Curriculum vitae
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Agrikoliansky Éric

Professeur des universités
IRISSO

Eric.AGRIKOLIANSKYping@dauphinepong.fr
Tel : 01 44 05 49 98
Bureau : P 408

Publications

Articles

Collovald A., Agrikoliansky E. (2014), Conservative Mobilizations: How Dominant Groups Protest?, Politix, 2, 106, p. 7 - 29

Cet article s'intéresse aux mobilisations des groupes dominants et aux mouvements sociaux conservateurs. Il esquisse d'abord quelques raisons du désintérêt sociologique pour ce type d'action collective. Puis, en élargissant le cadre de réflexion de la sociologie de l'action collective et en s'adossant aux sociologies des élites, de l'action publique et de la domination dont les apports récents sont nombreux (bien que dispersés), les auteurs formulent de nouvelles pistes pour comprendre de quoi sont faites ces mobilisations et comprendre leurs dynamiques.

This article illustrates the importance to understand how the dominant groups in society protest. Having examined the reasons why the social movement theorists have been so few interested by conservative mobilizations, the authors suggest several ways to analyse dominant group's collective action, especially by using tools of social movement's theory but also by using conceptual frameworks of domination's theory, public policies analysis or elite's sociology.

Agrikoliansky E. (2014), Ordinary Political Attitudes of Extra-Ordinary People: Upper Class Vote in « Beaux quartiers » of Paris (2006-2008), Politix, 2, 106, p. 135-157

À partir d'une série d'enquêtes menées entre 2006 et 2008 dans le 16e arrondissement de Paris, cet article s'intéresse aux comportements politiques des fractions des classes supérieures caractérisées par l'importance du capital économique, le statut d'indépendant et la pratique de la religion. Il s'agit en particulier de tester l'hypothèse d'une forte politisation de cette bourgeoisie, fondée sur un haut degré de sophistication politique. Les résultats de ces enquêtes montrent qu'une telle hypothèse mérite d'être nuancée. D'abord parce que la compétence que l'on postule chez ces électeurs est souvent bien plus faible en pratique qu'ils ne le revendiquent en théorie. Ensuite, parce que loin de posséder des capacités hors de l'ordinaire, ils raisonnent, comme les autres, à l'aide de raccourcis et de simplifications. Évitant le débat politique plutôt qu'ils ne le recherchent, ils se révèlent particulièrement sensibles aux logiques collectives qui sont au principe de la production des opinions, pour eux comme pour les autres.

This article aims to provide an understanding of the ordinary political relation of upper class citizens to politics in French democracy. This research is based on several surveys located in the 16th district of Paris, usually call the "beaux-quartiers". This communication intends to analyses the level of political sophistication of the upper-class citizens and intends to study the social embedding of political attitudes of the French "bourgeoisie".

Gobille B., Agrikoliansky E. (2011), El activismo altermundialista en Europa : problemas de análisis y resultados recientes, Revista de Sociología, 25, p. 139-161

The opening of a cycle of transnational protest against globalization has been a major political phenom-enon since the 1990s and it is indeed a very complex subject to analyse. Being a multi-organizational field -horizontal, decentralized and ideologically multiple-, transnational activism first raises questionsof method. As it is shown in this paper by a genealogical approach focusing upon national contexts,anti-globalization movements offer a global frame as well as new resources and possibilities to long-standing political organizations. Then, the question of what builds the unity of such multileveled dynamics of contest is here examined through two collective inquiries based on the method of theIndividual Survey in Rallies. During the counter-G8 summit which took place in June 2003 in Francenear the Swiss border, and the second European Social Forum held in Paris and the suburbs six monthslater, more than 2.000 European militants answered the questionnaires that were submitted to them each time. It appears that no-global militants have in common a large "cultural capital", a stable job, relativelyhigh social origins, and an international socialization. Beyond this unity, the statistical approach revealshow they are characterized by subtle sociographical, organizational and ideological differences. It alsobrings to the fore that the type of protest event -from the confrontative form of the counter-summit tothe more intellectual form of the Social Forum- partly defines the categories of militants who mobilize.

Agrikoliansky E., Dufour P. (2009), Les frontières des mouvements sociaux / Les mouvements sociaux aux frontières, Politique et Sociétés, 28, 1, p. 3-11

Agrikoliansky E., Gobille B., Hajji I. (2009), Que savons-nous des militants altermondialistes ? Réflexion sur les conditions d'internationalisation d'un mouvement social, Politique et Sociétés, 28, 1, p. 135-166

L'identification des caractéristiques sociales des militants altermondialistes constitue une question à laquelle plusieurs grandes enquêtes sociographiques ont tenté de répondre depuis le début de la décennie 1980. Les résultats de deux enquêtes collectives réalisées au cours de l'année 2003 sont présentés et discutés ici. L'analyse de ces données constitue un précieux éclairage permettant de saisir les conditions d'une telle mobilisation internationale, à condition cependant de rester attentif aux biais méthodologiques qui limitent la signification de ces matériaux ; à condition aussi de chercher moins à saisir « pourquoi » les militants se mobilisent contre la mondialisation qu'à comprendre « comment » ils le font. C'est dès lors la question des ressources leur permettant de se projeter au-delà des frontières nationales dans un espace international qui est au coeur de l'investigation.

This paper aims to analyze the social and political conditions of the alterglobalist movement development in Europe. Based on two surveys conducted in 2003 during the anti-G8 demonstration in France and Switzerland and during the European Social Forum in Paris, this article maps the resources necessary to lead the activists to international protests. The analyzed database especially emphasizes the importance of social, cultural, and political capitals. The more highly educated the activists are, the more they take part in the organization of these events. The greater their political experiences--in classical political organizations, such as parties or trades unions--, the more they are likely to travel abroad in order to express their opposition to globalization. In short, these activists can be described as cosmopolites, but « rooted cosmopolites » deeply embedded in the logic of national state institutions.

Agrikoliansky E. (2007), L'altermondialisme en temps de crise. Réflexions sur un déclin annoncé, Mouvements, 2, 50, p. 33-41

L'échec des collectifs unitaires à s'entendre sur une candidature unique pour l'élection présidentielle de 2007 constituerait en France un nouvel indice du déclin de l'altermondialisme, après la crise interne d'ATTAC et la routinisation des forums sociaux. Eric Agrikoliansky nous invite toutefois à nuancer ce jugement et à décaler le questionnement : de l'existence ou non de la crise aux raisons de l'omniprésence de cette interrogation chez les journalistes, les chercheurs et les militants eux-mêmes. Il suggère que ce constat critique est pour une bonne part lié au décalage entre ce qu'il est advenu du mouvement alter et certaines représentations fantasmées, certaines attentes qu'il a suscitées chez ces acteurs. Les croyances en son haut degré d'internationalisme, ou en la radicale nouveauté de ses formes d'organisation et de gestion de la diversité, ont ainsi parfois conduit à mésestimer les conditions concrètes de réalisation et de pérennisation de ces enjeux.

Fillieule O., Blanchard P., Bandler M., Passy F., Sommier I., Agrikoliansky E. (2004), L'altermondialisation en réseaux. Trajectoires militantes, multipositionnalité et formes de l'engagement: les participants du contre-sommet du G8 d'Evian, Politix, 17, 68, p. 13-48

L'altermondialisme en réseaux. Trajectoires militantes, multipositionnalité et formes de l'engagement : les participants du contre-sommet du G8 d'Evian Olivier Fillieule, Philippe Blanchard, Eric Agrikoliansky, Marko Bandler, Florence Passy, Isabelle Sommier A partir d'un traitement des multiappartenances déclarées par 2 280 militants interviewés lors du contre sommet du G8, les auteurs reconstruisent la nébuleuse des organisations parties prenantes dans l'événement. Ces multiappartenances rendent compte à la fois des alignements entre organisations et des affiliations des individus qui circulent entre ces organisations. Une classification ascendante hiérarchique permet d'ébaucher un champ multiorganisationnel structuré en cinq pôles de tailles variables, qui témoignent de l'hétérogénéité des groupes engagés. Les militants les plus multi-engagés, les plus actifs politiquement et les plus expérimentés en matière de mobilisation, maintiennent la cohérence de ce réseau. Leur contraste avec les primo-engagés, novices de l'altermondialisme, laisse entrevoir la diachronie des carrières militantes.

Anti-Global Networks. Activists, Militant Careers, Multiple Belongings and Types of Memberships : Militants against the G8 in Evian Olivier Fillieule, Philippe Blanchard, Eric Agrikoliansky, Marko Bandler, Florence Passy, Isabelle Sommier Based on a survey conducted during the anti-G8 demonstrations in Evian (2.280 persons), the article maps the cluster of organizations involved in the event. Multi-memberships both echo to links between organizations (joint activities, elite proximity, formal alliances...) and to individual affiliations (persons moving from one organization to another). Through hierarchical cluster analysis we sketch out a multi-organizational field that turns out to be polarized by five main clusters of variable size, which points out the heterogeneity of the organizations. The more memberships the activists mention, the more experience they have in conventional and protest political action, and the more they contribute to the multi-organizational network's cohesiveness. Comparing them with the newly engaged activists, that is anti-globalization's novices, gives a glimpse of the activists' carreers.

Agrikoliansky E. (2003), Selective uses of law. The legal office of the Ligue des droits de l'homme (1970-1990) : between politics and humanity, Sociétés contemporaines, 4, 52, p. 61-84

Dans quelle mesure les usages militants du droit permettent-ils de politiser et de généraliser des griefs singuliers en les liant, par exemple, à des revendications collectives ? Si le droit semble naturellement se prêter à une telle opération, puisqu'il articule des cas individuels à des catégories collectives, l'analyse de l'activité du service juridique d'une association de défense des droits de l'homme (la Ligue des droits de l'homme) invite à nuancer ce constat. Certains espaces se prêtent certes à de telles opérations de désingularisation (l'espace judiciaire notamment). Cependant, l'usage routinier de la référence au droit (notamment par la voie du recours hiérarchique) pour défendre des plaignants s'affirmant victimes de violation de leurs droits par les administrations implique au contraire le plus souvent une « tyrannie du singulier » qui inhibe la politisation du grief et freine ce faisant l'agrégation des malheurs singuliers dans une forme collective d'énonciation des griefs.

The cause lawyering is usually analyzed as a generalization and politicization process which aim to link individuals grievances to collectives claims. Through an analysis of the activity of the legal office of an French human rights association (la Ligue des droits de l¹homme-LDH), this paper try to clarify and qualify this assessment. Every years several hundred people apply for the help of the LDH, asking a legal advice (for example in case of racism or police brutality). If in some cases the political dimension is easy to develop (particularly in the frame of a trial), most of them lead to what we can call a « tyranny of peculiarity» which limit the politization of grievance and the constitution of a collective frame of protest.

Agrikoliansky E. (2003), De la nation à la région : le Front National en Alsace et la résurgence d'une revendication régionaliste, Revue des sciences sociales, 30, p. 134-147

Le succès du Front National en Alsace est communément analysé comme l'expression d'une spécificité régionale, reflétant la force de la tradition et des « replis identitaires » qui en découlent. Le soutien apporté, lors des dernières échéances électorales, à l'extrême droite par les porte-parole du mouvement régionaliste alsacien semble confirmer cette hypothèse. Le retour sur l'histoire de la résurgence de l'extrême droite dans les années 1980 conduit cependant à nuancer fortement cette analyse : c'est, en effet, moins le régionalisme alsacien qui a facilité les succès du FN que le succès du parti de J.-M. Le Pen qui a contribué à la renaissance politique d'une revendication régionaliste. C'est en particulier dans le cadre des luttes internes, indissociablement politiques et sociales, qui ont rythmé l'institutionnalisation de l'extrême droite alsacienne, que doit se comprendre la résurgence d'une revendication « identitaire » alsacienne. Celle-ci manifeste en ce sens moins le poids d'une « tradition » spécifique à l'Alsace que les jeux de distinction qui sont habituellement au principe de la compétition politique.

Agrikoliansky E. (2001), Carrières militantes, et vocation à la morale : les militants de la Ligue des droits de l'homme dans les années 1980, Revue française de Science politique, 51, 1, p. 27-46

Agrikoliansky E. (1998), Daniel Mayer: de la politique aux droits de l'Homme. Logiques d'un engagement pluriel, Matériaux pour l'histoire de notre temps, 51-52, p. 52-62

Agrikoliansky E. (1994), Biographies d'institution et mise en scène de l'intellectuel. Les candidats au comité central de la Ligue des droits de l'homme entre 1945 et 1975, Politix, 7, 27, p. 94-110

Ouvrages

Agrikoliansky E. (2008), Les partis politiques en France, Paris, Armand Colin, 127 p.

Agrikoliansky E. (2002), La Ligue française des droits de l'homme et du citoyen depuis 1945 : sociologie d'un engagement civique, Paris, L'Harmattan, 387 p.

Direction d'ouvrages

Le Grignou B., Heurtaux J., Agrikoliansky E. (2011), Paris en campagne : les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens, Bellecombe-en-Bauges, Editions du Croquant, 335 p.

Cette enquête, menée pendant les élections municipales de 2008 dans deux arrondissements parisiens volontairement contrastés (le XVIe bourgeois et le Xe bobo), propose une sociologie politique et une ethnographie d'une campagne examinée au concret, à travers de multiples lieux d'observation : meetings, tractages, réunions d'appartement, etc. En s'intéressant d'abord aux électeurs, ce livre propose de renouveler le regard porté sur les mutations sociales qui ont affecté la capitale, et leurs effets politiques. Il permet notamment de revisiter la question de l'abstentionnisme et de l'indifférence à la politique. L'observation des partis dans la compétition électorale montre ensuite comment les partis politiques font campagne, mais aussi comment celle-ci les façonne, et parfois les défait. L'attention portée aux femmes en campagne permet enfin de dresser un bilan de la parité au local et de saisir à la fois la « routinisation » de la contrainte paritaire et son déplacement (avec notamment l'invention d'une nouvelle exigence de représentation de la diversité) ; elle souligne aussi la persistance des inégalités politiques entre les sexes. La campagne électorale, moment d'effervescence à la fois ordinaire et extraordinaire, est saisie comme un « fait politique total », c'est-à-dire un puissant révélateur des multiples dimensions de la pratique politique contemporaine et de ses transformations.

Sommier I., Fillieule O., Agrikoliansky E. (2010), Penser les mouvements sociaux : conflits sociaux et contestations dans les sociétés contemporaines, Paris, La Découverte, 327 p.

La sociologie des mouvements sociaux constitue aujourd'hui un champ bien distinct des sciences sociales, à l'intersection de la science politique, de la sociologie et de l'histoire. Les turbulentes années 1960 lui ont servi de tremplin aux États-Unis en replaçant la question du conflit social au coeur de démocraties qui avaient voulu l'oublier et en offrant aux chercheurs de multiples terrains pour l'étudier in vivo. L'intérêt pour la contestation a été plus tardif et moins soutenu en Europe et l'ensemble des analyses, éclaté, reste secondaire par rapport aux écoles américaines. Aujourd'hui pourtant, la sociologie française des mouvements sociaux possède des traits distinctifs que ce livre propose d'explorer : recours aux instruments de la sociologie critique, méfiance à l'égard des méthodes positivistes au profit de méthodes plus artisanales privilégiant le suivi approfondi de la vie du groupe protestataire et l'interrogation sur les motivations de ses membres, développement des recherches sur des univers autres qu'occidentaux, sur les mouvements dits de « sans » et l'altermondialisme, mais aussi plus récemment sur les conflits du travail et l'action syndicale, permettant ainsi le dialogue avec des disciplines proches comme celles portant sur les groupes d'intérêts ou la construction des problèmes publics. Cet ouvrage vise ainsi à rendre compte de l'évolution de la sociologie des mouvements sociaux et de l'originalité des travaux français en offrant à la fois un regard critique sur ce champ de recherche et des pistes d'investigation sur ses angles morts comme les logiques de l'engagement individuel ou la place des émotions dans le militantisme.

Sommier I., Fillieule O., Agrikoliansky E. (2008), Généalogie des mouvements altermondialistes en Europe : une perspective comparée, Paris, Khartala, 293 p.

Histoire de la naissance et étude comparative du mouvement altermondialiste en Europe, inscrit dans l'actualité depuis le sommet de Seattle contre l'OMC en 1999. En dépit de ses différences nationales, le mouvement engagé contre la mondialisation a parfois su présenter un visage unifié en s'appropriant des manifestations institutionnelles internationales.

Agrikoliansky E., Fillieule O., Mayer N. (2005), L'altermondialisme en France : la longue histoire d'une nouvelle cause, Paris, Flammarion, 370 p.

Sommier I., Agrikoliansky E. (2005), Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 310 p.

Résultat d'une enquête européenne menée en France à l'occasion de mouvements internationaux comme la manifestation anti-G8 et le Forum social européen du 12 au 15 novembre 2003. Le dépouillement de quelque 2.500 questionnaires permet une réflexion quantitative et qualitative sur la perception du courant altermondialiste en France.

Chapitres d'ouvrage

Heurtaux J., Agrikoliansky E., Le Grignou B. (2011), Que disent les campagnes électorales de la vie politique ?, in Heurtaux J., Agrikoliansky E., Le Grignou B. (dir.), Paris en campagne. Les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens, Bellecombe-en-Bauges, Ed. du Croquant, p. 13-30

Heurtaux J., Agrikoliansky E., Le Grignou B. (2011), Des conduites sans croyance ? Mobiliser dans les "beaux quartiers", in Heurtaux J., Agrikoliansky E., Le Grignou B. (dir.), Paris en campagne : les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens, Bellecombe-en-Bauges, Ed. du Croquant, p. 117-144

Agrikoliansky E. (2010), Les usages protestataires du droit, in Agrikoliansky E., Sommier I., Fillieule O. (dir.), Penser les mouvements sociaux. Conflits sociaux et contestation dans les sociétés contemporaines, Paris, La Découverte, p. 225-243

La sociologie des mouvements sociaux constitue aujourd'hui un champ bien distinct des sciences sociales, à l'intersection de la science politique, de la sociologie et de l'histoire. Les turbulentes années 1960 lui ont servi de tremplin aux États-Unis en replaçant la question du conflit social au coeur de démocraties qui avaient voulu l'oublier et en offrant aux chercheurs de multiples terrains pour l'étudier in vivo. L'intérêt pour la contestation a été plus tardif et moins soutenu en Europe et l'ensemble des analyses, éclaté, reste secondaire par rapport aux écoles américaines. Aujourd'hui pourtant, la sociologie française des mouvements sociaux possède des traits distinctifs que ce livre propose d'explorer : recours aux instruments de la sociologie critique, méfiance à l'égard des méthodes positivistes au profit de méthodes plus artisanales privilégiant le suivi approfondi de la vie du groupe protestataire et l'interrogation sur les motivations de ses membres, développement des recherches sur des univers autres qu'occidentaux, sur les mouvements dits de « sans » et l'altermondialisme, mais aussi plus récemment sur les conflits du travail et l'action syndicale, permettant ainsi le dialogue avec des disciplines proches comme celles portant sur les groupes d'intérêts ou la construction des problèmes publics. Cet ouvrage vise ainsi à rendre compte de l'évolution de la sociologie des mouvements sociaux et de l'originalité des travaux français en offrant à la fois un regard critique sur ce champ de recherche et des pistes d'investigation sur ses angles morts comme les logiques de l'engagement individuel ou la place des émotions dans le militantisme

Agrikoliansky E. (2007), Une autre Europe est elle possible ?, in Vauchez A., Cohen A. (dir.), La constitution européenne. Elites, mobilisations, votes, Bruxelles, Ed. de l'université de Bruxelles, p. 209-236

Agrikoliansky E. (2007), La démocratie entre valeurs et pratiques. Le cas des mouvements altermondialistes lors du deuxième forum social européen, in Neveu C. (dir.), Cultures et pratiques participatives, Paris, L'Harmattan

Agrikoliansky E. (2005), Du tiers-mondisme à l'altermondialisme. Genèse(s) d'une nouvelle cause, in Mayer N., Fillieule O., Agrikoliansky E. (dir.), L'altermondialisme en France : la longue histoire d'une nouvelle cause, Paris, Flammarion, p. 43-73

Agrikoliansky E. (2005), "Liberté, liberté chérie..." : la gauche et la protection des libertés publiques dans les années 1970. Hypothèses sur la résurgence de la notion d'Etat de droit, in Vauchez A., Sacriste G., Israël L. (dir.), Sur la portée sociale du droit? : usages et légitimité du registre juridique, Paris, PUF, p. 325-340

Agrikoliansky E. (2004), La guerre d'Algérie, une "nouvelle affaire Dreyfus"?, in Rebérioux M., Manceron G. (dir.), Droits de l'homme, combats du siècle, Paris, BDIC

Agrikoliansky E. (2004), La gauche, le libéralisme politique et les droits de l'homme, in Candar G., Becker J-J. (dir.), Histoire des gauches en France. Volume 2, XXe siècle, à l'épreuve de l'histoire, Paris, La Découverte

Agrikoliansky E. (2001), La Ligue des Droits de l'homme : un engagement entre morale et politique, in Tartakowsky D., Le Béguec G., Andrieu C. (dir.), Associations et champ politique? : la loi de 1901 à l'épreuve du siècle, Paris, Publications de la Sorbonne

Communications

Lehingue P., Gervais J., Agrikoliansky E. (2013), Political Sociology of Elections: Studying Routine and Contentious Moments in Democratic Politics, XIIème Congrès de l'Association Française de Science Politique, Paris, France

L'objectif de cette communication est de présenter les recherches collectives engagées depuis 2011 dans le cadre du projet SPEL (Sociologie Politique des Élections) qui associe plusieurs dizaines de chercheurs et une demie douzaine de laboratoires (Aix, Amiens, Bordeaux, Lille, Lyon, Paris, Toulouse, etc.) autour d'un triple objectif : 1. d'abord, désenclaver l'analyse des comportements électoraux en l'intégrant à une réflexion d'ensemble sur les acteurs non partisans de la mobilisation électorale (électeurs, mais aussi médias, groupes d'intérêts, etc.) ; 2. ensuite, de mettre en place un suivi longitudinal avant, pendant et après les élections et la période de campagne, de manière à réfléchir aux conditions de l'effervescence, mais aussi aux temps faibles de la compétition politique et aux degrés d'attention que ces temporalités suscitent ; 3. enfin, de rompre avec une approche strictement quantitative des comportements électoraux basés sur des sondages atomistiques en privilégiant, à l'inverse, soit l'étude de populations situées (par exemple, les étudiants), soit l'usage d'entretiens approfondis panélisés.

The aim of this paper is to present a collective research started in 2011 which gathers academics associated to different centers for research (in Aix, Amiens, Bordeaux, Lille, Lyons, Paris, Toulouse, etc.). The originality of this research project lies in the diversity of the public investigated and in the ambition of studying political attitudes and perceptions during and after contentious electoral times. One of the common hypothesis is that political attitudes and perceptions of the various types of public of the political field are the product of complex interactions between their individual dispositions and contexts. Whatever the methodology is (repeated close-ended questionnaires or open-ended in-depth repeated interviews), the dispositions of the members of the various categories under scrutiny are grasped through a thorough examination of their backgrounds in the widest sense. In this very perspective, we wish to analyze the activities of interest groups as actors both within and outside the political field. Effects of political contexts are also at the heart of the SPEL program's methodology, thanks to its repeated surveys over an extended period of time, including moments of electoral excitement and periods of political routine.

Agrikoliansky E. (2011), Voter dans les beaux quartiers : quelques hypothèses sur les rapports ordinaires au politique des classes supérieures : l'exemple du 16e arrondissement de Paris, XIème Congrès de l'Association Française de Science Politique, Strasbourg, France

Cette contribution vise à formuler quelques hypothèses sur les rapports ordinaires au politique des classes supérieures dans la France contemporaine. Alors que les attitudes et pratiques politiques ordinaires des classes populaires ont été bien explorées, la politisation des classes supérieures, et en particulier celles pour lesquelles domine le capital économique, semble en revanche constituer un objet de recherche encore en jachère. Les rares travaux sur le sujet suggèrent cependant son intérêt : entretenant un rapport actif, intéressé et légitime à la politique, notamment électorale, les classes supérieures manifestent parfois aussi une forme de méfiance, voire de défiance, à l'égard d'une politique jugée trop vulgaire pour les mobiliser ostensiblement. A partir, d'une enquête menée lors de scrutins nationaux et locaux dans le 16e arrondissement de Paris depuis 2007, il s'agira de tester ces hypothèses et d'explorer les différentes configurations qui semblent régler la politisation dans les beaux-quartiers, en particulier les modalités de la participation électorale.

This communication aims to provide an understanding of the ordinary political relation of upper class citizens to politics in French democracy. This research is based on several surveys located in the 16e district of Paris, usually call the "beaux-quartiers". This communication aims to analyses the level of political sophistication and of political participation of the upper-class citizens and intends to study the social embedding of political attitudes of the French "bourgeoisie".

Soubiron A., Heurtaux J., Agrikoliansky E., Le Grignou B. (2008), Comment la campagne (dé)fait les partis politiques. Quelques notes d'observations ethnographiques sur les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens, Les processus électoraux dans les grandes agglomérations françaises, Bordeaux, France

Agrikoliansky E. (2003), De l'anticolonialisme à l'altermondialisme : généalogie(s) d'un nouveau cadre d'action collective, Les mobilisations altermondialistes, Paris, France

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