si leur environnement comptable n'est pas approprié. Nous débouchons sur une réflexion sur la comptabilité patrimoniale de l'Etat et les réformes budgétaires.

The paper addresses the connections between public accounting, procurement regulation and public management. The starting point is the poor performance of cash accounting as a way to tackle cost overruns and delays in procurement contracts. This can be explained by the specific rationale of cash accounting: as the accounting face of authorization acts, it closer to an administrative/political rationale than to an economic one: the conventional public accounting systems have been set up in order to deliver to the Parliement and administrative agencies a budgetary kind of information. The paper expands on the reasons why the public accounting information system is unsuited to public contract management. It then argue that the implementation of new procurement contracts, such as Public-Private Partnerships in a unchanging public accounting system, is a dead-end. As a matter of fact, PPP can induce additional risks if the accounting framework is unsuited. Finally, the paper explores some key issues of implementing an accrual accounting framework for both procurement and public management.

Lefranc C., Kirat T. (2004), Les conflits d'usage et leur expression territoriale : une analyse des profils contentieux de sept départements français, 4èmes journées de la proximité, Marseille, France

Les conflits d'usage sont observés par l'activité des tribunaux judiciaires et administratifs dans sept départements français, sur la période janvier 1981-juillet 2003. L'analyse statistique lexicale des décisions de justice des cours d'appel, de la Cour de cassation, des cours administratives d'appel et du Conseil d'Etat fait apparaître des profils contentieux spécifiques aux départements. Les spécificités départementales s'expriment aux niveaux des acteurs présents dans les conflits, des logiques d'action (individuelle ou collective) et des dispositifs juridiques mobilisés, notamment dans la contestation des projets de transformation des usages. La communication montre que l'activité des tribunaux est un angle d'observation fécond de la conflictualité, et que les règles du droit administratif organisent les possibilités d'une expression des oppositions aux projets de modification des usages des sols, des paysages et des ressources naturelles.

The empirical basis of Land-Use conflicts is provided by courts rulings in seven French departments, from January 1981 to July 2003. A lexical statistical analysis of decisions of the cours d'appel, Cour de cassation, cours administratives d'appel and Conseil d'Etat allows to conclude that speficic territorial patterns of conflictuality prevail. These specificities relate to three broad issues : the actors of conflits, the rationale of their actions in courts, and the rules of law that are mobilized. The contribution intends to show that courts decisions, notably those ruled by administrative tribunals, provide useful insights into land-use conflicts ; it also puts to the fore the thesis that administrative law provides an channel through which oppositions to changes of land-uses are given a voice.

Kirat T., Levratto N. (2004), Les conflits d'aménagement, de l'utilité sociale à l'équité locale ? Le calcul économique et les dispositifs juridiques au défi de l'équité dans les nuisances des infrastructures, Journées d'étude "Conflits d'usage et de voisinage", Paris, France

La conciliation de l'efficacité économique et de l'équité est une question importante dans le déroulement de la réalisation de projets d'infrastructures d'utilité publique, notamment en matière de transport terrestre. Elle pose la question de l'articulation du calcul économique public et des dispositifs de droit administratif. Le texte se saisit de ces deux dimensions en en cherchant le contenu en équité dans l'exposition aux nuisances des infrastructures. La première section soutient que les mondes du droit et de l'économie ne sont pas situés sur le même plan : le calcul économique est substantiel au sens où l'évaluation des projets ou des tracés donne des résultats quantifiés et mesure le surplus collectif alors que le droit administratif français est procédural. Il ne donne pas de substance à l'intérêt public mais organise les procédures formelles applicables au déroulement de l'opération. La deuxième section aborde plus centralement le problème de l'équité. Son intégration dans le calcul économique n'est pas chose aisée ; les dispositifs juridiques ne donnent pas une réalité au principe républicain d'équité porté par le dogme de l'égalité devant les charges publiques. Les intérêts des populations exposées aux nuisances d'infrastructures d'utilité collective ne sont pas traités de manière égale. Les procédures de démocratisation des choix publics ne sont pas un progrès dans cette voie. Compte tenu de ces impasses, la troisième section formule une réflexion exploratoire sur les moyens de concilier efficacité et équité républicaine : faire entrer l'équité dans le calcul économique et la décision publique d'un manière rawlsienne, territorialiser les évaluations des projets, ou assurer la représentation systématique des intérêts des populations par leurs représentants issus du vote et de la délégation.

Jeanneaux P., Kirat T. (2004), Observer les conflits d'usage : que nous apprend le contentieux judiciaire et administratif sur le développement des régions ?, Symposium international "Territoires et enjeu du développement régional", Lyon, France

Le développement des territoires est un processus multidimensionnel qui met en jeu la confrontation de préférences individuelles ou collectives quant à l'allocation des ressources territoriales (sols, espaces naturels, ressources naturelles) à des usages alternatifs. Nous analysons les apports de l'étude du contentieux devant les juridictions judiciaires et, surtout, administratives à la compréhension des conflits d'usage liés au développement des territoires. L'accent est mis sur les départements de l'Isère et du Puy de Dôme, mais des éléments sur d'autres territoires sont présentés. La section 1 présente la méthodologie et les sources utilisées. La section 2 dégage des enseignements sur le plan théorique, à partir des principaux apports de l'analyse empirique.

Territorial development can be considered as a muldimensional process in which individual and collective preferences for land-use and allocation of local resources are confronting. The paper scrutinizes what can be learned from litigation before civil and administrative courts in the field of development related land-use conflicts. The focus is put on two French administrative territories : Isère and Puy de Dôme. Some broader key elements concerning other departments are provided. Section 1 explicits the methodology and empirical legal materials used. Section 2 draws some theoretical conclusions from the empirical analysis of administrative litigation.

Documents de travail

Kirat T. (2006), Les indicateurs de protection de l'emploi (OCDE et Banque Mondiale).,, Paris, Université Paris-Dauphine, 30

The paper focuses on various issues relating to quantitative measure of labour law. It first provides insights into the way two indexes are set-up, namely the World Bank (Doing Business Program) labour law index and the OECD Employment Protection Legislation (I.-). That methodological overview is a first step towards a better understanding of a certain heterogeneity of nations relative position in the two rankings. This heterogeneity, which affects a significant number of countries among 28 OECD members, shows how sensitive are the rankings to a few apparently minor differences in the indexes content (II.-). Extensive methodological comments on the issue of "what an index measure" and, conversely, what 'it does not measure", follow (III.-).

Kirat T. (2005), Le pragmatisme de Richard Posner : un regard critique,, Paris, Université Paris-Dauphine, 15

L'article offre une analyse critique de l'affirmation selon laquelle la théorie économique du droit de Richard A. Posner s'inscrit dans le droit fil de la tradition méthodologique du pragmatisme. Si l'ambition des juristes pragmatistes comme Holmes, Cardozo ou Llewellyn était de mettre à jour les ressorts extrajuridiques, hors de la logique juridique classique, de la décision judiciaire, Posner réduit ce projet en affirmant que le juge américain se prononcerait en mimant les résultats (efficients) auxquels le marché aurait pu mener si son fonctionnement n'avait pas été contrarié par des obstacles comme des coûts de transaction, des effets externes, des défauts d'information, etc. En d'autres termes, le juge décide au regard d'un critère de wealth maximization. Cette position est peu conforme aux règles de la méthode pragmatiste : elle prend une certaine distance avec les faits et l'expérience pratique de la décision judiciaire, et constitue plus une position normative qu'un résultat empirique

Vidal L., Kirat T. (2005), Le droit et l'économie : étude critique des relations entre les deux disciplines et ébauches de perspectives renouvelées,, 24

Le tissage de liens étroits entre le droit et l'économie est une question d'autant plus cruciale que se développent des formes nouvelles de régulation de pans entiers de la vie économique et qu'apparaissent des considérations économiques au coeur même de la régulation juridique, comme le démontrent l'essor du droit de l'énergie et des réseaux ou les pratiques étrangères de partenariats public-privé. Les nouvelles formes de contrats entre personnes publiques et personnes privées supposent en effet de recourir à l'analyse économique et financière dans la négociation du contrat, son financement et sa supervision. Les juristes ne peuvent plus ignorer la place prise par les considérations économiques dans le droit, et dans le droit public en particulier. La question qui se pose alors immédiatement est de déterminer si le monde du droit doit s'ouvrir à l'économie et, dans l'affirmative, dans quelle mesure et à quel type d'économie. C'est dans cette optique que nous souhaitons apporter ici quelques éléments d'analyse et proposer des perspectives pour un dialogue renouvelé entre juristes et économistes.

Kirat T. (2005), Réflexions sur les marchés publics de la Défense,, 13

Si le principe de la négociation de gré à gré des marchés passés pour les besoins de la Défense ne saurait être remis en cause, les modalités de la négociation et de la surveillance des marchés donnent matière à discussion. C'est l'objet du présent article, qui présentera les dispositions réglementaires spécifiques aux marchés passés pour les besoins de la défense (section 1-), avant de s'attarder sur les mécanismes de convenance du prix des prestations et de surveillance des marchés (section 2-).

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