Curriculum vitae

Méda Dominique

Professeur des universités
IRISSO

dominique.medaping@dauphinepong.fr
Tel : 4641
Bureau : B607

Publications

Articles

Méda D. (2015), Se libérer de la consommation, Projet, 1, 344, p. 44-53

Méda D., Gomel B. (2014), Le RSA, innovation ou réforme technocratique ?, Revue française de socio-économie, 1, 13, p. 129-149

L'article constitue une contribution à l'analyse et à l'évaluation du revenu de solidarité active (RSA), institué par la loi du 1er décembre 2008 et mis en oeuvre à partir de juin 2009. Les auteurs reviennent dans une première partie sur les intentions des promoteurs de cette réforme, à partir du texte de la commission Familles, vulnérabilités, pauvreté, réunie en 2005 par le président d'Emmaüs de l'époque, Martin Hirsch. Ils rappellent le diagnostic proposé par celle-ci, l'échec du RMI et sa principale recommandation : mettre en place une prestation unique et lisible qui bénéficie à tous les ménages pauvres, qu'ils travaillent ou non. La seconde partie analyse la mise en oeuvre de cette politique dans le département de Paris où se sont déroulées l'observation et la recherche entre mars 2010 et juillet 2011. S'intéressant à la manière dont les gestionnaires du dispositif ont interprété le texte de loi pour construire le processus d'instruction des demandes de RSA et d'orientation des allocataires du RSA et dont les différents partenaires font fonctionner ce dispositif, les auteurs s'interrogent sur les choix initiaux qui ont présidé au « design » de la prestation, notamment sur l'orientation prioritaire des allocataires vers Pôle emploi et la séparation stricte entre parcours professionnel et parcours social.

The study is a contribution to the analysis and evaluation of the RSA (Active Solidarity Income), established by the Act of December 1st 2008 and implemented since June 2009. In the first part of the paper, the authors analyze the intentions of the promoters of the reform. They study the text of the Commission "Families, Vulnerability, Poverty" convened in 2005 by the president of Emmaüs, Martin Hirsch. They highlight its diagnosis: the failure of the RMI (Minimum Integration Income); its main recommendation: establish a social allowance that appears as a radical innovation and its ambitions: remove threshold effects and make the system more transparent for the beneficiaries. In the second part, the authors analyze the implementation of this policy in the department of Paris where the observation and research took place between March 2010 and June 2011. They study how the administrators of the RSA have interpreted the text of the Act in order to develop the instruction and guidance processes towards the RSA beneficiaries, and how the different people involved implement the measure. The authors then question the initial choices that led to the "design" of the RSA, notably the decision to first and foremost direct the beneficiaries towards Pôle emploi (the French equivalent of the job centers) and to strictly separate professional and social trajectories.

Méda D. (2013), Quels changements à la mesure des attentes posées sur le travail ?, La nouvelle revue du travail, 2

En Europe comme dans l'ensemble du monde occidental, les attentes relatives au travail ont changé de nature: une large partie de la population, notamment les plus diplômés, les plus jeunes et les CSP les plus élevées placent désormais sur le travail des attentes de plus en plus « expressives » ou post-matérialistes, désirant trouver dans le travail sens, réalisation et expression de soi, développement de ses capacités et bonne ambiance. Ces attentes, dont les entreprises ont soutenu et accompagné la diffusion, sont particulièrement développées en France où les personnes interrogées font pourtant de plus en plus état de leur déception en raison de conditions de travail qui leur semblent peu propices à la satisfaction de celles-ci. Après avoir exposé ce décalage la réalité du travail et les attentes, l'article s'interroge sur les obstacles à la réalisation de celles-ci et sur les conditions de possibilité d'une transformation radicale du travail et des entreprises qui permettraient au contraire d'y faire droit.

In Europe like most of the Western world, people's expectations of work have changed in reent years. Much of the population, notably the best educated and youngest individuals from the most privileged socio-economic categories, have increasingly "expressive" or post-materialist expectations today, hoping to find meaning in work ; self-realisation and self-expression ; a chance to develop one's capacities ; and a good atmosphere. These expectations - whose dissemination tends to be supported and nurtured by companies - are particularly advanced in France, despite interviewees' manifesting more and more disappointment at unsatisfactory working conditions. After exposing the gap between the reality of work and people's expectations, the text looks at obstacles as well as conditions enabling a radical transformation of work and companies, specifically highlighting the notion of rights.

Méda D. (2013), Une vision constructive de l'entreprise. À propos de l'ouvrage de Freddy Sarfati, "L'Entreprise autrement", Futuribles, 392

Comme l'indiquait Hubert Landier dans son article sur le désengagement au travail publié dans le numéro de novembre 2012 de Futuribles, le modèle classique de management des entreprises montre de plus en plus ses limites et doit être remis en cause. Il en va de la motivation et du bien-être des salariés en général, mais aussi du bon fonctionnement et de la rentabilité économique des entreprises. La recension que fait ici Dominique Méda de l'ouvrage de Freddy Sarfati proposant un nouveau mode de fonctionnement dans l'entreprise, en est une flagrante confirmation. Dans L'Entreprise autrement, Freddy Sarfati, selfmade man ayant fondé sa propre société il y a une quarantaine d'années, montre comment l'entreprise est devenue « toxique » à force de contrôle et de défiance à l'égard de ses propres salariés, et de diktats financiers. Il témoigne, fort de son expérience personnelle, qu'il peut en être bien autrement et qu'une entreprise humaniste, fonctionnant en toute confiance et en bonne intelligence avec ses salariés, a toutes chances de réussir aussi bien, sinon mieux que les autres. Une leçon de management que l'on entend trop rarement et qui devrait être largement diffusée auprès des chefs d'entreprise et autres responsables des ressources humaines des sociétés occidentales.

Méda D., Jany-Catrice F. (2013), Well-being and the Wealth of Nations: How are They to Be Defined?, Review of Political Economy, 25, 3, p. 444-460

Questions relating to well-being have recently returned to the limelight, notably with the publication in September 2009 of the Stiglitz-Sen-Fitoussi commission report on the measurement of economic performance and social progress. Has this commission changed the terms of the debate on what a society's wealth and well-being are? Has it proposed new paradigms? In accepting the limitations of GDP as a key indicator of well-being, has it developed a new theoretical foundation and new evaluation criteria suited to a very different situation and to very different priorities from those that prevailed at the time when GDP first became established as a measure of national economic performance? These are the main questions raised and reviewed by this paper.

Méda D. (2013), Réduire le temps de travail reste la solution !, Projet, 5, 336-337, p. 119-127

Jany-Catrice F., Méda D. (2013), Les nouvelles mesures des performances économiques et du progrès social. Le risque de l'économicisme, La Revue du MAUSS, 1, 41, p. 371-397

Les indicateurs traditionnellement utilisés pour représenter la richesse et le progrès sont incapables de rendre visibles les risques auxquels nos sociétés sont désormais confrontées. Les limites du PIB ont certes été reconnues par la Commission sur la mesure des performances économiques et le progrès social en 2009. Mais cette reconnaissance officielle s'est accompagnée d'un regain d'intérêt pour la monétarisation du social et du vivant et pour les indicateurs subjectifs. Ce virage s'est opéré au détriment d'une approche plus « holistique » et plus démocratique, promue par les premiers porteurs de la cause des « nouveaux indicateurs de richesse », dont les auteurs font partie. L'article s'intéresse dans un premier moment aux risques de la monétarisation, avant d'analyser la multiplication du recours aux enquêtes subjectives puis de revenir sur les expériences démocratiques alternatives qui apparaissent un peu partout dans le monde et peuvent sans doute être source de transformations.

The indicators most commonly used to represent wealth and progress are at a loss when it comes to showing the risks our societies are facing nowadays. While the limits of GDP were recognized by the Commission on the Measurement of Economic Performance and Social Progress in 2009, there has been a regain of interest for the monetization of the social and the living as well as for subjective indicators. This to the detriment of a more holistic and democratic approach promoted by the defenders of the 'new wealth indicators', among which the present authors. This article first examines the risks of monetarisation and critically analyses the multiplication of the recourse to subjective enquiries, before turning to alternative democratic experiences occurring around the world which could be potential sources for transformation.

, Les raisons de rompre un CDI par rupture conventionnelle, Connaissance de l'emploi, 97, p. 1-4

Aux côtés de la démission et du licenciement, la rupture conventionnelle (RC) constitue désormais une troisième modalité pour mettre fin au contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Ce dispositif requiert le double consentement de l'employeur et du salarié sans que les motifs de la rupture soient exprimés. Le grand nombre de ruptures homologuées - plus de 25 000 par mois en moyenne en 2012 - pose la question des circonstances dans lesquelles ce double consentement est intervenu. Une enquête auprès de cent un salariés ayant utilisé le dispositif a permis de recueillir des informations précieuses. Les entretiens font en effet apparaître des circonstances variées qui mettent en évidence la grande diversité des usages et révèlent de nombreux traits communs entre la rupture conventionnelle et les dispositifs juridiques qui encadraient jusqu'alors la rupture du CDI : démission, mais aussi prise d'acte, et licenciement.

Méda D. (2012), Comment le Pib a pris le pouvoir, Projet, 6, 331, p. 14-21

Méda D. (2011), Post-face : la flexicurité peut-elle encore constituer une ambition pour l'Europe ?, Formation emploi, 1, 113, p. 97-109

Jany-Catrice F., Méda D. (2011), Femmes et richesse : au-delà du PIB, Travail, genre et sociétés, 2, 26

La mesure actuellement la plus utilisée pour recenser la richesse d'un pays est le Produit intérieur brut, qui représente la valeur monétaire des biens et services fabriqués une année donnée. Cet indicateur a été inventé au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Comme tous les indicateurs il est issu de « conventions », parmi lesquelles celle de ne pas considérer comme faisant partie de la richesse nationale les activités réalisées au sein du foyer, qui ont très longtemps été prises en charge par les seules femmes et dont la répartition reste encore aujourd'hui très déséquilibrée entre les femmes et les hommes. L'article vise dans un premier temps à revenir sur les raisons - implicites ou explicites - de cette exclusion. Il présente ensuite une des manières de faire justice à un certain nombre de revendications féministes qui considèrent légitime de prendre au moins la mesure de la contribution de la production domestique à la richesse nationale en réalisant une estimation monétaire de celle-ci. Après avoir envisagé les différentes méthodes d'estimation, jusqu'à la plus récente, proposée par la Commission Stiglitz et l'ocde, ainsi que les avantages et inconvénients de celles-ci, nous analysons dans une dernière partie une autre manière de dépasser les limites intrinsèques au pib : le développement de nouveaux indicateurs plus axés sur la santé sociale, en envisageant, de manière exploratoire, les modalités d'une meilleure prise en compte des inégalités entre femmes et hommes.

The measure most widely used to express a country's wealth is the Gross National Product, which represents the monetary value of goods and services produced a given year. This indicator was invented in the after-war years. As all indicators, it is the product of conventions, among which that which excludes household activities from national wealth. These activities have long been performed by women only, and their distribution remains very unbalanced between men and women. This article first reconsiders the implicit and explicit reasons of this exclusion. It then shows one of the ways to render justice to a certain number of feminist claims to measure the contribution of domestic production to national wealth by estimating it in monetary terms. After having considered different methods to do so, up to the most recent ones proposed by the Stiglitz commission and the oecd, as well as the advantages and disadvantages of the latter, we finally analyze another way to trespass the intrinsic limits of the gnp: the development of new indicators more focused on social health and the exploration of a way to better take male-female inequalities into account.

Méda D. (2010), How to measure the value accorded to work?, Sociologie, 1, 1, p. 121-140

L'article considère un matériel constitué de sept enquêtes sur grands échantillons (quatre enquêtes françaises et trois enquêtes internationales) et d'un ensemble d'entretiens approfondis menés en 2007 et 2008 par une équipe de recherche dont les membres appartenaient à six pays européens et dont l'auteure faisait partie, pour analyser les diverses manières d'appréhender ce que représente le travail dans la vie des individus. L'auteure pose notamment la question de savoir s'il est possible d'accéder à une éventuelle vérité de ce qu'il en est du rapport qu'entretiennent les personnes interrogées avec le travail par des questions directes subjectives, alors même que les sociologues ont depuis longtemps multiplié les mises en garde à l'égard de telles approches. Après avoir présenté le matériel et les principaux résultats, elle s'interroge sur ce qui semble apparaître comme une « énigme » française et sur la possibilité d'expliquer celle-ci. Selon les enquêtes considérées, les Français sont en effet, parmi les Européens les plus nombreux à indiquer que « le travail est très important », les plus nombreux à accorder plus de valeur aux dimensions intrinsèques du travail mais aussi à souhaiter que le travail occupe moins de place dans leur vie. Si les enquêtes s'appuyant sur des déclarations subjectives des individus ne sont pas en mesure de donner une information complètement exacte de ce qu'il en est réellement de la nature du rapport que ceux-ci entretiennent avec le travail, il est utile de les compléter par des entretiens organisés autour de « cas critiques », comme l'ont proposé par exemple Golthorpe et ses collègues à la fin des années 1960, démontrant la nature en fin de compte instrumentale du travail ou très récemment Ferreras, prouvant la nature en dernier ressort expressive du travail. Mais de tels dispositifs sont-ils, plus que les enquêtes sur grands échantillons et données subjectives, susceptibles d'apporter la preuve de ce que les individus pensent, en dernière analyse, du travail ? Et si les individus peuvent être amenés à « tricher » pour ne pas entacher leur estime de soi, ou pire encore, s'ils sont aliénés au sens que Marx donnait à cette expression, alors quelle confiance pouvons nous accorder aux enquêtes disponibles sur cette question, qu'il s'agisse de sondages, d'enquêtes d'opinion, de grandes enquêtes quantitatives ou d'entretiens approfondis ? Est-il possible d'envisager un type d'interrogation et un type d'enquête qui permettraient de prendre en considération ces limites pour mettre en évidence les pathologies du travail et de renouer ainsi avec le projet d'une étroite jonction entre connaissance et transformation sociale, qui était celui de la première école de Francfort ?

The article is based on seven surveys (four are only French and three are international) and on more than 160 interviews conducted as part of a European research project, which aim totally or in part to analyze the relationship of the individuals to work. The author asks in particular how is it possible to access to a relative truth of this relationship to work with subjective data, even though sociologists have multiplied warnings against this kind of approach. After presenting advantages and limitations of the concerned surveys and the results regarding the importance attached to work and the different valued dimensions of work, the author underlines the seeming French specificity and the difficulty to explain it. According to the considered surveys, the French people declare more than other Europeans that work is very important, like the intrinsic interest of work and in the same time, that they wish to see the importance of work diminishing in the society and in their life. If surveys based on subjective statements cannot give a completely accurate information on the nature of the relation that people have with work, it is useful to complete them with interviews organized around « critical cases », as Golthorpe and his colleagues suggested at the end of the sixties, proving the ultimately instrumental dimension of work, or recently Ferreras, demonstrating the ultimately expressive dimension of work. But are such empirical devices able to prove what people really think about work? And if people are compelled to cheat in order to avoid endanger their self-esteem or if they are alienated, in the sense that Marx gave to this expression, what confidence can we give to the existing surveys, whether polls, opinion polls, large quantitative surveys, or depth interviews? Is it possible to conceive a kind of interrogation or a kind of survey able to take into account the limitations described above in order to highlight the "abnormalities" of the work? Can these surveys enable individuals to express anything other than an agreement with the existing work? Under what conditions can they become an instrument for the identification of the gap between the real and the ideal of social transformation? Is it possible to resurrect the project of the first "frankfurt school" to join knowledge and social transformation?

Vendramin P., Méda D. (2010), Les générations entretiennent-elles un rapport différent au travail ?, SociologieS

À partir d'une recherche européenne, cet article rend compte des transformations du rapport au travail, dans une perspective intergénérationnelle. Il s'intéresse en particulier à l'engagement des jeunes européens dans le travail.

Based on an European research, this paper reflects transformations of the relation to work in an intergenerational perspective. It focuses particularly on the engagement of young Europeans in work.

Méda D. (2010), Est-il possible de libérer le travail ?, Le philosophoire, 2, 34

Moulier-Boutang Y., Orléan A., Giraud G., Raveaud G., Gadrey J., Maréchal J-P., Demarigny F., Bonnand G., Karvar A., Ferrand O., Schmid L., Finchelstein G., Rachline F., Pastré O., Gherardi S., Lemaître F., Méda D. (2009), Leçons d'une crise et chantiers ouverts, Esprit, p. 147-189

Méda D. (2009), Quel progrès faut-il mesurer ?, Esprit, p. 86-118

Davoine L., Méda D. (2009), Les Français et le travail : une relation singulière, Futuribles, 351, p. 5-28

Les Français entretiennent une relation très particulière à l'égard du travail : d'une part, ils lui accordent une importance nettement plus marquée que la plupart de leurs homologues européens ; d'autre part, et paradoxalement, ils aspirent à ce que le travail occupe moins de place dans leur vie. Telle est l'image qui ressort d'une analyse croisée des résultats des diverses enquêtes françaises et internationales, portant sur les valeurs en général ou le travail en particulier, qu'ont réalisée Lucie Davoine et Dominique Méda, et dont cet article présente les principaux enseignements. Les auteurs commencent par montrer la singularité du regard des Français sur le sens et la place du travail dans leur vie, présentant au passage les différentes dimensions du travail telles qu'elles ressortent de l'analyse sociologique. Elles étudient ensuite les facteurs susceptibles d'expliquer cette importance accordée au travail, mettant en avant deux hypothèses principales : le chômage, la précarité et le sentiment d'insécurité dans l'emploi ; et les attentes plus marquées en termes d'intérêt du travail et de réalisation professionnelle. Dans un second temps, Lucie Davoine et Dominique Méda s'attachent à expliquer le paradoxe existant entre l'importance accordée par les Français au travail et leurs aspirations à en réduire la place dans leur vie. Elles avancent à cet égard deux éléments d'explication : la mauvaise qualité des conditions de travail et des relations sociales, source d'insatisfaction, et le souci des individus de consacrer plus de temps à leur vie personnelle (famille notamment) et de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale.

The French have a very peculiar relationship to work: on the one hand, they assign it distinctly more importance than most of their European counterparts; on the other - and paradoxically - they aspire to have work occupy less of a place in their lives. This is the image that emerges from a comparative analysis, carried out by Lucie Davoine and Dominique Méda, of the findings of various French and international surveys on values in general, and on work in particular. This article presents the main lessons to be drawn from their research.The authors begin by demonstrating the peculiar nature of the French view of the meaning and place of work in their lives, making reference to the various different dimensions of work as these show up in sociological analysis. They then study the factors that seem likely to explain this importance accorded to work, advancing two main hypotheses: on the one hand, the effects of unemployment and the precariousness of, and sense of insecurity within, employment; on the other, greater expectations in terms of interesting work and occupational fulfilment. Subsequently, Lucie Davoine and Dominique Méda endeavour to explain the paradoxical relation between the importance accorded to work by the French and their aspiration to reduce the part it plays in their lives. They suggest two lines of explanation for this: the poor quality of working conditions and social relations, which are a source of dissatisfaction, and individuals' concern to devote more time to their personal lives (particularly to their families) and achieve a better work-life balance.

Méda D. (2009), What new instruments are required to measure how well our societies are performing ?, Transfer, 15, 3-4, p. 377-381

Davoine L., Méda D. (2009), Quelle place le travail occupe-t-il dans la vie des Français par rapport aux Européens ?, Informations sociales, 3, 153, p. 48-55

Quelle place le travail occupe-t-il dans la vie des Européens ? Plusieurs enquêtes européennes permettent d'apporter des éléments de réponse à cette question. Elles mettent en évidence une double spécificité française : les Français affirment, plus intensément que les autres Européens, que le travail est pour eux très important. Mais plus que les autres, ils souhaiteraient que le travail prenne moins de place dans leur vie. L'article, appuyé sur les résultats d'une recherche européenne intitulée Social pattern of relation to work, menée par 6 pays européens et coordonnée par la Fondation Travail-Université, analyse les différentes dimensions de ce paradoxe.

Davoine L., Méda D. (2009), Travailler plus pour gagner plus ? Les avis partagés des Européens, Revue internationale du travail, 148, 1-2, p. 15–47

Les Européens souhaitent-ils travailler moins ou plus? Quelle place le travail devrait-il occuper, à leurs yeux, dans la société? Les enquêtes montrent qu'ils accordent une grande importance au travail, mais qu'une partie d'entre eux souhaite voir celui-ci occuper une moindre place dans leur vie. Comment expliquer ce paradoxe? Trois hypothèses sont explorées en exploitant les principaux résultats des enquêtes internationales: l'étiolement des attentes à l'égard du travail, le fossé entre ces attentes et une réalité qui n'est pas satisfaisante, et enfin la volonté de dédier plus de temps à d'autres activités. Les auteures concluent par des suggestions politiques.

Méda D. (2008), Pourquoi et comment mettre en oeuvre un modèle à « deux apporteurs de revenu/deux pourvoyeurs de soins ? », Revue française de socio-économie, 2, p. 119-139

Dans tous les pays occidentaux, les taux d'activité et d'emploi féminins ont augmenté, de même que les niveaux d'éducation des femmes. Pourtant, le temps de travail des hommes reste partout supérieur à celui des femmes, de même que leur contribution aux revenus du ménage alors que les tâches familiales et domestiques restent en revanche l'apanage des femmes. Même si le modèle strict du male breadwinner semble en voie de disparition, ainsi que la figure de la femme au foyer, plusieurs modèles de répartition des revenus et des tâches parentales coexistent dans les pays occidentaux. Mais dans aucun l'égalité réelle des contributions masculines et féminines aux responsabilités professionnelles et parentales n'est de mise. Surtout, les représentations semblent très figées : si les opinions publiques des pays occidentaux semblent accepter sans problème qu'hommes et femmes contribuent aux revenus du ménage, les réticences sont fortes à accepter un modèle à deux pourvoyeurs de soins, notamment en raison des forts préjugés qui concernent le rôle des mères vis-à-vis du jeune enfant. Un tel modèle, où pères et mères prendraient également en charge les tâches professionnelles et domestico-parentales est pourtant le seul qui pourrait garantir une véritable égalité de genre en évitant les pièges de l'emploi à tout prix. Sa mise en oeuvre suppose de renouveler profondément les politiques familiales, du temps de travail et des services, et de tirer les enseignements des limites rencontrées par les politiques publiques et d'entreprises dans certains pays de l'OCDE.

In all Western countries, women's activity and employment rates, as well as their education level, have dramatically increased. Nevertheless, men work much longer, men's wages are still higher than women's, and women carry on taking major responsibility for caring work as well. Even if the male breadwinner and female carer model has to disappear, several different patterns of paid and unpaid work are still coexisting. But none of them consists in real gender equity of working and caring. Most importantly, attitudes towards gender roles seem to be still very rigid and traditional: if European people agree with the idea that both men and women should contribute to the household income, they disagree with a dual caregiver model because they still strongly believe that mothers are meant to take care of young children. Nevertheless, the dual earner/dual carer model is the only one that promotes gender equity and avoids the trap of employment-centred model. The implementation of this model requires major new programs and policies such as a deep reform in family policies, in working time, a set of employment-enabling services, and to take into account the limits of public and company policies already implemented in some OECD countries.

Lefebvre A., Méda D. (2008), Are Nordic performances and Flexicurity closely related ?, Travail et emploi, 113, p. 133-143

Les performances nordiques - notamment danoises - en matière d'emploi mais aussi de taux de pauvreté ou d'inégalités suscitent depuis plusieurs années l'intérêt des chercheurs et des responsables politiques français. Elles sont souvent rapportées à la « flexicurité », au moins pour ce qui concerne le Danemark, et mises en relation avec l'un des composants de celle-ci, la flexibilité du marché du travail, parfois réduite à la seule faiblesse de la protection de l'emploi. Cet article cherche notamment à prendre la mesure de la flexibilité du marché du travail danoise et à la qualifier, ainsi qu'à la situer parmi d'autres formes de flexibilité et parmi les autres éléments constitutifs du « triangle d'or » danois (l'indemnisation généreuse du chômage et les politiques actives d'emploi). Il cherche aussi à voir si c'est cette même configuration qui permet de comprendre les bons résultats des autres pays nordiques. Après avoir explicité le rôle de la flexibilité du marché du travail dans les trois pays nordiques, les auteurs montrent les traits communs que présentent les politiques nordiques de sécurisation des trajectoires et formulent l'hypothèse que l'investissement social systématique des pays nordiques dans le capital humain entretient un rapport étroit avec leur réussite en matière d'emploi.

The Nordic performances - and specially the Danish success - as regards employment, but also in the field of fighting poverty and inequalities, have developed for several years the interest of the French researchers and political leaders. These results are often considered as a product of "flexicurity", at least concerning Denmark, and attributed only to one of its component, the flexibility of the labour market, sometimes limited to a low level of employment protection. This article tries to appreciate the flexibility of the Danish labour market, to define it and to position it among other forms of flexibility and other components of the "Danish golden triangle" (the generous compensation for unemployment and active employment policies). The authors also try to assess if this specific configuration makes it possible to understand the good results of other Nordic countries. After having clarified the role of the flexibility of the labour market in three Nordic countries, they identify the common features of the Nordic active employment policies to support the individual along his/her working life. They formulate the assumption that the systematic social investment of the Nordic countries in human capital is closely related to their success as regards employment.

Méda D. (2008), Un nouveau modèle social pour la gauche, L'Economie politique, 4, 40, p. 59-69

Méda D., Pailhé A. (2008), Fertility : Is there a French model ?, Japanese Journal of Social Security Policy, 7, 2, p. 31-40

Since the end of the 1990s, France is experiencing a "baby boom". In 2006, the total fertility rate was two children per woman: it is very close to the "replacement level". The article tries to explain this French specificity. Since 1996, fertility at young ages has ceased to decline and fertility at higher ages has continued to increase. One explanation of these high fertility rates is the low proportion of women without child and the fact that French women are more numerous than women from other countries among those who give birth to a first child, and to give birth to a second and to a third child. Four great reasons might explain the French singularity: the active family policy; the development of écoles maternelles; the measures to promote reconciliation between work and family and the fact that French people give great importance to the family.

Cette G., Dromel N., Méda D. (2007), Opportunity costs of having a child, financial constraints and fertility, Applied Economics Letters, 14, 4, p. 239-244

Méda D. (2007), ¿Qué sabemos sobre el trabajo?, Revista de trabajo, 4, p. 17-32

Méda D. (2006), Comment augmenter les taux d'emploi féminins ?, Connaissance de l'emploi, 27, p. 1-4

Les femmes sont entrées massivement dans le salariat à partir des années soixante-dix. Leur taux d'activité et leur niveau d'éducation n'ont cessé de croître depuis. Et pourtant, leur insertion dans l'emploi présente encore de très fortes différences avec celle des hommes, qu'il s'agisse de l'accès à l'emploi, du temps de travail, du salaire ou de la retraite. Ces écarts s'expliquent principalement par le fait que les femmes continuent d'être considérées comme les principales responsables des soins aux enfants, alors même que les dispositifs permettant la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale restent insuffisants. La systématisation de ces dispositifs rendrait possible une augmentation des taux d'emploi féminins, pour laquelle l'OCDE ou la Commission européenne font désormais pression. Mettre en place un service public de la petite enfance, reformater les congés parentaux, inciter les pères à s'investir dans la vie parentale, réorganiser le travail : autant de politiques, déjà mises en oeuvre dans les pays nordiques, qui montrent qu'un tel objectif est à notre portée.

Lefebvre A., Méda D. (2006), Le modèle nordique, Les Cahiers français, 330, p. 21-26

Senik C., Garner H., Méda D. (2006), La place du travail dans les identités, Economie et statistique, 393-394, p. 21-40

L'enquête Histoire de vie permet de mettre en évidence la place qu'occupe le travail parmi les différents éléments constitutifs de l'identité des personnes ainsi que l'importance relative que celles-ci lui accordent. Si 40 % des personnes interrogées et 54 % des actifs jugent que le travail est l'un des trois éléments qui «leur correspondent le mieux, qui permettent de les définir», il vient en seconde position loin derrière la famille. 7 % des personnes interrogées considèrent le travail comme l'élément principal de leur identité et 60 % des enquêtés ne citent pas le travail parmi les trois thèmes d'identification. Les deux tiers des actifs en emploi indiquent que pour eux «le travail est assez important, mais moins que d'autres choses». Deux effets semblent à l'oeuvre dans le fait que le travail semble concurrencé par d'autres activités, domaines de vie ou valeurs: l'un lié au travail et à ses conditions d'exercice, susceptible d'expliquer notamment la position de «retrait» des professions intermédiaires, des employés et des ouvriers, l'autre, extérieur au travail, qui met en évidence la concurrence objective dans laquelle se trouvent vie professionnelle et vie familiale, notamment pour les femmes. Les immigrés et les individus issus de l'immigration, surreprésentés dans l'enquête développent par rapport au travail une position que ces deux effets ne suffisent pas à expliquer.

The Life Story (" Histoire de vie'') survey highlights the role of work amongst the various constituent elements of personal identity and the relative importance people give it in their own identity. Although 40% of those questioned and 54% of the labour force consider work to be one of the three elements that " best defines them", it comes in second place far behind family. 7% of those questioned consider work as the main element in their personal identity, and 60% do not list work as one of the three identification themes. Two thirds of people in employment state that " work is quite important, but not as important as other things": work seems to be in direct competition with other activities, areas of life and values. There seem to be two factors at work here: one is linked to work and to working conditions, which notably helps to explain the " withdrawal" of intermediaries, white-collar workers and blue-collar workers, whilst the other is linked to life outside of work, which highlights the conflict between professionallife and family life, particularly for women. However, these two factors are not enough to explain the position of immigrants and people from immigrant backgrounds, who are overrepresented in the survey, with regard to work.

Méda D. (2005), Concilier travail et famille : deux valeurs fortes en concurrence, Informations sociales, 8, 128, p. 60-71

Le travail et la famille apparaissent dans les enquêtes comme deux valeurs structurantes de l'identité personnelle. Mais très vite, ces deux activités entrent en concurrence pour les femmes, en particulier en raison de la répartition des tâches entre hommes et femmes, et de la pénurie des modes de garde. S'ensuivent pour les femmes des inégalités professionnelles fortes. L'auteur propose des orientations à venir pour la politique familiale française, à partir notamment des résultats d'enquête sur treize pays de l'OCDE.

Wierink M., Méda D. (2005), Mixité professionnelle et performance des entreprises, un levier pour l'égalité ?, Travail et emploi, 102, p. 21-29

Méda D. (2005), Conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, les leçons des enquêtes auprès des ménages, Travail et emploi, 102, p. 57-61

Dromel N., Cette G., Méda D. (2005), Conciliation entre vies professionnelle et familiale et renoncements à l'enfant, Revue de l'OFCE, 92, p. 263-313

La question des liens entre taux d'activité féminin et fécondité a fait l'objet de débats controversés. La présente analyse vise la question des renoncements à l'enfant à partir des réponses à une enquête IPSOS-Chronopost réalisée en 2003 auprès d'environ 1 000 salariés. L'étude s'efforce de prendre en compte simultanément de multiples variables renseignées par l'enquête, pour évaluer l'influence « toutes choses égales par ailleurs » de chacune d'entre elles via l'estimation de modèles logistiques. Les résultats de l'analyse sont les suivants : les catégories qui connaîtraient le plus fréquemment les renoncements à l'enfant du fait de l'organisation de leur vie professionnelle, ou qui ressentiraient le plus fréquemment que les enfants sont un frein à la carrière professionnelle sont les jeunes, sans doute parce qu'ils sont confrontés au choix initial de leur type d'investissement ; les femmes, sans doute parce que ce sont elles qui assument la plus grosse part des tâches domestiques et familiales ; et les salariés sans enfant, sans doute du fait qu'ils sont nombreux à appréhender les difficultés de conciliation associées à la présence d'un enfant. Plus la catégorie professionnelle est élevée, et plus les salariés se déclareraient concernés par ces difficultés, sans doute parce que les potentialités de carrière sont croissantes avec la catégorie professionnelle ; mais, simultanément, une forte contrainte financière semblerait apparaître, les salariés renonçant d'autant moins à l'enfant que leur revenu est élevé. Une plus grande visibilité des horaires de travail et un temps de travail choisi plutôt que contraint paraîtraient modérer les difficultés de conciliation et pourraient atténuer en conséquence les renoncements. Enfin, parmi les salariés avec enfant(s), ceux qui signaleraient que l'organisation de la vie professionnelle influence le nombre ou le moment d'avoir des enfants, ou ceux qui signaleraient que la présence d'enfant(s) freine leur carrière professionnelle, auraient plus souvent que les autres le sentiment d'une inadaptation à leur mode de vie des rythmes de vacances ou des horaires d'ouverture des établissements scolaires.

This paper focuses on child renunciations factors, investigating the answers of nearly 1000 employees to a 2003 IPSOS-Chronopost survey. Numerous variables are taken into account simultaneously, evaluating their "caeteris paribus" influence through logistic models estimations. In a nutshell, people who frequently declare child renunciations or delayed conception moments because of working-life organisation, or feel children as a brake for career would be young people, women, without children. The higher the professional class, the more employees declare being concerned with these difficulties. Nevertheless, a finance constraint seems to hold : the higher their income, the less employees declare child renunciations. A better working-schedules visibility and a chosen working-time would moderate these difficulties. Parents declaring « renunciations » would more often face bad-adaptations of holiday-school rhythms with their life.

Cette G., Méda D., Dromel N. (2004), Les pères, entre travail et famille. Les enseignements de quelques enquêtes, Recherches et prévisions, 76, p. 7-21

Dans tous les pays, les usages du temps restent différenciés selon les sexes. Si l'écart dans les temps consacrés aux activités domestiques par les hommes et les femmes s'est réduit sur longue période, cette évolution doit peu de choses à un investissement plus fort des hommes. Cela est particulièrement vrai des tâches familiales ou du temps passé avec les enfants. L'arrivée d'un enfant affecte beaucoup moins fortement l'activité professionnelle des pères que celle des mères. Pourtant, on constate qu'une partie des pères, notamment les plus diplômés d'entre eux, développent des discours et des comportements qui se rapprochent de ceux des mères - déclarant notamment qu'ils ont réduit leur temps de travail à l'occasion de l'arrivée d'un enfant- et se plaignent également de manque de temps pour leurs enfants et de difficultés de conciliation. Les hommes sont-ils « contraints », notamment par leur engagement professionnel, de moins s'occuper des enfants que les mères, augmenteraient-ils leur investissement paternel s'ils disposaient de plus de temps ? L'expérience de la réduction du temps de travail permet d'apporter quelques réponses à cette question. Un des résultats importants est que, lorsqu'ils ont connu une réduction de leur temps de travail, les pères se sont plus occupés de leurs enfants, et ce d'autant plus que leurs conjointes travaillaient à plein temps et n'avaient pas elles-mêmes connu de RTT.

Dromel N., Cette G., Méda D. (2004), Les déterminants du jugement des salariés sur la RTT, Economie et statistique, 376-377, p. 117-151

Senik C., Garner H., Méda D. (2004), La difficile conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, Premières synthèses, 50.3, p. 1-4

Wierink M., Simon M-O., Méda D. (2003), Pourquoi certaines femmes s'arrêtent-elles de travailler à la naissance d'un enfant ?, Premières synthèses, 29.2, p. 1-6

Méda D. (2003), Manquons-nous de temps ?, Interventions économiques, 31

Les individus des sociétés développées occidentales manquent-ils objectivement et subjectivement de plus en plus de temps? (Schor, 1991; Méda et Schor, 1997) Si ces propos ont suscité, à l'époque, le débat aux États-Unis (les statistiques mobilisées par Juliet Schor avaient notamment été mises en cause par Robinson et Godbey, 1999), spécialistes des enquêtes emploi du temps aux Etats-Unis), il n'en a pas été de même en France, le poids du chômage reléguant légitimement ce genre de préoccupation aux derniers rangs. Depuis quelques années pourtant, sous l'effet de la reprise de l'emploi intervenue entre 1997 et 2000, de l'augmentation du temps de travail de certaines catégories et de la diffusion de la RTT, les enquêtes commencent à s'intéresser à ces questions et à dessiner les contours d'une population pour laquelle le manque de temps constitue un véritable problème. Loin de n'être qu'un petit inconfort personnel, qui serait l'apanage des cadres dirigeants et des wonderwomen, le sentiment de manque de temps apparaît au contraire comme le signe d'un grippage ou d'une inefficacité des mécanismes classiques de régulation, et sans doute comme une invitation à concevoir des politiques publiques capables d'aider à la mise en place d'une nouvelle concordance et d'une plus grande cohérence des différents temps individuels et sociaux.

Defalvard H., Méda D. (2003), Les mondes vécus des 35 heures, Recherches et prévisions, 74, p. 79-83

Les premières exploitations de l'enquête « Réduction du temps de travail et modes de vie », menée par la Direction de l'animation, de la recherche, des études et des statistiques (ministère de l'Emploi et de la Solidarité) en 2001, avaient donné une première idée du jugement de salariés sur les 35 heures : à la question relative aux effets de la RTT sur leur vie quotidienne, les salariés ont répondu à 59 % que la RTT l'avait plutôt améliorée, à 13 % qu'elle l'avait plutôt dégradée et à 28 % qu'elle n'avait rien changé pour eux. Mais les réponses à la question ouverte qui permettait aux salariés d'expliciter leur jugement apportent une image plus précise et plus nuancée des changements induits dans leur vie quotidienne, au travail et hors travail. Elles permettent notamment de mieux comprendre pourquoi les 35 heures ont sans doute été le plus appréciées sur la vie familiale.

Perret B., Jany-Catrice F., Sharpe A., Méda D. (2003), Débat sur l'Indice du bien-être économique, Travail et emploi, 93, p. 75-111

Orain R., Méda D. (2002), Transformations du travail et du hors travail : le jugement des salariés sur la réduction du temps de travail, Travail et emploi, 90, p. 23-38

A partir d'une enquête menée auprès de 1618 salariés à temps complet connaissant une RTT depuis au moins un an, on décrit les évolutions des pratiques « hors travail » des salariés. Elles sont mises en rapport avec les évolutions de leur travail et leurs caractéristiques professionnelles, personnelles et familiales, et avec les jugements qu'ils expriment. Les salariés ayant des enfants de moins de douze ans, et particulièrement les femmes, ont plus « profité » de la réduction du temps de travail que les autres, lorsque sa mise en place n'a pas trop dégradé les conditions de travail ou l'organisation du temps de travail.

Guillemot D., Dumontier F., Méda D. (2002), L'évolution des temps sociaux au travers des enquêtes, Economie et statistique, 352-353, p. 3-13

L'enquête Emploi du temps (EDT), dans sa version 1998-1999, a été élaborée par l'Insee avec la collaboration scientifique et financière de la Dares et du Commissariat général du Plan. Quatrième d'une série initiée en 1967, cette enquête s'appuie sur une méthode de collecte originale : les personnes interrogées ont décrit dans un carnet ce qu'elles ont fait au cours des 24 heures d'une de leurs journées décomposée en périodes de 10 minutes. Ces activités ont été ensuite codées dans une nomenclature détaillée en 199 postes. Au niveau le plus agrégé, on distingue « quatre temps [qui] viennent scander la journée des Français » (Dumontier et Pan Khé Shon, 1999) : le temps « physiologique » consacré à dormir, se laver, manger, etc. ; le temps de travail professionnel ou d'études ; celui consacré aux travaux domestiques tels que le ménage, la lessive, les courses, etc. ; et le temps des loisirs qui comprend les promenades, la télévision, la pratique d'un sport, lecture, etc.

Méda D. (2002), Le capital social : un point de vue critique, L'Economie politique, 14, p. 36-47

La notion de capital social est entrée très récemment dans le débat public : véritablement développée par Putnam en 1995 puis 2000, la notion est reprise par l'OCDE dans son rapport sur le bien-être des nations. Il s'agit pour ce rapport de mettre en évidence que le capital humain et le capital social sont des facteurs importants à prendre en compte dans les analyses, non seulement parce qu'ils contribuent à la croissance économique (notamment dans une « société du savoir ») mais aussi parce qu'ils sont des éléments essentiels du bien-être, objectif du développement des sociétés développées au même titre que la croissance économique. Néanmoins, la notion de capital social mobilisée dans ce rapport (celle de Putnam) reste relativement limitée, et ne permet donc pas d'aller plus loin dans une réflexion qui prendrait en compte le capital social comme patrimoine de la société à faire fructifier. Dans cette mesure mieux vaut sans doute reprendre une notion voisine, développée par les américains et les canadiens (Miringoff et Osberg et Sharpe) : celle d'état social de la nation.

Méda D. (2001), Quelques notes pour en finir (vraiment) avec la « fin du travail », La Revue du MAUSS, 18, p. 71-78

L'auteur nous montre que ce n'est pas parce que le besoin de travail (et de salaire ...) devient de plus en plus prégnant qu'il faut accepter de subsumer toutes les activités sociales sous la catégorie du travail, et qu'il faut cesser de poser les vraies questions : comment mieux articuler les temps sociaux ? Comment rééquilibrer les temps de travail entre chômeurs, temps partiels subis, statuts précaires avec tous ceux qui bénéficient de statuts stables ? Comment rééquilibrer les investissements de travail entre hommes et femmes ?

Méda D. (2001), Pour de nouveaux indicateurs de richesse, Cahiers du Management

Méda D. (2001), Centralité du travail, plein emploi de qualité et développement humain, Cités, 8, p. 21-33

Orain R., Estrade M-A., Méda D. (2001), Les effets de la réduction du temps de travail sur les modes de vie : qu'en pensent les salariés un an après ?, Premières synthèses, 56, p. 1-8

Méda D. (2000), Le plein-emploi de qualité : une figure du bien commun, L'Economie politique, 8, p. 6-32

Lurol M., Godechot O., Méda D. (1999), Des actifs à la recherche d'un nouvel équilibre entre travail et hors-travail, Premières synthèses, 20.1, p. 1-12

Méda D. (1996), New perspectives on work as value, International Labour Review, 135, 6, p. 633-643

Considers the role of work in society, tracing the historical process by which it dominates individual and social time and space and examines how the concept of work has developed since the eighteenth century. Looks at how work has formed the basis of the social contract, and that having work is seen as the primary condition for belonging to society. Debates whether work is an appropriate vehicle for personal fulfilment or primarily the means to an end, and that if remuneration was removed whether fulfilment would continue to depend exclusively on work. Addresses the economic view that increasing production is good in itself in meeting unsatisfied needs, arguing that growth indicators and welfare indicators become confused and inappropriately combined; comments on the beliefs of a number of economists such as Smith, Marx and Hegel. Concludes with a discussion centred around the notion of a fully active society by which everyone should have access to political, productive and cultural activities in addition to private activities involving friendship, family and emotional ties and the concept of full employment.

Méda D. (1996), Une mise en perspective de la valeur travail, Revue internationale du travail, 135, 6, p. 693-704

La conception du travail et la place primordiale qu'il a prise dans les sociétés occidentales sont des constructions de l'histoire plus qu'une expression de l'essence de l'homme. Charger le seul travail - serait-ce sous l'appellation ambiguë d'activité - de créer et maintenir le lien social c'est se soumettre au type de lien social, fondé sur l'échange marchand, que promeut l'économie. C'est également reléguer au second plan la question qui doit d'abord occuper le philosophe comme le citoyen, celle de la bonne société, c'est-à-dire des finalités de la vie en société, de la nature de la richesse sociale et de la répartition des biens premiers (dont le travail) la plus susceptible de promouvoir la cohésion sociale.

Méda D. (1996), L'ambiguité d'un revenu minimum inconditionnel, La Revue du MAUSS, 7, p. 169-173

Ouvrages

Wieviorka M., Sibaud L., Cousin O., Bigi M., Méda D. (2014), Travailler au XXIe siècle : des salariés en quête de reconnaissance, Paris, R. Laffont, 315 p.

Le travail est-il un instrument d'aliénation ou de progrès ? Dans un contexte de crise permanente, dont les grands marqueurs sont le chômage de masse, la pénibilité et la perte de sens, le travail peut-il encore être une expérience heureuse ? Tandis que s'effacent les repères de l'ère industrielle (organisation « scientifique » de la production, poids politique de la classe ouvrière), Travailler au XXIe siècle donne la parole aux salariés et revisite le concept classique de reconnaissance. Comment le travail, au-delà de sa dimension lucrative, peut-il être source de prestige et de gratification personnelle ? Forts de trois ans d'enquête et d'entretiens avec des salariés, des syndicalistes et des cadres dirigeants, les auteurs explorent la réalité complexe du monde de l'entreprise aujourd'hui en France et montrent les vertus de la reconnaissance au travail.

Méda D. (2013), La mystique de la croissance : comment s'en libérer, Paris, Flammarion, 264 p.

Alors que les pays occidentaux font face à une crise économique et sociale d'une extrême gravité, responsables politiques et experts attendent le salut du seul retour de la croissance. Pourtant si celle-ci revenait, elle contribuerait sûrement à aggraver la menace écologique à laquelle le monde est confronté. Comment sortir de cette contradiction ? En comprenant pourquoi et comment nous sommes devenus des « sociétés fondées sur la croissance ». En tirant toutes les conséquences du caractère anachronique et pervers des indicateurs - tel le PIB - qui sont devenus nos fétiches. En mettant au coeur de l'action publique ce qui compte pour inscrire nos sociétés dans la durée. La reconversion écologique est le seul moyen de maintenir des conditions de vie authentiquement humaines sur terre, de permettre à tous d'accéder à l'emploi et de changer le travail. Elle suppose de rompre avec une partie de nos croyances, liées à l'avènement de la modernité : le caractère intrinsèquement bon de la maximisation de la production, le progrès confondu avec l'augmentation des quantités, la passion de l'enrichissement personnel... Elle exige aussi de mettre un terme à la prétention de l'économie à décrire seule le monde que nous voulons.

Méda D. (2013), Travail : la révolution nécessaire, La Tour-d'Aigues, Éd. de l'Aube, 95 p.

Vendramin P., Méda D. (2013), Réinventer le travail, Paris, Presses universitaires de France, 258 p.

Y a-t-il vraiment eu en France une dégradation de la valeur travail ? Les jeunes sont-ils aujourd'hui moins bien disposés à l'égard du travail que les autres tranches d'âge ? Qu'en est-il du rapport au travail des différentes générations, des hommes et des femmes, des Français et des Européens ? Cet ouvrage présente à la fois une histoire longue de notre rapport au travail et un voyage dans sa diversité et ses transformations. À l'aide des données issues d'entretiens et des enquêtes européennes, il éclaire les attentes que les individus placent sur le travail - attentes de plus en plus expressives, avec l'espoir d'un possible épanouissement par le travail - et la contradiction de plus en plus vive entre ces attentes et les conditions concrètes du travail et de l'emploi. Est-il finalement possible de réconcilier l'ethos contemporain du travail, porté notamment par les femmes et les jeunes, et des organisations de plus en plus soumises aux impératifs de rentabilité et de productivité, en proposant un projet européen fondé sur la qualité de l'emploi ?

Méda D. (2011), Travail : la révolution nécessaire, La Tour-d'Aigues, Ed. de l'Aube, 92 p.

Comment rendre le travail soutenable ? Si nous voulons vraiment que le travail remplisse toutes les attentes qui pèsent sur lui, particulièrement fortes en France, alors il nous faut tout repenser : cesser de faire du PIB notre veau d'or, rompre avec les raisonnements qui mettent l'augmentation de la rentabilité et des cadences au centre, reconsidérer notre conception du progrès, préférer la qualité à la quantité, changer la définition de l'entreprise... et mettre le travail décent et la possibilité de s'exprimer dans son travail au coeur de notre projet social. Mais le travail est-il aujourd'hui capable de répondre à toutes ces attentes ? Devons-nous changer nos désirs, ou l'ordre du monde ? Pouvons-nous à la fois civiliser le travail et accepter que la sphère de la production n'occupe pas le tout de nos vies ?

Méda D. (2010), Le travail, Paris, Presses universitaires de France, 127 p.

Le développement du chômage l'a montré : travailler est une norme. Dans nos sociétés occidentales, le travail est le principal moyen de subsistance mais aussi une part essentielle des occupations de chacun. L'ordre social s'organise autour de lui. En a-t-il toujours été ainsi ? Assiste-t-on, aujourd'hui, avec la réduction du temps de travail, à une remise en cause de sa valeur ? Va-t-on vers de nouvelles formes de travail ? En croisant les regards historiques et philosophiques avec les résultats des enquêtes sociologiques et économiques les plus récentes, cet ouvrage interroge notre rapport au travail et, battant en brèche les idées reçues, nous invite à repenser sa nature ainsi que la place qu'il prend dans nos vies.

As the increase in unemployment has proved, work is a norm. In our Western societies, work is the principal means of subsistence but also an essential part of each individual's occupation. The social order is organised around it. Has this always been the case? With the shorter working week in France today, are we seeing the value of work being put into question? Are we moving toward new forms of work? Combining historical and philosophical viewpoints with the findings of the latest sociological and economic surveys, this book examines our relation to work, and, setting aside all preconceived ideas, invites us to rethink the nature of work and the place it occupies in our lives.

Méda D. (2010), Le travail : une valeur en voie de disparition ?, Paris, Flammarion, 395 p.

Paru en 1995 sous un titre qui suscita la polémique, Le Travail. Une valeur en voie de disparition a été perçu comme un manifeste contre le travail et une prophétie annonçant le déclin de la valeur travail. Le débat qui s'est alors ouvert, auquel fut associé, notamment, Jeremy Rifkin, ne s'est depuis plus refermé. Dominique Méda y revient, quinze ans plus tard : la valeur travail s'est-elle dégradée ? Faut-il réhabiliter le travail ? Est-ce la fin du travail ? Elle précise les raisons pour lesquelles le débat auquel elle invitait alors - comprendre si le travail peut ou non, en régime capitaliste, devenir une oeuvre à la fois individuelle et collective - n'a pas pu avoir lieu. Cet ouvrage démontre, en mobilisant les principaux textes philosophiques et l'histoire des idées politiques, comment le travail est devenu une valeur centrale. Il invite à remettre sur le métier la question lancinante du rôle que tiennent l'échange économique et le travail dans la fabrique du lien social. Il propose enfin une voie pour permettre à tous les membres de la société, hommes et femmes, d'accéder non seulement au travail - un travail décent ou soutenable -, mais aussi à l'ensemble de la gamme des activités, qu'elles soient amicales, politiques, parentales ou de développement personnel, qui constituent le bien-être individuel et social.

Méda D. (2009), L'Etat prévoyant : quelles origines, quelles significations ?, Paris, Fondation Jean Jaurès, 66 p.

A l'heure où la droite démantèle pan après pan un Etat providence jugé archaïque, tandis que déferlent les lames de la crise mondiale la plus grave depuis 1929, la gauche lutte, partout en Europe, pour la mise en place d'un nouvel Etat social. Préventif parce que prévoyant, anticipateur parce qu'investisseur, cet Etat soulève deux questions : en quoi et pourquoi fait-il aujourd'hui consensus au sein de la gauche ? Sur quels nouveaux piliers faut-il le bâtir ?

Méda D. (2008), Le temps des femmes : pour un nouveau partage des rôles, Paris, Flammarion, 233 p.

Il y a presque dix ans, Dominique Méda faisait le constat suivant : les femmes françaises travaillent de plus en plus, mais les institutions, les mentalités ne se sont pas encore adaptées à cette nouvelle réalité sociale. Qu'en est-il aujourd'hui ? Le «temps des femmes» est-il enfin advenu ? Pour la sociologue, le constat est, hélas, préoccupant. Les inégalités professionnelles entre hommes et femmes ont cessé de se réduire, l'écart des salaires reste significatif (près de 25 %), le temps partiel - qu'il soit choisi ou subi - concerne majoritairement les femmes, lesquelles, par ailleurs, accèdent toujours aussi peu aux postes de responsabilité. Pourquoi cette piètre performance de la France ? Comment expliquer cette résistance à des changements que d'autres pays - nos voisins nordiques par exemple - ont menés avec succès ? Que faire pour relancer une dynamique qui paraît d'autant plus grippée qu'elle ne relève pas de «l'urgence» sociale ? Dominique Méda en appelle à une véritable révolution mentale : il faut inciter les hommes à s'impliquer davantage dans la prise en charge des enfants, déspécialiser les rôles - notamment pour les tâches ménagères -, et reconnaître que certaines activités, jugées peu productives comme tout ce qui touche au care, au soin d'autrui, sont une richesse pour notre pays. Cette révolution est à notre portée.

Méda D. (2008), Au-delà du PIB : pour une autre mesure de la richesse, Paris, Flammarion, 276 p.

Au début de l'année 2008, alors que les revendications relatives au pouvoir d'achat s'intensifiaient, le président de la République, Nicolas Sarkozy, déclara que l'indice du PIB (Produit intérieur brut) était inapte à représenter les évolutions économiques et sociales, et qu'il était urgent d'élaborer d'autres indicateurs de croissance. À cette fin, il chargea deux prix Nobel d'économie, Amartya Sen et Joseph Stiglitz, de constituer une commission. La réflexion sur les limites de PIB comme critère de mesure du bien-être ne date pourtant pas d'hier. Voilà déjà trente ans outre-Atlantique, puis plus précisément depuis les années 1990, que le débat est lancé. En France, la sociologue Dominique Méda en a fait l'un des axes fondateurs de ses travaux. Dès 1999, dans Qu'est-ce que la richesse ?, elle remarquait que le PIB n'est affecté ni par la montée de la violence, ni par le développement des inégalités ou l'altération de l'environnement - et, inversement, n'est pas valorisé en cas d'accroissement constant du niveau d'éducation ou d'amélioration de l'état de santé de la population. Et de conclure : « Si ce qui importe, c'est ce qui est productif, comment donner de la valeur à des activités qui ne sont productives de rien, seulement de relation, de sens, de qualité de vie ? » À l'heure où le mot d'ordre du gouvernement en place est « Travailler plus pour gagner plus », cette réflexion, on s'en doute, revêt une acuité toute particulière...

Périvier H., Méda D. (2007), Le deuxième âge de l'émancipation : la société, les femmes et l'emploi, Paris, Seuil, 110 p.

Les Françaises conjuguent un haut niveau d'emploi et une fécondité enviée par beaucoup. Mais les moyennes nationales cachent en réalité une situation dégradée. Leur taux d'activité est toujours inférieur à celui des hommes, leurs emplois de moindre qualité, leurs rémunérations plus faibles, leur temps de travail plus réduit, et elles restent en charge de l'essentiel des tâches domestiques et familiales. Il y a là non seulement une évidente injustice, mais aussi une lourde hypothèque sur notre avenir collectif. Plus de femmes en emploi, ce serait moins de pauvreté, des comptes sociaux plus équilibrés et des investissements d'éducation enfin valorisés. Ce livre propose d'examiner les conditions d'organisation économique et sociale susceptibles de donner aux femmes les moyens de leur liberté. Il dessine ainsi un « deuxième âge de l'émancipation », profitable à l'ensemble de la société.

Lefebvre A., Méda D. (2006), Faut-il brûler le modèle social français ?, Paris, Seuil, 153 p.

Chômage élevé, précarité, intégration en panne, inégalités entre hommes et femmes, tout semble se conjuguer pour entamer le moral des Français. Entraînés dans la globalisation, ils doutent d'eux-mêmes, des politiques et de leur modèle social, au moment où ils devraient construire avec vingt-quatre autres pays le modèle social européen auquel ils aspirent. Leur faudra-t-il progressivement se résigner au modèle libéral, dont on vante tant l'efficacité ? Ce n'est pas une fatalité, car il existe en Europe un modèle à la fois compétitif et solidaire, dont les performances impressionnent d'autant plus qu'elles nourrissent une réelle cohésion sociale : celui des pays nordiques. Il est grand temps de faire alliance avec ces États qui partagent notre idéal et de développer ensemble une Europe économiquement puissante et solidaire, autour de droits sociaux renforcés et d'un nouveau type d'État providence pour le XXIe siècle.

Méda D. (2000), Qu'est-ce que la richesse ?, Paris, Flammarion, 423 p.

Nous vivons les yeux rivés sur le taux de croissance du Produit Intérieur Brut, comme si celui-ci suffisait à faire de nous des sociétés vraiment riches. Indifférent à la manière dont sont répartis les biens, les services, les revenus et les acquis, le PIB n'est affecté ni par la montée de la violence ni par le développement des inégalités ou l'altération de l'environnement, pas plus qu'il ne le serait par l'accroissement constant du niveau d'éducation, la facilité d'accès à des services publics de qualité, l'amélioration générale de l'état de santé de la population ou la promotion d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes. Si ce qui importe, c'est ce qui est productif, comment donner de la valeur à des activités qui ne sont productives de rien, ou seulement de relation, de sens, de qualité de vie ? Cette question est particulièrement importante au moment où s'opère une réduction de la durée légale du travail, activité productive par excellence. Si les femmes, sur lesquelles pèsent aujourd'hui les contradictions de notre société, parviennent à promouvoir une autre organisation des temps sociaux, alors peut-être pourrons-nous expérimenter des modes de partage et des types de richesse plus modernes, plus démocratiques et plus civilisés. Ce livre a obtenu le prix Synapsis-CRC-Mutations et Travail 1999.

Schor J., Méda D. (1997), Travail : une révolution à venir, Paris, Mille et une nuits, 71 p.

Méda D. (1995), Le travail : une valeur en voie de disparition, Paris, Aubier, 358 p.

Direction d'ouvrages

Bernard S., Méda D., Tallard M. (2016), Outiller les parcours professionnels. Quand les dispositifs publics se mettent en action, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang

Comment évaluer les politiques publiques du travail et de l'emploi ? Quels sont les facteurs explicatifs de leur réussite ou de leur échec ? Cet ouvrage explore des dimensions trop souvent ignorées des décideurs et qui sont pourtant décisives : ambivalence réelle ou supposée des dispositifs, insuffisante prise en compte des effets des politiques sur les identités professionnelles, le métier ou les conditions d'exercice du travail, mauvaise anticipation du processus d'appropriation par les bénéficiaires, etc.Cet ouvrage traite des effets de dispositifs variés destinés à orienter les carrières ou à équiper les parcours professionnels : gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, validation des acquis de l'expérience, travail en douze heures, etc. Il s'intéresse également aux réorganisations du travail de ceux qui mettent en oeuvre les politiques publiques de l'emploi et à leurs effets sur les modes de traitement des usagers.L'ambition des auteurs est donc de se donner les moyens d'analyser les recompositions, reformalisations, requalifications, et les effets en chaîne, y compris les moins mesurables, entraînés par l'apparition de nouveaux dispositifs ou de nouvelles modalités d'action publique.

Bernard S., Méda D., Tallard M., Collectif de chercheurs de 7 laboratoires C. (2014), Les dispositifs publics en action. Vers une sécurisation des parcours professionnels et personnels ?, Rueil-Malmaison, Editions Liaisons

Schwartz Y., Légeron P., Krauze J., Méda D. (2012), Quel travail voulons-nous ? La grande enquête, Paris, Éd. des Arènes, 231 p.

Dans leur grande majorité, les Français aiment travailler, même s'ils souffrent des conditions d'exercice de leur métier. C'est cette expérience que Radio France a voulu recueillir en donnant la parole à ses auditeurs. Pour qu'ils expriment leurs satisfactions, leurs attentes, mais aussi leurs déceptions. Près de 6 000 personnes ont pris la plume pour raconter leur histoire et proposer de nouvelles manières de vivre le travail. Ce livre est le miroir de cette enquête sans précédent. Une sociologue, un psychologue et un philosophe ont tour à tour commenté les résultats et esquissé des pistes pour améliorer le travail. Un syndicaliste et un chef d'entreprise se sont efforcés de replacer le débat dans le contexte économique actuel. Les textes des grands philosophes font écho à ces cahiers de rêves et de doléances.

Flacher D., Coutrot T., Méda D. (2011), Pour en finir avec ce vieux monde : les chemins de la transition, Paris, Utopia, 276 p.

Crise économique, crise écologique, crise sociale, crise démocratique et plus profondément crise du sens : nos sociétés subissent les conséquences d'un développement insoutenable et inégalitaire issu de l'idéologie néolibérale qui s'est répandue dans le monde ces trente dernières années. Mais au-delà de ce constat de plus en plus partagé et sur lequel nous ne nous attarderons pas, cet ouvrage vise à montrer pourquoi et comment il est possible d'adopter un mode de développement radicalement différent, non obsédé par la croissance. Comment passer d'une économie des quantités à une économie de la qualité ? Peut-on penser une prospérité sans croissance, avec quelles nouvelles définition et répartition des richesses ? Comment faire de la contrainte écologique une extraordinaire occasion de transformer le système économique et les rapports de travail pour que chacun accède à un travail décent ? Dans la transition vers ce nouveau monde, quels rôles peuvent jouer le système éducatif, la relocalisation des activités, le revenu d'existence, les coopératives, le revenu maximum, la reconnaissance de biens communs mondiaux ? Autant de questions abordées par des auteurs issus d'horizons théoriques et disciplinaires très divers, dont certains sont des théoriciens étrangers reconnus. Auteurs qui tous ressentent l'impérieuse nécessité de défricher ces nouvelles voies en abordant de près la question des transitions, afin de dessiner les chemins qui pourraient nous permettre de dépasser le capitalisme et ainsi nous rapprocher d'un monde soutenable. Utopie ? Moins que de prétendre pouvoir moraliser, réguler ou verdir à moindres frais ce capitalisme prédateur. Les auteurs ici rassemblés n'ont pas une vision unique d'un nouveau modèle de société ni des moyens d'y parvenir. Mais ils partagent la conviction qu'aucune fatalité ne condamne l'humanité à détruire son habitat social et terrestre, à condition qu'elle reconnaisse les limites que lui impose la nature et qu'elle mobilise l'immense potentiel innovateur de son intelligence collective. La vocation de cet ouvrage est de tracer des pistes pour nourrir le débat et susciter l'action.

Serverin E., Gomel B., Méda D. (2009), L'emploi en ruptures, Nanterre, Presses universitaires de Paris-Ouest, 259 p.

De tous les contrats portant sur le travail pour autrui, le contrat de travail subordonné est celui qui a été le plus anciennement et le plus continûment réglementé. Situées au coeur des conflits d'intérêt entre employeurs et salariés, les dispositions relatives à la rupture ont régulièrement constitué un point focal des interventions étatiques et conventionnelles. Dans le contexte actuel d'une accélération des destructions d'emplois, l'observation des règles et des pratiques de rupture devient impérative, tant pour prendre la mesure des choix effectués par les entreprises que pour évaluer leurs conséquences sur le devenir des emplois et des formes productives. Cet ouvrage présente les contributions élaborées et discutées au cours d'un séminaire qui a réuni juristes, sociologues et économistes en 2007-2008, autour du thème de la rupture du contrat de travail et des évolutions législatives des dernières années (CNE, loi de modernisation, etc.). L'ouvrage poursuit également un objectif théorique, en montrant l'intérêt d'une approche pluridisciplinaire qui articule étroitement les analyses juridiques et les observations empiriques sans se borner à les juxtaposer.

Serverin E., Méda D. (2008), Le contrat de travail, Paris, La Découverte, 122 p.

Le contrat de travail est une convention par laquelle une personne s'engage à mettre son activité à la disposition d'une autre moyennant rémunération. Depuis une dizaine d'années, les critiques se sont concentrées sur les règles qui encadrent sa rupture. Selon certains économistes, la procédure de licenciement serait trop lourde, trop longue, trop coûteuse. Elle freinerait l'adaptation des entreprises françaises à la nouvelle donne mondiale. Elle serait contournée par le recours à des contrats à durée limitée. En bref, elle devrait être profondément réformée. Ce sont ces affirmations que le présent ouvrage veut mettre à l'épreuve : de quelles données disposons-nous aujourd'hui pour analyser les effets de la législation sur la rupture du contrat de travail ? Quels usages les entreprises font-elles des différents contrats de travail et des procédures de licenciement ? Quels sont les avantages et les risques des différentes propositions de réforme sur le contrat de travail et le licenciement ? Le CEE veut apporter sa contribution au débat en confrontant les points de vue d'économistes, de juristes, de sociologues, de statisticiens, d'origines et d'opinions diverses.

Besse G., Auer P., Méda D. (2005), Délocalisations, normes du travail et politique d'emploi? : vers une mondialisation plus juste ?, Paris, La Découverte, 282 p.

La mondialisation et les délocalisations qui l'accompagnent sont-elles à l'origine des pertes d'emploi et de la dégradation des conditions de travail ? Toutes les analyses économiques réfutent cette idée, lorsqu'elles prennent en compte les effets d'ensemble au niveau national ou global et de long terme. Mais ce qui compte, pour les personnes directement concernées, c'est l'impact local et immédiat qui alimente la souffrance et la colère de ceux qui ont été licenciés. Cet ouvrage, qui rassemble les contributions d'économistes, de sociologues et de juristes spécialistes des questions internationales, fait le point sur ce paradoxe : la mondialisation de l'économie a amélioré les positions des pays impliqués dans son développement et elle a globalement réduit la pauvreté, mais elle ressemble de plus en plus à un monstre qui dévore les emplois parce qu'il n'existe pas de mécanismes de compensation entre gagnants et perdants. Les auteurs décortiquent ici les transformations récentes du travail et du commerce international. Ils font également le point sur les gains et les pertes d'emploi associés à la mondialisation et, surtout, ils proposent la mise en place de nouvelles politiques de compensation, fondées sur des normes et des droits pour les salariés, susceptibles d'accompagner les restructurations, et de rendre la mondialisation plus juste.

Vennat F., Méda D. (2004), Le travail non qualifié : permanences et paradoxes, Paris, La Découverte, 426 p.

En France, cinq millions de salariés, soit plus de 20 % de l'emploi total, occupent des emplois non qualifiés. S'agit-il pour autant de salariés sans qualités ni compétences ? « Dernier wagon de l'emploi », ils occupent les postes dont les conditions de travail sont les plus difficiles et les emplois les plus précaires. Leurs salaires sont parmi les plus bas, alors que nombre d'entre eux détiennent des diplômes, sont expérimentés ou ont une forte utilité sociale. Alors que la disparition de l'emploi non qualifié était, dans les années 1980, quasiment programmée, comment expliquer sa recrudescence au début des années 1990 ? Est-ce le signe d'une régression sociale ? Est-ce le résultat d'une politique adaptée au maintien de l'emploi et à l'embauche de salariés menacés par le chômage ? Pour répondre à ces questions, économistes, sociologues et statisticiens explorent dans ce livre le contenu de ces emplois, le profil des salariés et leurs trajectoires. Ils étudient les politiques d'emploi et l'effet des allègements de cotisations sociales. Ils décrivent le jeu des acteurs qui a présidé à l'émergence de cette catégorie. Derrière l'hétérogénéité de ces emplois, ils mettent en évidence tout à la fois leur permanence, la question de la reconnaissance des qualifications et du rôle de la formation. L'ouvrage invite à pointer l'enjeu politique de cette question : est-il possible d'atteindre les objectifs européens de qualité de l'emploi et d'économie de la connaissance, tout en favorisant le développement d'emplois peu qualifiés ?

Clerc D., Brunhes B., Méda D. (2001), Trente-cinq heures : le temps du bilan, Paris, Desclée de Brouwer, 157 p.

La réduction à 35 heures de la durée hebdomadaire du travail est l'une des réformes phares du gouvernement Jospin. A-t-elle réellement contribué à la diminution du chômage ? Quel est son impact sur les relations professionnelles et le droit du travail ? Comment les entreprises se sont-elles adaptées ? Travailler moins longtemps est-ce toujours synonyme de mieux vivre ? Ces questions seront au coeur du débat politique dans les mois et les années qui viennent. En s'appuyant sur l'ensemble des données disponibles et leur expérience personnelle, quatre des meilleurs experts des problèmes d'emploi tentent ici d'apporter des réponses aussi complètes et objectives que possible. De leurs réflexions émerge un bilan nuancé où les réussites côtoient les zones d'ombre. Le gouvernement peut se prévaloir d'avoir atteint l'essentiel de ses objectifs immédiats, notamment en terme de créations d'emplois. Mais des incertitudes demeurent sur l'effet économique à moyen terme des 35 heures. Les auteurs soulignent également l'inégalité des travailleurs face à la réduction du temps de travail et plaident pour une politique des temps sociaux qui prenne davantage en compte l'hétérogénéité des situations et des conditions de travail.

Méda D. (1998), El trabajo : un valor en peligro de extinción, Barcelone, Gedisa, 287 p.

Méda D., Lenoir D., Daniel C., Bolot-Gittler A., Join-Lambert M-T. (1997), Politiques sociales, Paris, Presses de Sciences po, 717 p.

Chapitres d'ouvrage

Bernard S., Méda D., Tallard M. (2016), Introduction, in S. Bernard D. (dir.), Outiller les parcours professionnels. Quand les dispositifs publics se mettent en action, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang

Méda D. (2015), En finir avec la croissance ?, in Agnès Sinaï . (dir.), Économie de l'après-croissance : politiques de l'Anthropocène II, Paris, Presses de Sciences Po, p. 29-48

Méda D. (2014), Quality of employment : an alternative to flexicurity?, in Serrano A., Keune M. (eds), Deconstructing flexicurity and developing alternative approaches?: towards new concepts and approaches for employment and social policy, New York, Routledge, p. 173-196

Méda D. (2014), La rupture conventionnelle sécurise-t-elle les trajectoires professionnelles ?, in Bernard S., Boussard V., Paola V. (dir.), Les dispositifs publics en action : vers une sécurisation des parcours professionnels et personnels ?, Rueil-Malmaison, Ed. Liaisons, p. 179-195

Gomel B., Méda D. (2014), L'accompagnement vers l'emploi. Une enquête à Paris, in Gomel B., Eydoux A. (dir.), Apprendre (de l'échec) du RSA? : la solidarité active en question, Rueil-Malmaison, Ed. Liaisons, p. 217-229

Méda D. (2014), Can prosperity be disentangled from growth?, in Cassiers I. (eds), Redefining Prosperity, Oxon, Routledge, p. 6-21

Méda D. (2013), Place et sens du travail : quel travail voulons-nous ?, in Largier A., Aubert J-P. (dir.), La SNCF en réflexion : ouverture à la recherche et débats, Paris, L'Harmattan, p. 169-182

Jany-Catrice F., Méda D. (2013), Bien-être et richesse des nations : comment les compter ?, in Préau M., Florin A. (dir.), Le bien-être, Paris, l'Harmattan, p. 15-33

Méda D. (2013), Quand les personnes accordent beaucoup d'importance au travail et à la famille..., in Lourel M., Closon C. (dir.), L'interface vie de travail-vie privée? : questions en chantier, Paris, l'Harmattan, p. 77-112

Méda D. (2011), Peut-on dénouer les liens entre prospérité et croissance ?, in Cassiers I. (dir.), Redéfinir la prospérité? : jalons pour un débat public, La Tour-d'Aigues, Ed. de l'Aube, p. 25-48

Delay B., Bureau M-C., Méda D. (2010), How do Socio-Organisational Systems Support Competition or Synergies between Age Groups? A French perspective, in Vendramin P. (eds), Generations at Work and Social Cohesion in Europe, Bruxelles, Frankfurt-am-main, p. 131-162

Méda D. (2010), De quoi nos sociétés sont-elles riches ?, in Wieviorka M. (dir.), L'argent, Auxerre, Ed. Sciences humaines

Méda D. (2010), Les jeunes ont-ils un rapport spécifique au travail ?, in Vultur M., Mercure D. (dir.), Perspectives internationales sur le travail des jeunes, Laval, Presses de l'Université de Laval

Davoine L., Méda D. (2010), The Importance and Meaning of Work in Europe : Trends and Differences between Countries, in Vendramin P. (eds), Generations at work and social cohesion in Europe, Bruxelles, P. Lang, p. 47-69

Méda D. (2009), Les conditions d'une paternité active, in Nicole-Drancourt C. (dir.), Conciliation travail-famille : attention travaux, Paris, l'Harmattan, p. 181-188

Treillet S., Méda D. (2009), Pour un travail émancipateur : entretien croisé avec, in Autain C. (dir.), Post-capitalisme : imaginer l'après, Vauvert, Au diable Vauvert

Serverin E., Méda D., Gomel B. (2009), Ruptures du contrat de travail, ruptures d'emploi. Perspectives pluridisciplinaires, in Méda D., Serverin E., Gomel B. (dir.), L'emploi en ruptures, Paris, Presses universitaires de Paris-Ouest, p. 1-19

Gomel B., Méda D. (2009), Le CNE : une première expérience française de flexibilisation du CDI, in Méda D., Serverin E., Gomel B. (dir.), L'emploi en ruptures, Paris, Presses universitaires de Paris-Ouest, p. 37-52

Trancart D., Georges N., Méda D. (2009), Horaires de travail des couples, satisfaction et conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, in Solaz A., Pailhé A. (dir.), Entre famille et travail : des arrangements de couples aux pratiques des employeurs, Paris, la Découverte, p. 55-78

Legendre F., Méda D. (2009), Potenziale entwickeln und ihre Nutzung sicherstellen: Anmerkungen zum französischen Weg in der Kindererziehung.,, Voneinander lernen - miteinander handeln : Aufgaben und Perspektiven der Europäischen Allianz für Familien, Baden-Baden, Nomos, p. 143-157

Remillon D., Garner H., Larquier G., Méda D. (2009), Carrière et rapport au travail : une distinction de genre ?, in Ville I., Samuel O., Guérin-Pace F. (dir.), En quête d'appartenances : l'enquête Histoire de vie sur la construction des identités, Paris, INED, p. 71-89

Tremblay D., Sylvain A., Cette G., Méda D. (2009), Articulation entre les vies professionnelle et familiale : une analyse des écarts de taux d'activité entre la France et le Canada, in Tremblay D-G., Barrère-Maurisson M-A. (dir.), Concilier travail et famille : le rôle des acteurs France-Québec, Québec, Presses de l'Université du Québec, p. 127-168

Clerc D., Méda D. (2009), Emploi et travail chez André Gorz, in Fourel C. (dir.), André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle, Paris, la Découverte, p. 99-122

Méda D. (2009), Trabajo, identitad,, Trabajo, subjetividad y ciudadanía : paradojas del empleo en una sociedad en transformación, Madrid, CIS, p. 139-173

Wong M., Delay B., Davoine L., Méda D. (2007), View from France, in Vendramin P. (eds), Generational approach to the social patterns of relation to work, Luxembourg, Office for Official Publications of the European Communities, p. 47-66

Dromel N., Cette G., Méda D. (2006), RTT et satisfaction des salariés, in Terssac G., Thoemmes J. (dir.), Les temporalités sociales : repères méthodologiques, Toulouse, Octarès éd.

Garner H., Méda D. (2006), La place du travail dans l'identité des personnes, in Charpin J-M., Insee . (dir.), Données sociales? : la société française, Paris, Insee, p. 623-630

Le travail est, après la famille, l'un des composants essentiels de l'identité. La place et l'importance que lui accordent les individus dépendent néanmoins très fortement de leur catégorie socioprofessionnelle et de leur situation familiale. Si, pour les cadres et les indépendants, le travail est une activité très importante, vecteur d'épanouissement et de réalisation personnels, cela est beaucoup moins le cas pour les employés et ouvriers, notamment peu qualifiés. Si le fait d'avoir des enfants relativise l'importance accordée au travail pour l'ensemble des hommes et des femmes, cela est beaucoup plus vrai des femmes non cadres, pour lesquelles la présence d'enfants rend difficile la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Elles peuvent, dès lors, être conduites au retrait d'activité.

Méda D. (2006), Dialogue autour de la place du travail, in Hubault F. (dir.), Le stable, l'instable et le changement dans le travail, Toulouse, Octarès éd., p. 23-37

Méda D. (2005), La conciliation emploi-famille et les temps sociaux, in Tremblay D-G. (dir.), De la conciliation emploi-famille à une politique des temps sociaux, Sainte-Foy (Québec), Presses de l'Université du Québec, p. 13-34

Méda D. (2005), Concilier travail et famille, in Sullerot E., Godet M. (dir.), La famille, une affaire publique, Paris, la Documentation française, p. 309-324

Méda D. (2004), Vers une flexibilité soutenable et négociée ?, in Beaujolin-Bellet R. (dir.), Flexibilités et performances? : stratégies d'entreprises, régulations, transformations du travail, Paris, La Découverte, p. 203-215

Méda D. (2003), Propos statistique, sociologique et philosophique, in European women lawyers association ., Association française des femmes juristes . (dir.), L'égalité entre femmes et hommes et la vie professionnelle? : le point sur les développements actuels en Europe, Paris, Dalloz

Méda D. (2000), Travail et temps sociaux: pour une nouvelle articulation, in Tremblay D-G., Terssac G. (dir.), Où va le temps de travail ?, Toulouse, Octarès éd., p. 65-81

Communications

Ôsawa M., Méda D. (2014), Hommes et femmes entre travail et famille en France et au Japon : où en est-on ?, Conférence de séminaire des jeunes chercheurs en SHS, Maison Franco-Japonaise, Tokyo, Japon

Equilibrer activité professionnelle et vie de famille est un désir de plus en plus exprimé parmi les jeunes générations, femmes comme hommes. Le partage des tâches au sein du foyer est devenu, dans tous les pays développés, un enjeu associé à la possibilité de réussite professionnelle des deux conjoints, mais également à la question du désir d'enfants, et donc de la natalité. Il est donc au coeur des questions démographiques les plus brûlantes pour nos sociétés. Les intervenants s'appuieront sur des données historiques et statistiques pour considérer l'activité féminine et masculine en France et au Japon aujourd'hui. Ils analyseront les raisons les plus souvent évoquées pour expliquer les différences d'activité (choc de l'arrivée d'un enfant, insuffisance de modes de garde, difficultés du partage des tâches au sein des couples, insuffisance des politiques d'entreprises), et émettront quelques propositions pour l'avenir.

Gomel B., Méda D. (2014), Le RSA, un outil de sécurisation des trajectoires professionnelles ?, Trajectoires professionnelles et dispositifs publics en action, Paris, France

Gordon J., Jenson J., Fudge J., Coiquaud U., Méda D. (2014), Les nouvelles frontières de la citoyenneté au travail, Colloque international du CRIMT 2014, Montréal, Canada

Méda D. (2014), Faut-il de nouvelles sciences pour penser la transition écologique ?, Penser l'écologie politique, Paris, France

Méda D. (2014), Il était une fois le PIB, Forum Changer l'économie "Faut-il dire adieu à la croissance?", Rennes, France

Le PIB est devenu une sorte de divinité des économistes. S'il baisse, on s'affole. S'il monte, on se réjouit. Pourtant, cet indicateur n'est qu'une convention. Produit d'une histoire particulière où se mêlent l'obsession pour la production et l'invention de la comptabilité nationale, il est loin d'être parfait... Et il y a bien d'autres manières de mesurer la richesse.

Méda D. (2013), Sur quelles représentations fonder la transition écologique ?, 1er Congrès interdisciplinaire du développement durable : quelle transition pour nos sociétés ?, Namur, Belgique

Méda D. (2012), Cadres, professions intellectuelles et professions intermédiaires face aux nouvelles idéologies et pratiques managériales, XIXè congrès des Sociologues de langue française : Penser l'incertain, Rabat, Maroc

Gomel B., Méda D. (2011), 80 % des allocataires du RSA en parcours emploi, une innovation ?, IVème Congrès de l'Association française de Sociologie, Grenoble, France

Jany-Catrice F., Méda D. (2010), Les conditions sociales de la production du rapport Stiglitz sur "les indicateurs de performance économique et de progrès social", XXXes journées de l'Association d'économie sociale, Charleroi, Belgique

Depuis plusieurs décennies, les indicateurs dominants la formation du jugement sur le progrès ont été régulièrement interrogés. Cependant, en une poignée d'années seulement, les principales critiques autour du PIB ont gagné en audience pour être validées par l'expertise internationale dans un rapport intitulé « commission sur les indicateurs de performance économique et de progrès social », et remis, par Joseph Stiglitz, au Président de la République française en septembre 2009. Cette communication vise à présenter une analyse critique des principales faiblesses internes et externes qui peuvent être opposées à ce rapport. Cette analyse ne vise pas tant les limites du PIB que les propositions alternatives ou complémentaires qui sont fournies par le rapport. La critique interne se penche sur les choix épistémologiques et économiques qui ont fondé les principales propositions. Ces choix structurent le format des indicateurs, et sont aussi l'expression d'une vision du monde. La critique externe se fonde plutôt sur les conditions sociales de production du rapport et en particulier sur la prise en main par l'expertise de ces questions relevant de choix de société. Elle fournit aussi une analyse des processus d'institutionnalisation possibles de « nouveaux indicateurs » de progrès et richesse.

From several decades now, dominant indicators used in the judgment of progress have been frequently questioned. And the major criticisms towards the limits of GDP as tool of wellbeing have recently gained in audience and have been recently validated by the international expertise in a famous Stiglitz Report on indicators on economic performance and social progress in September 2009. This contribution aims at presenting a critic analysis of internal and external major weaknesses that can be opposed to this Report, especially on the alternative proposals suggested. The internal critic is oriented towards the economic and epistemological choices that have founded the major proposals. These choices structure the form of the indicators and are also the expression of a world vision. The external criticism is based instead on the social condition of production of the Report and in particular on the takeover by the expertise of these matters regarding social choice. It also provides an analysis of the possible process of institutionalization of "new indicators" of progress and wealth.

Méda D. (2010), Les résistances à la mise en place d'un modèle à deux pourvoyeurs de revenu/deux pourvoyeurs de soins, Égalité hommes / femmes et articulation travail / famille : vers un nouveau modèle, Paris, France

Méda D. (2009), Le rapport des jeunes au travail est-il spécifique?, Les jeunes et le travail : perspectives internationales, Montréal, Canada

Les jeunes entretiennent-ils avec le travail un rapport spécifique? Leurs attentes sont-elles plus fortes, différentes de celles des plus âgées, et si oui, qu'est-ce qui est imputable à l'âge et à la génération? La communication s'appuiera sur les travaux réalisés dans le cadre d'un programme de recherches européen coordonné par la Fondation Travail Université et intitulé : Social Patterns to relation to Work. Elle présentera des résultats d'exploitations d'enquêtes européennes et françaises sur le rapport au travail et à l'emploi et d'entretiens menés en France et dans d'autres pays européens.

Méda D. (2009), Qu'en est-il de l'égalité femmes/hommes ?, « Les carrières scientifiques et technologiques des femmes et des hommes » : temps privés, temps professionnels ; politiques publiques et d'entreprises, Paris, France

Méda D. (2008), Societal progress facing equality, Construire ensemble des indicateurs locaux pour le progrès sociétal, Rennes, France

Méda D. (2008), La place du travail dans l'identité, Regards croisés sur le travail : histoires et théories, Orléans, France

Méda D. (2002), Les nouveaux rapports au temps, Université des CAF, Caen, France

Documents de travail

Méda D. (2012), Redefining Progress in Light of the Ecological Crisis, The Veblen Notes, Paris, Institut Veblen, 8

This text is drawn from a talk given on October 2 on the occasion of the inauguration of the chair in "Ecological Reconversion, Work, Employment and Social Policy" at the Collège d'Études Mondiales, in collaboration with the University of Paris-Dauphine.

Méda D. (2012), Redéfinir le progrès à la lumière de la crise écologique, Working Papers Series, Paris, Maison des sciences de l'homme, 14

Le texte constitue un extrait de la conférence inaugurale de la Chaire « Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales » du Collège d'études mondiales, mise en place par la Fondation Maison des sciences de l'homme en coopération avec l'Université Paris Dauphine. Même si elles n'aiment pas dépendre des hypothèses ou des résultats de recherche des sciences de la Nature, les sciences humaines et sociales sont aujourd'hui mises au défi de penser les transformations radicales que nous révèlent celles-ci : d'abord pour comprendre comment l'homme a pu se muer en véritable agent géologique capable de détruire le caractère habitable de la planète, ensuite pour savoir dans quelle mesure nous pouvons faire confiance aux disciplines traditionnelles pour dessiner les contours du monde que nous voulons, enfin pour éclairer les voies de résolution de ce qui est bien plus qu'une crise. Le texte revient sur les raisons qui ont fait de la production le principal lieu d'expression de nos sociétés et du Produit Intérieur Brut leur principal critère de performance avant de s'interroger sur les enjeux du développement d'autres manières de représenter « ce qui compte ».

Jany-Catrice F., Méda D. (2011), Le rapport Stiglitz et les écueils de l'expertise : quels indicateurs de richesse ?, les Chantiers, Paris, Institut pour le développement de l'information économique et sociale, 9

Publié il y a un an et demi, le rapport de la Commission Stiglitz sur la « mesure des performances économiques et du progrès social » a permis de réelles avancées, en reconnaissant officiellement les limites du PIB. Mais les propositions formulées sont beaucoup plus critiquables et témoignent d'une prise en main par l'expertise de questions relevant pourtant en partie de choix de société fondamentaux.

Gomel B., Méda D. (2011), The RSA (Active Solidarity Income), Innovation or Technocratic Reform ? The First Lessons of a Local Study, Documents de travail du CEE, Noisy-le-Grand, Centre d'études de l'emploi, 39

L'étude constitue une contribution à l'analyse et à l'évaluation du revenu de solidarité active (RSA), institué par la loi du 1er décembre 2008 et mis en oeuvre à partir de juin 2009. Les auteurs reviennent dans une première partie sur les intentions des promoteurs de cette réforme, à partir du texte de la commission Familles, vulnérabilités, pauvreté, réunie en 2005 par le président d'Emmaüs, Martin Hirsch. Ils rappellent le diagnostic proposé par celle-ci, l'échec du RMI, sa principale recommandation, mettre en place une prestation qui apparaît comme une innovation radicale, et ses ambitions, supprimer les effets de seuil et rendre le système plus lisible pour les bénéficiaires. La seconde partie analyse la mise en oeuvre de cette politique dans le département de Paris où se sont déroulées l'observation et la recherche entre mars 2010 et juin 2011. S'intéressant à la manière dont les gestionnaires du dispositif ont interprété le texte de loi pour construire le processus d'instruction des demandes de RSA et d'orientation des allocataires du RSA et dont les différents partenaires font fonctionner ce dispositif, les auteurs s'interrogent sur les choix initiaux qui ont présidé au « design » de la prestation, notamment sur l'orientation prioritaire des allocataires vers Pôle emploi et la séparation stricte entre parcours professionnel et parcours social. Cette étude constitue un des premiers éléments d'une investigation plus large, réalisée sur plusieurs départements, et ne prendra donc tout son sens qu'au terme d'un processus comparatif.

The study is a contribution to the analysis and evaluation of the RSA (Active Solidarity Income), established by the Act of December 1st 2008 and implemented since June 2009. In the first part of the paper, the authors analyse the intentions of the promoters of the reform. They study the text of the Commission "Families, Vulnerability, Poverty" convened in 2005 by the president of Emmaüs, Martin Hirsch. They highlight its diagnosis: the failure of the RMI (Minimum Integration Income); its main recommendation: establish a social allowance that appears as a radical innovation and its ambitions: remove threshold effects and make the system more transparent for the beneficiaries. In the second part, the authors analyse the implementation of this policy in the department of Paris where the observation and research took place between March 2010 and June 2011. They study how the administrators of the RSA have interpreted the text of the Act in order to develop the instruction and guidance processes towards the RSA beneficiaries, and how the different people involved implement the measure. The authors then question the initial choices that led to the "design" of the RSA, notably the decision to first and foremost direct the beneficiaries towards Pôle emploi (the French equivalent of the job centres) and to strictly separate professional and social trajectories. This study is part of a wider investigation that has been carried out in several departments so that it will reveal its full meaning once the comparative process is over.

Trancart D., Georges N., Méda D. (2010), Working hours and Work-Life Balance Satisfaction in Couples, TEPP Working paper, TEPP - Travail, Emploi et Politiques Publiques, 21

Davoine L., Méda D. (2008), Importance and Meaning of Work in Europe: a French Singularity, Document de travail, Noisy-le-Grand, Centre d'Etudes de l'Emploi (CEE), 117

L'examen des données françaises et européennes montre que les Français entretiennent un rapport singulier au travail. Plus encore que les autres européens, les Français déclarent en effet que le travail est très important dans leur vie, mais plus que les autres, ils souhaitent que le travail prenne moins de place dans leur vie. Comment expliquer ce paradoxe ? L'objectif premier de ce travail est de comprendre la diversité des perceptions en Europe et de proposer des interprétations qui permettraient d'avancer dans la résolution de ce paradoxe. L'originalité de ce travail provient en partie de la confrontation des résultats des diverses enquêtes françaises et internationales sur ces questions, qui restent aujourd'hui épars et peu diffusés. Dans un premier temps, nous analysons les déterminants de l'importance accordée au travail et les sens que peut revêtir cette notion. Deux hypothèses sont mobilisées pour expliquer les réponses des Français : d'une part, le taux de chômage élevé, la prégnance de l'emploi précaire et un fort sentiment d'insécurité de l'emploi ; d'autre part, les attentes plus fortes à l'égard de l'intérêt du travail. Les Français, se distinguent en effet par des attentes de réalisation dans le travail plus intenses que celles de leurs voisins européens. Dans une seconde partie nous tentons de comprendre pourquoi les Français considèrent que ce serait une bonne chose que le travail occupe une place moins grande dans leur vie. Cette situation peut s'expliquer par la moindre qualité des relations sociales en France, ou par des conditions de travail et d'emploi dégradées, mais aussi par le souci des individus de consacrer plus de temps à leur vie personnelle et surtout de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Les Français sont d'ailleurs ceux qui déclarent le plus souvent éprouver des difficultés de conciliation, et des tensions entre les deux sphères. Nous soulignons également, tout au long de l'article, que les réponses moyennes des pays ne doivent pas occulter la grande diversité des opinions, liées notamment à la catégorie socioprofessionnelle et à la situation familiale.

International and European data shows the singularity of the French people's relation to work. More than other Europeans, the French people declare that work is very important in their life, and, in the mean time, that they wish to see the importance of work diminishing in the society. How can we explain this paradox? Understanding the diversity of work values in Europe and, in particular the peculiar situation of France is the main objective of this article. The originality of this work relies in particular in the comparison of the results from different international and national surveys that have been little disseminated or scattered separately. In a first section, we disentangle the many meanings of work importance. Two hypotheses can explain the French situation: on the one hand, high unemployment rate and a strong feeling of job insecurity makes work an essential concern. On the other hand, French people distinguish themselves by higher expectations regarding the intrinsic interest of work and the possibility of self-fulfilling through work. The second section suggests hypotheses to explain why French wish to see the importance of work diminishing in the society. This whish is partly the results of the dysfunctions of French labour market and work organisations: bad social relations, dissatisfaction with working and employment conditions. This whish also reveals a more positive desire of spending more time with family and reconciling work and personal life. Besides, more than others, the French people declare that they suffer from tensions between the different spheres of life. Throughout the article, we emphasized not only differences between countries, but also the differences inside countries, according to the family status and the occupation.

Davoine L., Méda D. (2008), Place et sens du travail en Europe : une singularité française ?, Document de travail, Noisy-le-Grand, Centre d'Etudes de l'Emploi (CEE), 107

L'examen des données françaises et européennes montre que les Français entretiennent un rapport singulier au travail. Plus encore que les autres européens, les Français déclarent en effet que le travail est très important dans leur vie, mais plus que les autres, ils souhaitent que le travail prenne moins de place dans leur vie. Comment expliquer ce paradoxe ? L'objectif premier de ce travail est de comprendre la diversité des perceptions en Europe et de proposer des interprétations qui permettraient d'avancer dans la résolution de ce paradoxe. L'originalité de ce travail provient en partie de la confrontation des résultats des diverses enquêtes françaises et internationales sur ces questions, qui restent aujourd'hui épars et peu diffusés. Dans un premier temps, nous analysons les déterminants de l'importance accordée au travail et les sens que peut revêtir cette notion. Deux hypothèses sont mobilisées pour expliquer les réponses des Français : d'une part, le taux de chômage élevé, la prégnance de l'emploi précaire et un fort sentiment d'insécurité de l'emploi ; d'autre part, les attentes plus fortes à l'égard de l'intérêt du travail. Les Français, se distinguent en effet par des attentes de réalisation dans le travail plus intenses que celles de leurs voisins européens. Dans une seconde partie nous tentons de comprendre pourquoi les Français considèrent que ce serait une bonne chose que le travail occupe une place moins grande dans leur vie. Cette situation peut s'expliquer par la moindre qualité des relations sociales en France, ou par des conditions de travail et d'emploi dégradées, mais aussi par le souci des individus de consacrer plus de temps à leur vie personnelle et surtout de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Les Français sont d'ailleurs ceux qui déclarent le plus souvent éprouver des difficultés de conciliation, et des tensions entre les deux sphères. Nous soulignons également, tout au long de l'article, que les réponses moyennes des pays ne doivent pas occulter la grande diversité des opinions, liées notamment à la catégorie socioprofessionnelle et à la situation familiale.

International and European data shows the singularity of the French people's relation to work. More than other Europeans, the French people declare that work is very important in their life, and, in the mean time, that they wish to see the importance of work diminishing in the society. How can we explain this paradox? Understanding the diversity of work values in Europe and, in particular the peculiar situation of France is the main objective of this article. The originality of this work relies in particular in the comparison of the results from different international and national surveys that have been little disseminated or scattered separately. In a first section, we disentangle the many meanings of work importance. Two hypotheses can explain the French situation: on the one hand, high unemployment rate and a strong feeling of job insecurity makes work an essential concern. On the other hand, French people distinguish themselves by higher expectations regarding the intrinsic interest of work and the possibility of self-fulfilling through work. The second section suggests hypotheses to explain why French wish to see the importance of work diminishing in the society. This whish is partly the results of the dysfunctions of French labour market and work organisations: bad social relations, dissatisfaction with working and employment conditions. This whish also reveals a more positive desire of spending more time with family and reconciling work and personal life. Besides, more than others, the French people declare that they suffer from tensions between the different spheres of life. Throughout the article, we emphasized not only differences between countries, but also the differences inside countries, according to the family status and the occupation.

Wierink M., Achin C., Méda D. (2005), Mixité professionnelle et performance des entreprises, le levier de l'égalité, Document d'études, 138

Minault B., Méda D. (2005), La sécurisation des trajectoires professionnelles, Document d'études, 41

Cette G., Dromel N., Méda D. (2005), Opportunity Costs of Having a Child, Financial Constraints and Fertility, Notes d'études et de recherche, Paris, Banque de France, 17

La théorie économique suppose souvent l'influence simultanée sur la fécondité d'effets de coûts d'opportunité de l'enfant et d'effets de contrainte financière. La présente analyse vise à tester l'existence simultanée de ces deux types d'effets à partir des réponses à une enquête originale réalisée en 2003 auprès d'environ 1000 salariés français et renseignant sur leur renoncement à un ou des enfants supplémentaire(s). L'analyse statistique est réalisée avec une approche « toutes choses égales par ailleurs » via l'estimation de modèles logistiques. Les résultats des estimations apportent une forte confirmation à la présence simultanée de ces deux types d'effets.

Economic theory often assumes that the opportunity costs of having a child and financial constraints have a simultaneous but opposite influence on fertility. This empirical paper aims to test the concomitance of these effects using the answers to an original survey carried out in 2003 amongst nearly 1,000 French employees, giving information about the impact of their working schedule on the number of children they intend to have. The statistical analysis, based on a "ceteris paribus" approach using Logit estimates, strongly confirms the simultaneous presence of these two explanatory dimensions.

Senik C., Garner H., Méda D. (2005), La place du travail dans l'identité, Document d'études, 40

Dromel N., Cette G., Méda D. (2003), Les déterminants du jugement des salariés sur la RTT, Document d'études, 34

Trimouille F., Saint-Martin A., Lerais F., Klein T., Kerbouch J-Y., Estrade M-A., Beaujolin R., Méda D. (2002), Cohésion sociale emploi et compétitivité : éléments pour un débat, Document d'études, 82

Développement économique et développement social entretiennent des rapports complexes, ils ne sont pas contradictoires mais simultanés et d'une certaine manière se déterminent l'un l'autre. C'est du moins la position qui a longtemps été soutenue, à tel point que ces deux dimensions essentielles ont souvent été résumées par un seul indicateur, la croissance du revenu national dont devait nécessairement découlé une amélioration du bien-être de la société. Toutefois, les nombreuses discussions autour de la construction d'indicateurs sociaux et les interrogations sinon les mises en garde récurrentes sur le poids des dépenses sociales sur la croissance, montrent que le lien entre développement économique et développement social est loin de pouvoir être ainsi résumé. Ce travail s'inscrit dans ce questionnement général et fournit des premiers éléments de réflexion sur les relations entre compétitivité économique et performances sociales.

Estrade M-A., Méda D. (2002), Principaux résultats de l'enquête RTT et modes de vie, Document d'études, 93

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