Curriculum vitae

Sécail Claire

Chargé de recherche CNRS
IRISSO

claire.secailping@dauphinepong.fr

Biographie

Claire Sécail est chargée de recherche CNRS à l’IRISSO, Université Paris Dauphine, membre de l’équipe LCP (Campus IPJ). Ses recherches portent sur les médias et la communication comme facteurs de fonctionnement des systèmes politiques. Ses travaux menés depuis 2001 examinaient la question des représentations médiatiques du crime et des institutions pénales (police, justice) ainsi que des pratiques journalistiques dans le cadre de l’information criminelle et judiciaire. Cette réflexion, qui concernait à l’origine des événements de type « faits diversiers » sont désormais étendus aux phénomènes d’attentats et aux questions de terrorisme. Ses autres centres d’intérêts incluent la question des rapports entre médias et politique. En particulier, elle étudie, dans le cadre de travaux sur la médiatisation des campagnes électorales, le rôle et la médiatisation des meetings politiques, compris à la fois comme dispositifs stratégiques de communication et espaces médiatiques à part entière.

Publications

Articles

Sécail C. (2016), Un fait divers dans la « chaleur et le bruit ». Le meurtre de Toufik Ouannes à la télévision (9 juillet 1983), Hommes & migrations, 1313, p. 63-72

Au mois de juillet 1983, un fait divers tragique endeuille une cite de la Courneuve et fait la une des medias. Si l'emotion suscitee par le meurtre de Toufik Ouannes, 10 ans, est grande, les explications du geste du tireur, un habitant de la cite qu'indisposait le bruit ce soir-la, sont loin d'etre unanimes. Plusieurs recits cohabitent dans le traitement mediatique de ce crime. Si son caractere raciste ne sera pas avere, il temoigne des tensions sociales recurrentes dans les quartiers populaires face auxquelles se mobilise le pouvoir politique.

Sécail C. (2016), Les meetings de la présidentielle 2012. Un dispositif technique et stratégique pour faire campagne, Politiques de communication, 7, p. 79-109

La dynamique de la campagne présidentielle de 2012 a très largement reposé sur une convergence entre les efforts - notamment financiers - des principaux candidats pour mettre en scène des meetings conçus comme de véritables démonstrations de force politique et l'intérêt croissant des journalistes pour ces grands rassemblements dans le contexte d'un écosystème médiatique élargi depuis l'arrivée des chaînes d'information continue et des réseaux sociaux. Journalistes et responsables politiques ont ainsi, de façon conjuguée, contribué à renouveler ce rituel historique de mobilisation des citoyens en l'adaptant comme dispositif technique et outil stratégique pour faire ou suivre la campagne. Nous présentons ici les résultats d'une enquête de terrain menée lors de la campagne présidentielle de 2012, au cours de laquelle nous avons étudié, du 22 janvier au 4 mai 2012, 18 meetings des six principaux candidats ainsi que leur médiatisation (presse écrite, télévision). Il s'agit d'établir dans quelle mesure le meeting, à travers les usages qu'en ont fait les candidats, peut se déployer à la fois comme technique de campagne et s'envisager comme un espace médiatique à part entière dans lequel interagissent acteurs politiques, journalistiques et publics citoyens.

The dynamics of the 2012 presidential campaign has significantly been based on the combined efforts from, on the one side, the leading candidates to stage political rallies designed as a sign of strength and, on the orther side, the growing interest of journalists for these events in the context of the expansion of the media system through growth of 24/7 news channels and social media. Journalists and politicians thus have helped to reshape this ritual which was previously mainly focused on the mobilization of party members into a broader campaign device regarding both its technical and strategic features. This paper presents the results of a field research conducted during the 2012 presidential campaign. From January to May 2012, we studied eigtheen political rallies of the six main candidates and their media coverage (print press, TV). We analyse to what extent the uses of rallies by candidates can be understood as a campaign technique as well as a media sphere where political actors, journalists and voters interact.

Bourdaa M., Konsman J., Sécail C., Venturini T., Veyrat-Masson I., Gonon F. (2015), Does Television Reflect the Evolution of Scientific Knowledge? The Case of Attention Deficit Hyperactivity Disorder Coverage on French Télévision, Public Understanding of Science, 24, 2, p. 200-209

Biomedical findings mature from uncertain observations to validated facts. Although subsequent studies often refute initial appealing findings, newspapers privilege the latter and often fail to cover refutations. Thus, biomedical knowledge and media reporting may diverge with time. Here we investigated how French television reported on three scientific questions relative to attention deficit hyperactivity disorder (ADHD) from 1995 to 2010: i) is ADHD mainly genetic in origin, ii) does methylphenidate treatment decrease the risk of academic underachievement, and iii) are brain imaging techniques able to reveal ADHD in individual patients? Although scientific evidence regarding these questions has evolved during these 16 years, we observed that nine out of ten TV programs broadcast between 2007 and 2010 still expressed only opinions against the current scientific consensuses. The failure of TV programs to reflect the evolution of the scientific knowledge might be related to a biased selection of medical experts.

Mansier P., Méadel C., Sécail C. (2015), Santé à la Une, Le Temps des médias : revue d'histoire, 23, p. 6-12

La visibilité des questions de santé n'a pas cessé de croître à mesure que se diversifiaient les supports médiatiques. Des premiers Almanachs et magazines littéraires du xviiie siècle aux applications des smartphones du xxie siècle, ce dossier du Temps des médias - dont le titre renvoie à la pionnière des émissions médicales de la télévision - veut interroger la spécificité de l'information de santé et mettre en perspective, à la lumière de la longue durée, les relations complexes qu'entretiennent le monde de la santé et celui des médias.

Sécail C. (2015), Se saisir d'une émotion morale pour interroger le contrôle du médicament. L'affaire de la thalidomide à la télévision française à partir du procès de Liège (1962), Le Temps des médias. Revue d'histoire, 23, p. 96-113

Entre 1954 et 1962, la thalidomide, un tranquillisant recommandé aux femmes enceintes, est à l'origine de milliers de naissances d'enfants atteints de graves malformations. En 1962, ce scandale sanitaire internationalisé engendre un fait divers, avec le procès, à Liège, de parents belges accusés d'avoir euthanasié leur bébé. Le scandale n'a pas touché la France où le médicament n'a pas été commercialisé. Mais les Français se sont ému du drame des « enfants monstres ». En 1962, deux émissions de télévision - un magazine scientifique et un reportage de société - se saisissent de l'émotion collective pour interroger les procédures de contrôle du médicament et dégager les responsabilités médicales, scientifiques, industrielles et administratives. Mobilisant le concept dual de l'éthique wébérienne, cet article cherche à examiner dans quelle mesure la télévision a pu sensibiliser les publics français aux risques liés à ces médicaments nés « d'une science nouvelle » et conduire une réflexion morale sur le progrès médical et ses revers.

Between 1954 and 1962, a sedative commonly prescribed to pregnant women causes thousands of serious birth defects. In 1962, the scandal came to headlines with the trial, in Liege, of Belgian parents accused of the euthanasia of their child. Thalidomide had not been commercialized in France, yet the French were moved by the tragedy of the "monster children". That same year, two television broadcasts (one scientific program and a human interest report) capitalize on the collective sentiment to challenge the control procedures of medications, and define industrial, scientific, medical and administrative responsibilities. This article relies on the dual concept ofWeberian ethics to study how television was able to alert the French public to the risks caused by the medications born of "a new science", as well as to lead a moral questioning of medical progress.

Sécail C. (2012), The Crime Story : Reporting Crime and Its Political Uses in French TV News (1949-2012), Critical Studies in Television: The International Journal of Television Studies, 7, 2, p. 72-91

Since the emergence of television, crime news has increasingly acquired a prominent place in contemporary public debate. These stories have gone from being minor news items to the main headline. This article retraces that historic shift as a complex articulation between first the expansion of crime stories in the news, and the transformation of political power (speeches, communication strategies, penal measures) that seeks to fulfill its regal mission of protecting citizens.

Sécail C. (2012), L'essor du fait divers criminel à la télévision française (1950-2010), L'information psychiatrique, 88, 1, p. 51-60

Du silence des années 1950 à la prolifération des faits divers dans les années 2000, c'est tout un demi-siècle d'histoire qu'il convient de retracer pour comprendre, au-delà des faits divers eux-mêmes, certaines évolutions sociales, politiques, culturelles et médiatiques qui se sont opérées dans la société française.

Sécail C. (2010), Du compte rendu au reportage : les formes de la chronique judiciaire à la télévision (1958-2008), Les Cahiers du Circav, 21, 1, p. 47-64

Sécail C. (2010), In Cold Blood de Truman Capote. Histoire médiatique d'une fiction multiple et de ses résurgences (1959-2007), Le Temps des médias. Revue d'histoire, 14, p. 124-141

D'un fait divers de 1959, Truman Capote tire un « roman-vérité » qui devient un best-seller mais doit faire face aux critiques des mondes judiciaire et littéraire. La polémique s'enfle jusqu'en France où les plus grands écrivains pourtant ont travaillé à partir de faits divers. Tourné en 1966, le « film réaliste » (et surtout politiquement engagé) adapté par Richard Brooks relance les débats sur les relations entre réalité et fiction. Depuis 2005 enfin, une adaptation en bande dessinée et deux films de long métrage ont eu pour ambition de dévoiler les ressorts de la construction de l'oeuvre de Capote.

Of a true story that took place in 1959, Truman Capote made a best-selling "faction" that soon faced both criticism from a legal standpoint and attacks from the literary world. The controversy reached France, where the greatest writers had however extensively worked from news stories. Shot in 1966, Richard Brooks's "realist" motion picture, with its clear political agenda, revives the debate on the relations between reality and fiction. Since 2005, a graphic novel adaptation and two feature length movies have attempted to unveil the makings of Capote's work.

Sécail C. (2010), De la loi du 6 décembre 1954 au rapport Linden (2005) : vers le retour des caméras dans le prétoire ?, Le Temps des médias. Revue d'histoire, 15, p. 269-284

La loi du 6 décembre 1954, visant à interdire la radiodiffusion, la télévision et la photographie des débats judiciaires, traduisait le souci du Législateur de restaurer l'autorité de l'institution et d'oeuvrer à l'entreprise de moralisation des moeurs de la société française. Mais le voile pudique consenti par les professionnels des médias s'est mué en véritable entrave à mesure que l'image télévisuelle devenait hégémonique dans l'espace public. Comment concilier la dignité de la justice et le besoin de transparence attendu dans une société démocratique ? La loi a donc connu quelques assouplissements dans les années 1980, sans pour autant qu'une ré­flexion collective ne soit menée. En 2005, un rapport de la commission Linden, laissé lettre morte, tentait de clarifier les enjeux institutionnels et culturels sur la question d'une éventuelle réintroduction des caméras dans les prétoires.

The law of December 6th 1954 banning radio and television broadcast as well as photography of court debates, aimed at restoring the authority of the legal institution and at raising the moral standards of the French society. However, the chaste veil once agreed upon by the media soon turned into a barrier, as television and its need for images gained an incontrovertible status in the public space. How would the need for transparency of a democracy accommodate itself of the dignity of justice ? The law became more flexible in the 1980s - without, however, any collective consultation. A report of the Linden Committee, still in abeyance, attempted in 2005 to clarify the institutional and cultural stakes of a possible return of cameras into the French courts.

Ambroise-Rendu A-C., Sécail C., Villez B. (2010), Justice(s). Présentation, Le Temps des médias. Revue d'histoire, 15, p. 6-12

La curiosité et les attentes des citoyens français ou étrangers à l'égard de leurs institutions judiciaires semblent s'être profondément renouvelées au cours des derniers siècles, comme stimulées par le développement de l'activité médiatique, lui-même indissociable d'une demande croissante de transparence à l'égard des affaires publiques. L'émergence des médias de masse au XIXe siècle et la diversification des supports au XXe siècle apportent, certes, l'explication la plus évidente de l'intérêt séculaire des citoyens pour la chose judiciaire. Mais il faut aussi compter avec le recours croissant de ces mêmes citoyens à une justice d'Etat qui, depuis le XVIIIe siècle, se fait progressivement plus accessible et plus lisible. Les phénomènes décisifs que l'histoire met à jour ont stimulé la médiation entre les individus et leur justice, favorisant ainsi les mises en scène et en images de l'institution. Analyser en historien(ne) les rapports souvent complexes mais toujours intéressants que la justice entretient avec les médias - et réciproquement -, c'est donc interroger l'une des modalités de fonctionnement des sociétés, qu'elles soient d'Ancien régime ou contemporaine. Si les conflits de représentations et de pratiques qui caractérisent les relations entre les médias et la justice persistent aussi durablement, c'est bien qu'il existe dans cette articulation entre le judiciaire et le quatrième pouvoir un enjeu politique et citoyen de taille.

Sécail C. (2009), L'écriture télévisuelle au risque de la loi : la fiction criminelle, Le Temps des médias. Revue d'histoire, 13, p. 154-170

Depuis le début des années 2000, la programmation soutenue de fictions adaptées de faits réels posent de plus en plus de problèmes juridiques à leurs auteurs, producteurs et diffuseurs et place le magistrat devant des questionnements juridiques renouvelés. Il suffit de constater l'accroissement de l'activité des juridictions spécialisées, l'inquiétude des auteurs et des services juridiques des chaînes pour mesurer l'évolution de ce phénomène. Quels risques et quels choix les diffuseurs sont-ils amenés à prendre ? Comment les services juridiques des chaînes de télévision interviennent-ils dans le processus d'écriture ? A quels renoncements de la réalité la fiction doit-elle se soumettre pour échapper à la sanction ? Enfin, quel « message » délivre la jurisprudence française dans ce domaine aux auteurs ? L'article tentera de dégager l'évolution de la contrainte juridique et le poids de la sanction dans le processus de création d'oeuvres de fictions télévisuelles, à partir du cas des adaptations de faits-divers criminels.

Since the 2000s, the steady programming of drama shows based on true events has writers, producers and networks facing new legal problems, while it raises new questions for lawmen. The accrued activity in special courts and the increased concern of producers and network legal teams are obvious indexes of the evolution of this phenomenon. What are the risks taken, what choices must be made ? What role do legal advisors play in the writing of those shows ? What part of reality must fiction give up on in order to avoid legal sanctions ? And what do writers have to learn from legal precedents ? This article attempts to present the evolution of the weight of legal restraints and measures on TV drama production, through the example of the adaptations of true criminal cases.

Sécail C. (2008), Radio et télévision : les fonds de l'Ina, Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1-2, 89-90, p. 79-81

Sécail C. (2007), L'affaire Grégory et la télévision : l'image adoucit-elle les moeurs ?, Les Cahiers du journalisme, 17, p. 120-133

Ouvrages

Sécail C. (2010), Le crime à l'écran. Le fait divers criminel à la télévision française (1950-2010), Paris, Nouveau monde éditions

Objet de la culture populaire médiatique, le fait-divers comme la télévision ont longtemps suscité l'hostilité des intellectuels. Cet ouvrage est le premier à proposer une histoire d'ensemble du crime à l'écran sous ses différentes formes : le journal télévisé (à travers une dizaines de « grandes affaires », de Dominici à Guy Georges), le magazine d'information (de 5 colonnes à la une à 7 à 8) et enfin le docu-divertissement (Faites entrer l'accusé). On reproche souvent à la télévision d'accumuler violences et crimes, pourtant le récit criminel apparaît ici comme un récit de dérobade visuelle et d'évitement narratif. C'est donc l'imaginaire télévisuel du crime, ainsi que les ressorts de sa fabrication qui sont ici disséqués. La violence des médias est seulement celle qui est montrable, aux conditions où elle est retransmise.

Direction d'ouvrages

Lefébure P., Sécail C. (2016), Le défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Paris, Lemieux éditeur

Du 7 au 9 janvier 2015, la France a basculé dans la tragédie et une nouvelle ère politique et sociétale. Après l'effroi sont venus les temps de la communion, mais aussi des débats tout azimuts : liberté de la presse, droit au blasphème, place spécifique de l'islam, théories du complot (liste non exhaustive). Un an après cet événement inouï, des chercheurs (historiens, sociologues, politistes) explorent toutes les facettes médiatiques de cette tragédie qui endeuille toujours et marquera plus longtemps encore le pays. En étudiant le traitement à chaud des médias, le lecteur découvre et réfléchit sur la sidération, la communion et la colère d'une société.

Veyrat-Masson I., Denis S., Sécail C. (2014), Sous les images, la politique... Presse, cinéma, télévision, nouveaux médias (XX-XXIe siècles), Paris, CNRS

L'image est un média, peut-être le premier, le plus ancien. Depuis Lascaux, les individus, les groupes, les pouvoirs politiques et religieux en ont fait un allié ou un péril. Tout au long du xx siècle, les images se sont immiscées partout. Acheminées par le cinéma, la télévision ou la presse écrite, véhiculées par Internet, elles s'installent au coeur du public comme du privé. Avec l'émergence des médias de masse, l'image et la politique ont renforcé leurs liens, forgeant une relation où les deux champs s'interpellent et se nourrissent intensément.L'étude du champ politique doit donc se saisir de ce corpus toujours plus foisonnant. Elle doit s'y atteler sans se fixer de limites a priori sur une définition des images politiques et sans se contenter d'étudier leur contenu (politique).Réunissant une trentaine de contributions dans une perspective internationale et interdisciplinaire, cet ouvrage croise les supports, les espaces socioculturels et les temporalités afin de mettre au jour les invariants et les ruptures, qu'il s'agisse du choix des thèmes ou des modes de mise en scène de la politique à chaque époque ou selon chaque régime. Couvrant les xxe et xxie siècles, l'ouvrage permet de relier différentes « époques médiatiques » et de voir les continuités, les filiations, les apports, les recompositions et les complémentarités entre des médias dits traditionnels (cinéma, télévision, photographie, presse écrite) et les nouveaux médias à l'âge du numérique (Internet, téléphones portables, jeux vidéo) dans leur façon de s'emparer ou d'être saisis par la politique.

Chapitres d'ouvrage

Sécail C. (2016), L'Histoire en marche (républicaine). L'information continue et "l'esprit du 11 janvier", in Lefébure P. S. (dir.), Le défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Paris, Lemieux Editeur, p. 117-152

Lefébure P., Niemeyer K., Sécail C. (2016), Magnitude Charlie : un défi pour les sciences sociales, in P. Lefébure C. (dir.), Le défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Paris, Lemieux Editeur, p. 347-364

Lefébure P., Sécail C. (2016), La critique des publics. Les courriers du médiateur de l'information de France 2, in P. Lefébure C. (dir.), Le défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Paris, Lemieux Editeur, p. 279-314

Sécail C. (2014), Télévision et Sexualités, in Janine Mossuz-Lavau . (dir.), Dictionnaire des sexualités, Paris, Robert Laffont, p. 831-835

Ce dictionnaire est le plus complet et le plus novateur à ce jour consacré aux diverses formes de sexualité et à la place qu'elles occupent dans notre société.« Je ne sais pas quelle est la question, mais je connais la réponse : le sexe », disait Woody Allen. Ce Dictionnaire, unique en son genre, aborde un sujet, certes bien connu, mais qui n'en continue pas moins de susciter beaucoup d'interrogations.Sa première originalité est de traiter des sexualités dans leur ensemble et sans tabou. Autrement dit, de prendre en compte les réalités d'aujourd'hui. Très longtemps, on a parlé de la sexualité au féminin singulier. La norme était celle de l'hétérosexualité. Mais on a assisté à la multiplication des identités reconnues dans ce domaine : lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers, intersexués. Tel est aujourd'hui l'univers « des » sexualités.L'autre singularité de cet ouvrage tient à la diversité de ses approches. Il montre comment l'évolution des pratiques sexuelles a été perçue selon les pays et les civilisations, les religions, les lois, les principales familles politiques, les grandes périodes de l'histoire. Comment ces pratiques ont été abordées aussi à travers la littérature, la philosophie, la psychanalyse, la musique, le cinéma, la peinture, la danse... De nombreuses notices sont consacrées aux thèmes « incontournables » : amour, désir, érotisme, plaisir, amant, hédonisme, partenaires, rapports sexuels, séduction ou sensualité... D'autres nous entraînent vers des sujets plus insolites comme la folie, les nanosciences, la mode ou les procès pour impuissance...Janine Mossuz-Lavau a fait appel non seulement à des experts, mais aussi à des « témoins » qui relatent parfois leurs propres expériences, telle Catherine Robbe-Grillet à propos du SM. Textes et documents originaux abondent, parmi lesquels des entretiens avec Françoise Héritier et Brigitte Lahaie. Pédagogique et ludique à la fois, ce Dictionnaire fourmille d'informations inédites sur la place que les différentes formes de sexualité occupent plus que jamais dans nos vies.Cet ouvrage a été dirigé par Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche émérite au Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po/ CNRS), chargée de cours à Sciences Po Paris, auteure de plusieurs livres et d'un documentaire sur les questions de sexualité. Elle s'est entourée de 185 historiens, sociologues, démographes, juristes, écrivains, cinéastes, philosophes, psychanalystes, médecins, politologues, anthropologues, critiques d'art, de cinéma et spécialistes du jazz et de la chanson.

Sécail C. (2012), Plaider sur les marches du palais. L'avocat face aux caméras de télévision depuis les années 1950, in M. Tsikounas A. (dir.), L'historien, le juge et l'assassin, Paris, Publications de la Sorbonne, p. 253-268

Après le criminel et son juge, surgit l'historien. Que sait-il des faits ? Son enquête est tributaire de la disponibilité des archives. Elle croise des sources écrites, audiovisuelles, d'origines diverses : policières, judiciaires, pénitentiaires, littéraires... Quand elles ne font pas défaut, comme c'est souvent le cas pour l'inceste, le viol ou les violences domestiques. La confrontation des archives ouvre la voie aux représentations et aux imaginaires. Ils varient d'une époque à une autre, selon les circonstances, les positions des témoins et la nature des témoignages. Journaux, émissions radio et spectacles télévisés font et défont crimes et jugements au cours des années, les opposant et les contestant à la lumière d'autres témoignages ou de nouvelles interprétations. Des discriminations profondes existent. Comment sont évaluées les différences entre hommes et femmes ? La sorcière, Charlotte Corday, la révolutionnaire, sont-elles jugées à la même aune que le meurtrier ou l'assassin ? Quelques figures héroïques marquent les imaginaires. Attaques sexuelles ou crimes idéologiques ouvrent des débats d'une tout autre nature. Le crime et la justice pénale font la une des faits-divers dans la presse. « Tribunaliers », « courriéristes » et « reporters » dressent des scénarios qui révèlent les peurs ou les goûts d'une époque. Voisins, officiers de police, experts, jurés livrent, en effet, aux journalistes la matière à des oeuvres qui peuvent servir de «modèles du genre ». Les plaidoiries et leurs effets de rhétorique, dans l'enceinte du prétoire ou devant les micros et les caméras, sur le parvis du tribunal, attisent raison et émotion que suscitent les versions contradictoires du crime. Autant de questions sur les sources, les circonstances, les acteurs, les productions littéraires ou les spectacles audiovisuels qui renouvellent l'intérêt actuel pour la justice en histoire culturelle.

Sécail C. (2011), Mai 68 en procès à la télévision : la criminalisation de l'événement historique (1988-2008), in I. Veyrat-Masson C. (dir.), Images et sons de mai 1968 (1968-2008), Paris, Nouveau monde Éditions, p. 371-386

Depuis plus de quarante ans, Mai 68 occupe, dans les imaginaires collectifs, une place singulière. Que des affrontements violents opposent, au quartier Latin, forces de l'ordre et étudiants, qu'une manifestation dans les rues de Paris rassemble des centaines de milliers de participants, qu'une grève avec occupation d'usine prenne de l'ampleur et se prolonge, et naturellement les images et les sons du printemps 1968 rejaillissent dans les têtes et sur les écrans.Des images et des sons, Mai 68 en a suscité en quantité dans un temps pourtant très court, et sous des formes étonnamment variées. Aux productions des forces contestataires se sont jointes celles des adversaires du mouvement, mais aussi celles des médias qui ont alimenté les contemporains en information. Et, une fois la page de la contestation refermée, celle-ci a stimulé les imaginations, devenant objet ou prétexte d'¦uvres visuelles ou audiovisuelles tout aussi diverses.Face à une production aussi considérable, l'objet de cet ouvrage n'est pas seulement de démêler la confusion documentaire qui contribue à donner de l'événement des interprétations contradictoires. À travers l'observation de matériaux multiples, il est aussi de mettre en évidence les mécanismes par lesquels s'est construite la mémoire de Mai 68. Des affiches de l'Atelier populaire aux bandes dessinées et des reportages télévisés aux films de fiction, il restitue la « culture visuelle et sonore » du printemps 1968 et son rôle dans le regard porté collectivement, en France comme à l'étranger, sur la révolte de Mai.

Sécail C. (2010), De l'accusé à la victime. La trajectoire victimaire des chroniqueurs judiciaires de télévision (1958-2010), in D. Salas S. (dir.), La Chronique judiciaire. Mille ans d'histoire, Paris, La Documentation française, p. 167-179

La télévision, autre média de l'image, reflète une évolution spécifique de la chronique judiciaire : celle de la place de la victime. Dès le départ en 1958, Frédéric Pottecher, premier chroniqueur télévisuel, concrétise cette génération de chroniqueurs qui portent une place prépondérante à l'accusé dont la culpabilité peut renvoyer à une responsabilité collective de la société. Mais, dans les années 1970, le ton change car il faut répondre à de nouvelles exigences d'information plus rapide et plus compétitive et, face à une insécurité de plus en plus marquée, un rééquilibrage s'opère entre la figure du criminel et celle de la victime. Depuis, la victime et sa souffrance mise au devant de la scène médiatique, s'inscrivent dans une démarche idéologique d'un besoin de répression accru.

Television, as another visual medium, reflects a specific evolution of legal records : that of the role of the victim. From the very beginning, in 1958, the first television columnist, Frédéric Pottecher, personified this generation of journalists who gave a dominant role to the defendant, whose guilt could be seen as the collective responsibility of society. But in the 1970's, the tone changed since it was necessary to adapt to rapidly changing information tools. Moreover, faced with ever increasing insecurity, a new balance had to be reached between the criminal and the victim. Since then, the damage caused to the victim has been highlighted on the media stage, which has generated an ideology demanding harsher penalties.

Sécail C. (2008), Fait divers et télévision : quelle place pour l'histoire ?, in C. Delporte L. (dir.), Quelle est la place des images en histoire ?, Paris, Nouveau monde Éditions, p. 244-253

Cet ouvrage consacre une avancée décisive dans la réflexion sur les images en histoire. En effet, alors que, de longue date, les historiens d'art se sont attachés à développer des études d'ordre iconographique sur leur territoire et que les sémiologues ont élargi le champ à certains aspects de la culture populaire, les historiens restaient dans une vision illustrative du visuel.Désormais, à l'heure de la multiplication industrielle des images et de leur cumul généralisé, il devenait urgent de considérer ces corpus immenses comme matière à études. L'ensemble des participants démontre deux usages essentiels nouveaux : la banalisation de l'image comme une source, parmi d'autres ; la possibilité de bâtir, à partir de supports croisés, de véritables histoires du visuel. Voici donc un manifeste collectif pour le développement de travaux sur ce qui est devenu un élément fondamental de la communication planétaire.

Sécail C. (2006), Justice, in L. Gervereau . (dir.), Dictionnaire mondial des images, Paris, Nouveau monde Éditions, p. 603-604

Le Dictionnaire mondial des images est devenu une référence dès sa première édition en grand format. Il correspond à la nécessité nouvelle de comprendre comment fonctionne l'accumulation planétaire des formes visuelles, tous supports confondus, ainsi que leur circulation accélérée. Écrit par les meilleurs spécialistes, issus de tous les continents, il rassemble des synthèses uniques et originales. Qui penserait que, depuis la préhistoire, la création humaine a autant circulé dans ses symboles et ses moyens d'expression ? À la Renaissance déjà, les influences sont puissantes entre les continents. Et le sens des créations aborigènes en Australie se révèle de nos jours aussi important que les rapports entre cubisme et cinéma ou photo et impressionnisme. Dans cet ouvrage, un Brésilien analyse les représentations des esclaves, un Rwandais parle des commémorations du génocide dans son pays, une Sud-Africaine décrypte les rapports entre expressions autochtones et influences occidentales...Cette somme rassemble grandes signatures et brillants jeunes chercheurs. Elle innove par beaucoup d'aspects, faisant exploser les catégories et les barrières nationales. Le lecteur y découvrira des perspectives neuves sur les circulations d'images et sur les influences réciproques qui s'y jouent.

Sécail C. (2006), Fait divers, in L. Gervereau . (dir.), Dictionnaire mondial des images, Paris, Nouveau monde Éditions, p. 377-380

Le Dictionnaire mondial des images est devenu une référence dès sa première édition en grand format. Il correspond à la nécessité nouvelle de comprendre comment fonctionne l'accumulation planétaire des formes visuelles, tous supports confondus, ainsi que leur circulation accélérée. Écrit par les meilleurs spécialistes, issus de tous les continents, il rassemble des synthèses uniques et originales. Qui penserait que, depuis la préhistoire, la création humaine a autant circulé dans ses symboles et ses moyens d'expression ? À la Renaissance déjà, les influences sont puissantes entre les continents. Et le sens des créations aborigènes en Australie se révèle de nos jours aussi important que les rapports entre cubisme et cinéma ou photo et impressionnisme. Dans cet ouvrage, un Brésilien analyse les représentations des esclaves, un Rwandais parle des commémorations du génocide dans son pays, une Sud-Africaine décrypte les rapports entre expressions autochtones et influences occidentales...Cette somme rassemble grandes signatures et brillants jeunes chercheurs. Elle innove par beaucoup d'aspects, faisant exploser les catégories et les barrières nationales. Le lecteur y découvrira des perspectives neuves sur les circulations d'images et sur les influences réciproques qui s'y jouent.

Communications

Sécail C., Amigo Latorre B., Bravo M., Lefébure P., Borrel A. (2015), TV Interviews of the President in Chile and France (2012-2015). A comparative approach of political communication and journalistic cultures, International Association for Media and Communication Research (IAMCR) Conference, Montréal, Canada

Sécail C. (2015), L'Histoire en marche (républicaine). L'information continue et "l'esprit du 11 janvier", Les médias et les attentats de janvier 2015. Entre sidération et communion, Paris, France

Sécail C. (2015), TV Interviews of the President in Chile and France (2012-2015), Conference Media & Governance in Latin America 2015 : « Communication, Power & Society », Sheffield, United Kingdom

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