Curriculum vitae
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Glevarec Hervé

Directeur de recherche CNRS
IRISSO

herve.glevarecping@dauphinepong.fr

Biographie

Hervé Glevarec est directeur de recherche Centre National de la Recherche Scientifique au sein de l'équipe Laboratoire Communication et Politique, IRISSO, Université Paris Dauphine, PSL Research University.

Il travaille sur les pratiques culturelles et médiatiques contemporaines. Il s'est spécialisé dans l'étude de la radio et des pratiques culturelles.

Il élabore un modèle d'analyse des goûts culturels dit de la «tablature», modèle de la différenciation culturelle. Ce modèle se propose de renouveler l'appréhension des goûts et des pratiques culturelles contemporaines qui suppose une mise en genre et la prise en compte de nouveaux jugements sociaux à l'endroit des goûts.

Il a mené des enquêtes qualitative et quantitative sur les loisirs numériques et culturels des preadolescents (La culture de la chambre), sur la consommation des séries télévisées américaines par les amateurs du genre (La sériephilie), ainsi que sur le patrimoine (Le Patrimoine saisi par les associations (avec Guy Saez)).

Une seconde partie de ses travaux portent sur la radio (Ma radio (INA); France Culture à l’œuvre (CNRS), Libre Antenne (Seuil), La radio et ses publics (avec Michel Pinet) (Séteun).

Publications

Articles

Glevarec H., de Saint Maurice T. (2017), Elargir la vie : les séries contemporaines, Le Débat, mars/avril, 194, p. 181-191

En une vingtaine d'années, les séries télévisées ont changé radicalement de statut en France. Souvent balayées d'un revers de main comme les dérivées d'un nouvel opium du peuple produit en masse par les industriels de la télévision, elles accèdent aujourd'hui à une reconnaissance de leurs qualités fictionnelles et à l'identification de leurs traits propres. Et pourtant les séries et feuilletons en tout genre ne sont pas nouveaux. Rien qu'à la télévision, leur histoire remonte aux années 1950. Alors, qu'est-ce qui a changé ?Nous soutenons que les séries ont opéré un élargissement du pensable et du dicible. C'est là leur effet, que nous appelons anthropologique, à la fois sur les représentations et les discours, entendus comme ce qui pouvait jusque-là se dire et se penser, et dans celui du visible, entendu comme ce qui se montrait jusqu'alors. Elles ont exposé des choses que l'on faisait dans la vie réelle et d'autres que l'on ne faisait pas dans la fiction ; elles ont dit des choses, par la bouche de leurs personnages, que l'on taisait. Elles ont donc pensé non seulement des contenus nouveaux mais, surtout, elles ont donné à penser de manière nouvelle, principalement en rendant visible et dicible, voire légitime, l'ordinaire caché de notre condition. Si les séries ne sont pas un objet nouveau, les séries contemporaines sont, à nos yeux, un objet renouvelé qui a eu pour effet de déplacer la ligne du dicible et du montrable. On voudrait le montrer avec les notions clés que sont l'attachement, le personnage essentiel et l'hyperréalisme. D'un point de vue institutionnel, les séries américaines ont remis en question deux statuts centraux en France : l'institution télévisuelle et l'exclusivité de la forme fictionnelle du long-métrage. D'une part, la télévision a perdu de son pouvoir de contrôle sur la diffusion et la consommation de ce qui passe par les écrans. Il suffit de lire la presse culturelle en 2015 (par exemple, Télérama, n° 3415 du 24 juin 2015) pour voir que la situation française ne change que très peu en réalité, du fait du marché restreint de notre télévision nationale qui cherche à viser un large public, à la fois familial et plus âgé, ce qui maintient un degré élevé de classicisme auprès des scénaristes français ; d'autre part, l'oeuvre filmique n'est plus la seule oeuvre audiovisuelle, elle est devenue un genre à côté de cet autre genre qu'est la série.

Glevarec H., Pinet M. (2017), Is cultural eclecticism axiological and a new mark of distinction? Cultural diversification and social differentiation of tastes in France, Cultural sociology, 11, 2, p. 188-216

Eclecticism as formulated initially by Richard Peterson includes the two ideas that cultural eclecticism is axiological (a mix of elite and non-elite genres) and represents a 'standard for good taste' (a new form of distinction). Research on eclecticism progressively developed an approach of differentiation with mixed-taste profiles complicating the relationship between types of omnivorousness and social value of cultural genres. This article discusses the two dimensions of explanations for French cultural eclecticism in the 2000s: value of taste and distinction. Based on a hierarchical classification of French culturally eclectic individuals in 2008, this article shows that a model of diversification of tastes is required to describe the contemporary diversity of portfolios of tastes and the absence of a dominant eclectic figure. It argues for a new model called 'tablature' which is a model of genre diversification combined with the social differentiation of tastes. The model results from the cultural field's historical development into genres and changes in the judgement of taste. The classification suggests that we have passed from a 'distinction' argument to a 'differentiation' argument.

Glevarec H. (2016), Le discours de l'échec de la démocratisation en France : arguments épistémiques et statistiques, Revue européenne des sciences sociales, 54, 2, p. 147-193

En France, le ministère de la Culture et de la Communication est, depuis les années 1970, le principal pourvoyeur de données statistiques et de commentaires sur les pratiques culturelles des Français. Un discours ressort qui est celui d'un échec de la démocratisation en matière culturelle. Cet article se propose de revenir sur cette interprétation, en confrontant les différentes acceptions de la démocratisation, quantitative, catégorielle et sociale, et en discutant les arguments statistiques à l'appui de l'interprétation en termes d'échec. Il examine la valeur d'une démocratisation appréciée à l'aune du critère relatif de « l'écart entre catégories socio-professionnelles » et discute l'argument d'invalidation que représente « l'évolution structurelle » de la population française à l'aide de modèles log-linéaires mesurant l'évolution de l'association entre variables de pratiques et variables socio-démographiques. Puis, l'article revient sur la valeur explicative du « capital culturel », mesuré au niveau de diplôme, eu égard à l'élévation historique du niveau de scolarisation et à la structuration par l'âge des pratiques. Il discute, en conclusion, l'épistémè distinctive et universaliste au fondement de l'orientation qu'a pris ce discours en France.

In France, the Ministry of Culture and Communication has been, since the 1970s, the main source of quantitative data and sociological analyses of French cultural practices. The dominant discourse that has emerged claims that the promise of cultural democratization has failed. This article discusses this interpretation, comparing the different meanings of democratization - be it quantitative, category-based or social -, and the arguments in support of the dominant discourse. It examines the significance of the democratization of cultural practices in terms of a "gap between classes" and discusses the argument of "structural changes" in the French population. This article then explores the relevance of the notion of "cultural capital" to explain the historical evolution of cultural practices given the general increase in educational achievements and the structuring of practices by age. In conclusion, the article shows that a specific "episteme", inspired from the distinction's model, underlies the interpretation that explains this discourse in France.

Ouvrages

Glevarec H. (2017), "Ma radio". Attachement et engagement, Paris, INA Editions, 119 p.

Si la radio jouit, en France, d'une certaine considération tant auprès des auditeurs que de l'État, elle demeure peu étudiée du point de vue de ses auditeurs et de sa réception.Cet ouvrage, pionnier en la matière, restitue une enquête auprès d'auditeurs français de radio. Il s'intéresse au lien qu'ils tissent avec ce média et à la signification de ses usages et des raisons de l'écoute.On y découvre que la réception de la radio engage l'identité d'âge et de génération et l'identité sociale de chacun. Elle renvoie aussi à des formes diverses d'engagement : présence, reconfiguration affective ou attention soutenue. Cette enquête de terrain, qui complète les données d'audience de la société d'études Médiamétrie, aborde les transformations subies par la radio dans le contexte numérique contemporain. À l'heure de la musique en ligne, du baladeur numérique, du podcast et du smartphone, la radio vive conserve une signification identitaire forte, gage de sa pérennité.

Chapitres d'ouvrage

Glevarec H. (2017), Guérir de la légitimité culturelle: élitisme, conservatisme et surinterprétation en sociologie de la musique et de la culture, in Philippe Leguern . (dir.), En quête de musique, Paris, Hermann, p. 307-328

Glevarec H. (2016), Sociologie analytique du genre culturel. Nomisme, constructivisme des marges et réalisme, in Delaporte C., Graser L., Péquignot J. (dir.), Penser les catégories de pensée, Paris, Ed. l'Harmattan, p. 47-66

L'étude des arts, des cultures et de leurs médiations, vaste programme qui recouvre une pluralité de disciplines, construit des catégories pour penser ses objets. Typologies des publics, labellisations des oeuvres, qualifications des auteurs, classifications des modes d'expression artistiques, caractérisations des dispositifs et indexations documentaires sont en effet autant de catégorisations opérées a priori ou a posteriori pour saisir tant les objets que les individus et leurs pratiques, usages et discours. Cet ouvrage rassemble une diversité d'approches réflexives autour de ces processus de catégorisation, dans la diversité de leurs emplois et théorisations.

Glevarec H. (2016), Analyser l'audience qualitative, in Antoine F. (dir.), Analyser la radio : méthodes et mises en pratique, De Boeck, p. 175-178

L'audience entendue de façon qualitative, appelée aussi "analyse de réception", diffère de l'audience quantitative en ceci qu'elle cherche à recueillir autre chose que le nombre de "contacts" et d'auditeurs de la radio : la signification de l'écoute de ce média. Il s'agit de rendre compte de ce qu'écouter ou ne pas écouter une radio veut dire pour une personne : les raisons de son choix, en termes de stations, d'émissions, de moments de l'écoute ainsi que son opinion et ses réactions au contenu.

Deleu C., Glevarec H. (2016), Le son, in Frédéric Antoine . (dir.), Analyser la radio : méthodes et mises en pratique, De Boeck, p. 122-126

Le son est à la fois le matériau générique de la radio qui se décline en voix, musiques, bruits, etc., et l'expression de la radio, son identité incarnée dans les particularités sonores du son qui est diffusé (traitement du son, jingles, types de voix, etc.).

Glevarec H. (2016), La musique, in Frédéric Antoine . (dir.), Analyser la radio : méthodes et mises en pratique, Louvain-la-Neuve, De Boeck, p. 94-98

Musique et radio forment un couple emblématique depuis les origines de la radio. aucun média n'a autant partie liée avec un domaine culturel en particulier que la radio avec la musique. Non seulement ce mariage est originel, mais il continue de définir une grande partie des radios contemporaines.La musique à la radio s'entend d'abord comme la diffusion de programmes musicaux, ensuite comme les rapports organiques de ce média avec le monde professionnel de la musique. Etudier la musique à la radio, c'est s'intéresser au type de musique diffusée, à sa mise à l'antenne et au paratexte qui l'accompagne, mais aussi à son insertion dans le champ plus large des acteurs de la musique, champ balisé de surcroît par une réglementation.

Glevarec H. (2016), Ethnographie du travail radiophonique, in Frédéric Antoine . (dir.), Analyser la radio : méthodes et mises en pratique, Louvain-la-Neuve, De Boeck, p. 84-87

Le travail dans une radio est une activité professionnelle qui possède trois caractéristiques définitoires. Il s'agit d'une activité tournée vers la réalisation d'une production -le programme, l'émission ou l'oeuvre en direct ou enregistrés - à chaque fois unique bien qu'elle s'inscrive dans des routines nécessaires. Elle représente une organisation collective, à la fois succession de tâches et collaboration au moment de la diffusion ou de l'enregistrement. C'est une action que l'on dit « située », dans ses moments de direct notamment. Pour rendre compte de ces dimensions, on peut observer les actes de travail des personnels et des participants à l'élaboration et à la réalisation d'un programme. On peut également rendre compte du fonctionnement de la direction des programmes, de l'élaboration des sites internet des radios, de l'organisation générale de l'entreprise ou de l'association.Ces observations mobilisent plusieurs méthodes : l'entretien, l'analyse de documents, l'analyse de conversation, notamment à l'antenne, ou l'observation ethnographique.

Glevarec H. (2016), Les supports de diffusion et d'écoute, in Frédéric Antoine . (dir.), Analyser la radio : méthodes et mises en pratique, Louvain-la-Neuve, De Boeck, p. 68-71

Jusqu'à il y a peu, s'intéresser à la radio, c'était peu ou prou supposer, premièrement, que la radio s'écoutait massivement sur un poste, dédié ou inséré dans un équipement musical (autoradio, chaîne hifi, téléphone...) et, secondement, supposer que ce poste était de type hertzien. Or, ces deux traits de la radio ont perdu de leur valeur de caractérisation au fil du temps, plus encore avec l'avènement d'internet et la numérisation du média. En effet, la diffusion de la radio s'est diversifiée du point de vue de ses canaux (qui peuvent être ondulatoires ou filaires dans le cas d'internet sur ordinateur) et de son support privilégié que sont les fréquences hertziennes (aux ondes hertziennes courtes, moyennes, longues, se sont ajoutées des fréquences téléphoniques 3G, 4G...)

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